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Re: Road-Trip USA 2025 - d'Atlanta à Yellowstone

Publié : 17 févr. 2026, 19:26
par Samsam08
Merci!
Si c'était à refaire à la même période, je ferais plutôt Sloss Furnace le matin "à la fraîche" et le musée l'après-midi au plus fort de la chaleur.

Re: Road-Trip USA 2025 - d'Atlanta à Yellowstone

Publié : 17 févr. 2026, 20:15
par Samsam08
01/08/2025 - Jour 6 - en route vers Vicksburg, MiSsissippi

Nous arrivons à Vicksburg vers 16h, par une température dans les 91°F (33°C) mais une humidité redoublée.

Tout a bien commencé avec un réveil à Memphis par une température presque fraîche et un ciel voilé: 81°F/27°C quand nous partons à 9h. Environ 2h de route jusqu’à French Camp et 140 miles/225km d’Interstate 55 plein sud. Nous arrivons vers 11h30 dans ce petit village historique, initialement un camp avec un trading post (magasin de commerce d’échange) établi par un français Louis LeFleur en 1812. Ce pays n’a pas beaucoup plus ancien à offrir quand il s’agit de villes ou de bâtiments. Il en reste quelques vieux bâtiments arrangés autour d’une église qui
semble être le cœur de la communauté qui vit là sous le nom de French Camp academy. Je pensais y trouver une supérette pour acheter des sandwiches mais nous devons nous rabattre sur le restaurant local, Council House, lui aussi dans un vieux bâtiment traditionnel. La cuisine est aussi assez typique, ce dont une des serveuses s’excusera au moment où on nous payons l’addition, sachant que nous sommes français: “not the best food, typically american”. Je lui réponds que c’est aussi pour ça que nous sommes venus :) Pas de pourboire suggéré ni demandé malgré mes 10$ supplémentaires prêts à quitter ma poche. Total: 65$ très raisonnables pour 4 plats et 4 boissons en “free-refill”, soit l’équivalent de 8 boissons au total.

On repart de French Camp dans la chaleur vers 13h30. La suite de la route se fera essentiellement sur la Natchez Trace Parkway qui est une ancienne piste qui relie Nashville dans le Tennessee au nord à Natchez dans le Mississippi au sud, soit environ 715km. Elle était utilisée pour les échanges jusqu’à l’avènement des bateaux à vapeur. A présent, c’est une route touristique interdite aux camions et sans panneau ni feu de signalisation qui traverse la forêt et la campagne. Nous l'empruntons jusqu’au nord de Jackson sur environ 200Km. A 55mph, c’est plus reposant que l’Interstate et beaucoup moins fréquenté. On fait une mini-halte au Ross Barnett reservoir dont les dimensions aperçues depuis le bord de la route semblent impressionnantes (en effet: 130km² et 169km de rives). Environ 20mn plus tard, on quitte la piste et on rejoint 1 gros bouchon sur l’Interstate, en raison de travaux. Vicksburg est en vue et on arrive à notre motel Days Inn & Suites situé juste au bord du
fleuve. Notre chambre est l’une des plus occidentales de l’hôtel et offre une belle vue sur le fleuve et sur les deux ponts qui le traversent à cet endroit: Vicksburg bridge pour les véhicules et Mississippi river bridge pour les trains. La piscine est juste en dessous de notre chambre située au 2ième niveau. Janelle a beau explorer tous les recoins de la chambre: le prix à payer pour cette belle vue est l’absence de signal WiFi ☹️

On repart vers Downtown pour une déambulation urbaine à travers les nombreux sites et bâtiments historiques. J’avais prévu un circuit au départ de la Duff green Mansion, une des magnifiques demeures de style Antebellum = d’avant la guerre de Sécession. On se gare à côté, on prend quelques photos puis, faute de connexion pour charger l’itinéraire établi, on improvise un trajet vers Downtown. Mais l’humidité et le relief très vallonné nous font renoncer rapidement. Retour à la voiture et dernier arrêt à l’Old Court house museum dont on ne peut voir que le
périmètre en dehors des heures d’ouverture. Au moins, on pourra dire à ma mère, qui nous envoie des suggestions de balade depuis la France en suivant notre parcours, qu’on a vu une de ses deux recommandations (avec la fontaine Bloom, qu’on finira par trouver un autre jour). On roule ensuite vers un supermarché (Kroger) recommandé par la réceptionniste du motel pour sa meilleure offre de fruits, légumes et salades. Alors qu’on se gare, quelques gouttes tombent et le ciel s’assombrit. Une fois à l’intérieur, les premiers coups de tonnerre retentissent. On finit nos emplettes (ne pas oublier une pièce d’identité pour acheter une bière, même à 46 ans passés) et on regagne la voiture avant que ça ne craque. Cinq minutes après avoir regagné notre chambre, le
ciel s’ouvre en deux pour une grosse averse puis un déluge. Depuis notre fenêtre, on ne voit presque plus les ponts. Il est 20h30 au moment où j’écris ces notes, la soirée se déroule entre TV, mots fléchés et Janelle dans le placard pour tenter de capter le WiFi :help: .
Le programme de demain est réaménagé, sous réserve de pluie, en privilégiant la marche le matin (à la fraîche, si ça existe…) et le Military Park l’après-midi vu qu’il s’agit principalement d’un circuit en voiture. En cas de pluie, on avisera avec l’option du Civil War museum (à l’abri).

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Point conso carburant:
J’ai fait le plein ce matin : 19.405 gallons soit 73.7 litres à 3.499$/gallon (paiement par carte, mais en cash c’est moins cher) soit un total de 67.9$ donc une moyenne de 0.92$/litre.
J’ai vérifié la conso/autonomie* en direct à plusieurs reprises: on était à 20.1 miles per gallon sur 497 miles
parcourus au total. En modérant l’allure (68 au lieu de 70mph), on est remonté à 21mpg. D’une manière générale, sur le plat, on peut viser 25mpg mais pas plus. Sur le parcours légèrement vallonné du jour, on était plutôt autour de 24. On verra l’impact qu’aura le fort relief de Vicksburg sur ces données.
Pour rappel:
1 mile = 1,61km
1 gallon = 3,8L
70mph = 113km/h
60mph = 97km/h
20 mpg =11.8 litres/100km
21 mpg = 11.2
24 mpg = 9.8
*En Europe, on vise le plus petit chiffre possible en L/Km = consommation. Ici, on parle autonomie et on donc on vise le plus grand nombre possible de miles parcourus avec 1 gallon. Petite adaptation requise au moment d’interpréter les données 🙂
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Petit calcul sur la différence estimée entre dehors et dedans où les clims sont souvent aux alentours de 70°F dans nos hôtels, 72°F environ dans la voiture et sûrement moins de 70°F dans les magasins et restaurants.
voiture 72°F = environ 22°C
dehors 93°F = environ 34°C (+12°C vs la voiture)
intérieur 70°F = environ 21°C (-13°C vs extérieur)
resto/magasins 68°F probablement = environ 20°C
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=> la vidéo du jour:

Re: Road-Trip USA 2025 - d'Atlanta à Yellowstone

Publié : 18 févr. 2026, 20:15
par Samsam08
02/08/2025 - Jour 7 - Vicksburg, MiSsissippi

Après le copieux rinçage céleste de la nuit, la température matinale est très agréable quand je me lève vers 7h. Pour le petit-dej, on opte pour The Waffle House situé sur le parking du motel. Janelle prend des toasts oeufs/bacon avec une galette de hashbrown, Tonin et moi commandons 1 gaufre avec du bacon et Val reste classique avec 1 gaufre nature. 48$ dont 7 de tips. On décolle à 8h30 et la température est déjà remontée à 82°F (environ 28°C) et l’humidité est toujours bien perceptible depuis le lever.

Direction la levée justement (the levee en anglais, également la digue en français) pour découvrir les fresques qui ornent les murs anti-inondation le long du Mississippi, juste à côté de l’Old Railroad Depot (gare de marchandise ou dépôt de train). Les fresques sont un projet initié en 2001 qui retrace les événements marquants de Vicksburg, de sa fondation à l’élection de Miss Mississippi, sans oublier la guerre de Sécession dans laquelle Vicksburg a joué
un rôle déterminant, par sa chute. On rentre se rafraîchir (déjà!) dans un magasin d’antiquités à lassortiment hétéroclite à base de religion, articles pro-Trump et toute sorte de bibelots et objets saugrenus comme ce canard Oncle Sam en peluche, dont Tonin fait l’acquisition pour 10$. The art of the deal! L’endroit est aussi étrange que charmant et nous le quittons pour nous rendre au National Military park à 10 mn. On pénètre, presque par inadvertance par une entrée non-gardée et nous traversons la moitié du parc en direction du Visitors center où nous attendent une petite exposition et quelques films qui retracent les événements du printemps 1863. Surnommée la Gibraltar de la Confédération pour sa position stratégique dans la chaîne d’approvisionnement des états sécessionnistes, Vicksburg devint un objectif militaire prépondérant pour les Yankees (l’Union = les bleus = les Etats-Unis) et il fut rapidement clair que de son sort dépendrait l’issue de cette guerre civile (Guerre de Sécession = Civil War en anglais). Le parc raconte et préserve les lieux, les protagonistes des deux côtés et les événements qui s’y sont déroulés, notamment les différents assauts et la défense parfois héroïque des confédérés, ainsi que la stratégie militaire de Grant, à la tête de l’armée de l’Union. Le tout s’est terminé en un siège de Vicksburg, sous bombardement permanent, durant 43 jours, jusqu’à sa reddition le 4 juillet 1863. Cette issue précipita la fin de la guerre car le Sud se trouvait coupé en deux (voire plus), sans logistique pour les renforts et l’approvisionnement.
Pour nous, il s’agit d’une boucle en voiture de 25 miles / 40km (réduite pour cause de travaux) qui circule à travers les zones de combat et relate les principaux affrontements, le tout illustré par des canons, des panneaux et des monuments à la gloire des deux camps, dans un effort pour offrir une vision apaisée de cet épisode tragique, fondateur et révélateur des Etats-Unis. Au cours de ce mini-périple, on découvre aussi l’épave de l’USS Cairo, une des 7 canonnières cuirassées de l’Union, qui fut coulée à Vicksburg puis retirée des eaux du fleuve 90 ans plus tard. Le bateau reconstitué est impressionnant, autant que le film qui relate les opérations de renflouement de l’épave et la collection d’objets retirés des boues du Mississippi (ou de son affluent la Yazoo river). Juste à côté se trouve un cimetière qui héberge 17.000 victimes des guerres hispano-américaines, guerre de Sécession, Guerres Mondiales 1 & 2 et guerre de Corée.
On reprend la route vers le visitors center et la sortie du parc. (J’étais préalablement allé signaler notre présence “frauduleuse” dans le parc car je voulais acheter le pass America the Beautiful (80$ jusqu'à cette année :snif: ) qui nous donnera accès sans frais à d’autres parcs nationaux lors de la suite du voyage). Tonin est ravi de cette visite, que les filles subissent un peu plus. A leur décharge, on y aura passé presque 4h et pas de contenu en français.

Direction le lunch dans un Subway qui nous demandera à peu près la même somme qu’un picnic issu du supermarché. Il est 14h30 quand on repart. La prochaine étape est le Biedenharn Museum of Coca-Cola, dans le centre-ville. C’est ici que la fameuse boisson inventée à Atlanta a été embouteillée et livrée aux clients pour la première fois. Jusqu’à lors, la boisson se dégustait directement sur le point de vente, via une fontaine. Le petit
musée est peu onéreux et apporte une légèreté bienvenue après cette matinée historique. Juste à côté des lettres géantes commémorent les 200 ans de Vicksburg, officiellement créée en 1825, et se prêtent parfaitement à quelques photos souvenirs. Tout le monde s’accorde pour un plouf à l’hôtel, qui ne fut pas possible hier. L’air est chaud, l’eau aussi mais un peu moins et cette trempette fait du bien à tout le monde.

Après un petit moment relax dans la chambre, on part pour une activité que l’on estime typiquement américaine: le bowling. Il doit y avoir 1 ou 2 photos et quelques vidéos pour illustrer nos exploits plus ou moins glorieux. On rentre à l’hôtel, du poins sur son parking pour nous connecter au WiFi et choisir 1 restaurant pour dire adieu à cette jolie ville du sud. Je choisis Walnut Hill qui offre une cuisine locale dans un cadre original, puisque le restaurant occupe une maison d’habitation de 1880. On dîne donc dans l’une des pièces de la maison, potentiellement le salon ou la salle à manger vu la disposition. La cuisine est très bonne: poulet frit, purée maison et les bières locales aussi. On se déleste de 140$, tips de 18% inclus soit 35$ par personne: très raisonnable pour les quantités servies et le cadre extra-ordinaire.
Demain, environ 260 km pour rejoindre la capitale de la Louisiane: Bâton-Rouge. Espérons retrouver des données mobiles et une chambre d’hôtel avec WiFi, d’autant qu’on y séjournera 4 nuits, le record du voyage.

PS: Janelle voulait absolument aller dans un Thrift shop, sorte de puces/friperie et on en avait repéré un non loin de l’hôtel. L’expérience fut de courte durée quand elle a réalisé que les clients avaient besoin de ce magasin et n’y venaient pas par plaisir du shopping. Cela donne un bon écho à l’une des questions de mon quiz sur la part des habitants de Vicksburg vivant au niveau ou sous le seuil de pauvreté: + de 25% soit plus d’1 habitant sur 4…

=> la vidéo du jour:

Re: Road-Trip USA 2025 - d'Atlanta à Yellowstone

Publié : 23 févr. 2026, 19:46
par Samsam08
03/08/2025 - Jour 8 - Natchez, MiSsissippi & Bâton-Rouge, LouisiAna

Il y a bien des données mobiles, un WiFi dans la chambre, une piscine en service et de l’eau, même chaude, pour la douche. En attendant le petit-déjeuner de demain, l’hôtel La Quinta Inn & suites de Port Allen nous régale. A noter que c’est le premier hôtel du trip, après une série de motels.

Nous avons quitté Vicksburg après un petit-dej très sommaire: ni toast, ni gaufre! Presque 9h, 82°F, nous mettons le cap sur Natchez. Nous rejoignons la Natchez Trace déjà empruntée pour arriver à Vicksburg, et c’est parti pour environ 1h30 à 55mph au milieu de la forêt. On ne croise quasiment personne. On arrive au Visitors center de Natchez vers 10h45 et on trouve 1 plan avec différents itinéraires à pied. On en choisit un court, compte tenu du combo habituel chaleur+humidité. On arpente donc un sentier le long du Mississippi, d’abord en surplomb puis tout au bord du fleuve après une descente. C’est l’occasion de toucher l’eau de ce fleuve mythique, et elle est chaude! Et marron aussi, d’où le surnom de Mud River. Natchez est une petite ville qui, avant même d’être une ville, était aux mains des indiens locaux, puis des Français en 1683 qui y établirent un fort (Fort Rosalie), puis des Espagnols et enfin des “américains”. La ville est aujourd’hui renommée pour son patrimoine de maisons particulières (les “mansions”) de style Antebellum et il faut reconnaître que les rues et ruelles regorgent de très beaux bâtiments, certains imposants comme la Rosalie Mansion, d’autres plus discrets mais aussi charmants. On achève notre petite marche de 3km transpirants et on refait plusieurs tours de pâtés de maisons en voiture. Deux stops supplémentaires: une caserne de pompiers pour Tonin, avec 2 camions rutilants, et une basilique pour Val et moi.
L’heure du lunch a sonné (depuis un moment en fait) et nous achetons des sandwiches au Walmart du coin*, que nous mangeons dans la voiture, garée à l’ombre, moteur et clim tournant.
*on note que de nombreux clients sont endimanchés (et pour cause, on est dimanche!) et sortent tout droit des églises pour aller faire quelques courses au supermarché (ouvert 7j/7, jusqu’à 22 ou 23h)

On repart pour environ 1h30 de route avec l’objectif d’arriver dans la capitale de la Louisiane avant 15h30 pour pouvoir visiter le capitole de l'État et accéder à sa plateforme d’observation, le tout fermant à 16h. On arrive à 15h15 et nous nous ruons à l’assaut des marches du bâtiment et passons le contrôle de sécurité avec succès. Direction le 24ième puis le 27ème étage pour une vue à 360° sur Bâton-Rouge, avec pour premier contact, la zone industrielle et les installations pétrolières… La vue opposée est nettement plus réjouissante: jardin du Capitole et Downtown. Le Mississippi est juste en-dessous et sépare East Baton Rouge (où nous sommes) de West Baton Rouge. Le bâtiment n’est pas surmonté de la traditionnelle coupole mais d’une tour affichant 450 pieds de haut, soit environ 150 m, ce qui en fait le plus haut Capitole des Etats-Unis.

Nous redescendons après quelques photos et vidéos et prenons le temps d’admirer le vaste hall richement décoré avec quelques mentions de la France au plafond. De chaque côté se trouve une salle accueillant une assemblée (pas en ce dimanche): chambre des représentants à droite et sénat à gauche. Nous sortons alors pour une mini-déambulation urbaine en descendant les 48 marches: 1 par état, Hawaï et Alaska se partageant 1 marche du haut. On passe devant le Capitole museum qui est fermé en cette fin d’après-midi dominical, après avoir traversé le jardin qui compte des chênes bi-centenaires splendides (comme à Natchez et au cimetière militaire de Vicksburg). On arrive ensuite devant la Cathédrale Saint-Joseph dont les portes sont closes également. En traversant plusieurs rues, on s’aperçoit que Downtown est complètement désert, comme vidé de ses habitants. Ce sera certainement différent demain avec le retour du business mais l’impression est assez surréaliste.
Nous dirigeons à présent nos pas vers l’ancienne résidence du gouverneur dont l’inspiration de la Maison Blanche de Washington est flagrante. Nous finissons ce tour avec l’ancien Capitole (jusqu’en 1932, date de l’achèvement de celui que nous venons de visiter), à l’architecture de château. Nous transpirons comme des petits porcinets et mettons le cap sur la voiture garée non loin du Capitole, après un petit détour par le bord du fleuve.
On traverse enfin le-dit fleuve via l’un de ces nombreux ponts métalliques (qui se ressemblent tous tellement que Janelle en est un peu confuse: elle se croit de retour à Vicksburg) ;-) ). Les abords de l’hôtel me laissent un peu dubitatif (zone industrielle et portuaire) mais on arrive finalement dans une aire hôtelière et commerciale “propre” et dénuée de charme mais rassurante. La suite se passe à la piscine, après avoir lancé deux machines à laver pour cette première semaine de voyage. 30 mn plus tard, on lance les sèche-linge pour 45 mn. Dans la chambre, chacun s’occupe entre douche, mots-fléchés, lecture ou rangement. Une fois le linge rapatrié, trié, plié et rangé, on file au Walmart voisin pour quelques courses pratiques et on fait la surprise du Wendy’s pour clore cette belle et longue journée: malgré plus de 3h30 de voiture, plus de 20.000 pas à ma montre.

=> la vidéo du jour:

Re: Road-Trip USA 2025 - d'Atlanta à Yellowstone

Publié : 28 févr. 2026, 12:33
par Samsam08
04/08/2025 - Jour 9 - Nouvelle-Orléans, LA

Après une bonne nuit dans notre hôtel La Quinta Inn (un 5 étoiles sur notre échelle personnelle) et un petit-déjeuner complet, c’est un faux départ: retour à l’hôtel pour récupérer la CB que j’ai laissée dans un autre short. Direction la pompe à essence pour un presque plein: 24,476 gallons soit 94 litres pour 75,20$, soit 0,80$/litre (sans plomb 83). On décolle donc réellement vers 9h en direction de NOLA (New Orleans LouisiAna) via l’option longue, c'est-à-dire au nord du Lac Pontchartrain que nous traverserons. On arrive vers Madisonville une bonne heure plus tard et on s’engage sur le Lake Pontchartrain Causeway (chaussée en anglais) moyennant 6$ de péage. Le lac est absolument gigantesque, on dirait l’océan et les rivages sont invisibles. Il nous faudra environ 22 mn pour venir à bout des 23 miles du pont (38km environ). Le lac fait 64x38km soit 1839Km². Pour comparaison, le lac Léman ne fait “que” 581Km² (73x14km). En outre, le Pontchartrain est salé. Bref, l’expérience valait le détour.

On se gare peu avant 10h juste à côté de Congo Square sur un parking que j’avais repéré lors de la préparation (5$/10h). Ce parc est un lieu historique essentiel pour commencer la visite de NOLA: il s’agit de l’endroit où se réunissaient les esclaves le dimanche pour échanger des biens, chanter et danser au son des tambours. Après l’abolition de l’esclavage, la communauté afro-américaine continuera de s’y réunir pour chanter et danser. Un peu plus loin, plus ou moins dans le même parc, se trouve une statue de Louis Armstrong, enfant du pays et jazzman noir mondialement connu. On y croise les traditionnels écureuils et, plus exotiques, des tortues et des
oies. On quitte le parc via Saint Phillip Street, direction le fleuve (Mississippi of course!), ce qui nous donne un premier aperçu du Vieux Carré = French Quarter avec notamment une très belle statue équestre dorée de Jeanne d’Arc. On visite un premier giftshop avec de nombreux articles siglés NOLA très sympas mais on reste raisonnable et on repart avec 1 magnet et 1 sticker.

En ressortant, on entend de la musique dans le café voisin. Il est environ midi et nous voici attablés pour écouter un groupe de jazz. Aucun doute, on est à La Nouvelle Orléans. 24$ pour les boissons et 5$ pour les musiciens et on arrive enfin au bord du fleuve que nous longeons vers le sud, après 1 bref échange avec des belges francophones. ON repère le quai du bâteau à vapeur (steamboat) Natchez qui nous emmènera en croisière plus tard dans la journée. On remonte Toulouse Street jusqu’à Royal Street et nous voici au cœur du Vieux Carré: Jackson Square où trône une statue équestre d’Andrew Jackson, 7ième président des Etats-Unis et héros de la guerre contre les
anglais dans la bataille de La Nouvelle-Orléans. Sur cette grande place se trouve la Cathédrale Saint-Louis que nous visitons. Très bel édifice, magnifiquement décoré mais façade partiellement masquée par des échafaudages. Il fait chaud et humide (quelle surprise) et on s’engouffre dans le restaurant Stanley. Burger pour Tonin (quelle surprise) et sandwich au poulet grillé pour les filles, au pastrami et choucroute pour moi. Arrosé d’eau fraîche, on s’en sort pour 80$ hors tips, 91$ en tout.

On ressort peu après 14h dans l’intention de visiter le musée du Cabildo (à gauche de la cathédrale). Ce bâtiment est celui où furent signés les traités de vente de la Louisiane (de la France à l’Espagne puis de l’Espagne aux Etats-Unis) en 1803. C’est donc un bâtiment à l’importance historique essentielle ici et c’est indirectement le point de départ de l’expédition de Lewis & Clark sur les pas desquels nous marcherons plus tard dans le voyage. Mais, hors vacances, le musée n’est ouvert que les samedi et dimanche ☹️ Qu’à cela ne tienne, allons visiter le musée situé lui à droite de la cathédrale, le Louisiana State Museum situé dans un bâtiment appelé le Presbytère. L’histoire locale y est présentée ainsi qu’une exposition photo sur le passage dévastateur de l’ouragan Katrina en 2005. Mais ce musée aussi est fermé! Au moins, nous apprenons qu’un attentat à la voiture bélier a eu lieu le 1ier janvier 2025 et a fait de nombreuses victimes dont 14 morts. A l’époque, les habitants ont spontanément fabriqué et déposé des croix à l’endroit du drame (au coin de Canal St et Bourbon St). Ces croix ont depuis été rapatriées sous les arcades, devant le musée. Notre troisième option sera la bonne et nous voilà dans le minuscule musée du Vaudou (Historic Voodoo Museum sur Dumaine Street). Y sont exposés toute sorte d’objets liés à ce culte
occulte, ainsi que des descriptions des Loas, les esprits auxquels s’adresser en fonction des demandes. S’y ajoutent les présentations de quelques figures “célèbres”, dont Marie Laveau. Le tour est vite fait mais c’est assez instructif et rigolo pour qui ne craint pas les foudres des esprits fâchés. Côté giftshop, on repart avec une micro-poupée vaudou à l’effigie de Donald Trump, trop kiki!

Il est environ 15h40 et notre croisière est à 18h. On continue donc avec la deuxième partie prévue de notre déambulation urbaine: Saint Peter street, Bourbon Street (LA rue animée… en soirée) et Canal Street la grande avenue qui débouche sur le fleuve. Il n’y a pas tant de monde que ça sur Bourbon street et l’ambiance n’y est pas aussi débridée que ce que les t-shirts souvenirs semblent raconter. On apprendra plus tard, et on constatera, que c’est à la nuit tombée que l’endroit prend vie. On tente en vain de faire trouver chaussure au pied de Tonin puis, fatigués par une déjà bonne journée de marche, on s'achemine vers le quai du Natchez Steamboat où l’on se désaltère grâce à des distributeurs. Avec Val, on aperçoit un autre bâteau qui accoste après sa croisière: le “City of
New Orleans”, un autre steamer légèrement plus petit que le Natchez mais avec un pont en plus. On se pose sur des bancs à l’ombre pour siroter nos breuvages. Les bancs sont anti-sdf: la longueur est coupée en trois “sièges” par des accoudoirs: impossible de s’y allonger. Impossible également de s’y asseoir à 4 donc je vais sur un banc voisin sur lequel lit un homme, à voix mi-basse. Il me salue en “s’excusant” du peu d’ombre que fournissent ces arbres. Ainsi s’engage une conversation à bâtons rompus dans laquelle il me demande d’où on vient, ce qu’on fait. Puis il m’explique qu’en tant que vétéran de l’armée, il a beaucoup voyagé et il a notamment vécu 4 ans
en Belgique. De fil en aiguille, avec un bon feeling sur le gars, on arrive sur Trump. Bonne pioche, comme je m’en étais douté, il n’est pas client du Tacos. On continuera à deviser ainsi sur nos pays respectifs et l’état du monde (sans rien régler de ces problèmes 🙂) jusqu’à ce qu’une espèce d’orgue retentisse (un calliope), en provenance du City of New Orleans, signal du départ qui approche. Mon nouvel ami Derek (je crois) m’apprend que le Natchez est en fait en panne depuis plusieurs semaines et que c’est son voisin susmentionné qui le remplacera. Heureusement qu’il était là! On se remercie mutuellement pour cette agréable conversation et nous prenons congé, direction le quai d’embarquement.

La pluie s’invite brièvement mais ne nous empêche pas de nous dégoter une très bonne table, sur le pont supérieur, en face de l’orchestre qui va nous jouer du jazz pendant environ 1h, avant que le bateau n'appareille finalement vers 19h (et quelques). Avant cela, on arpente les différents ponts et saisissons toutes les opportunités de photos et vidéos. La pluie s’est arrêtée aussi soudainement qu’elle était apparue. Puis vient le moment de larguer les amarres et la double-roue à aubes (paddle-wheel) se met en mouvement: mythique! Le vaisseau met le cap vers le golfe… du Mexique et laisse les immeubles du Center Business District (CBD) de NOLA derrière nous. On boit un petit coup et on continue de documenter copieusement cette aventure. On fait demi-tour après peut-être 30 mn et la proue du navire pointe désormais vers le centre-ville et le soleil couchant. L’orchestre a repris les instruments et on vit un moment suspendu: nous sommes sur un steamboat, sur le Mississippi, à La Nouvelle-Orléans, sur fond de musique jazz en direct. L’émotion submerge Val dans un “câlin famille” qui restera sans aucun doute dans les mémoires. La fin de la croisière glisse tranquillement après que j’ai épuisé la batterie de l’appareil-photo, ce qui est toujours bon signe! On s’apprête à débarquer lorsqu’un français nous interpelle (une de nos nombreuses interactions avec des passagers): il voyage seul, a atterri à Atlanta d’où il est venu en voiture (8h de route!) et d’où il repartira dimanche prochain. C’est son cinquième voyage aux USA et il loge à NOLA. C’est lui qui nous apprendra que tout s’anime le soir et on s’en apercevra effectivement sur le trajet jusqu’au parking où on arrive peu après 21h, pile poil (presque) dans les temps pour notre ticket (20h51 officiellement).

Pas de folie pour le trajet retour, et on décide même de zapper le dîner. On arrive à l'hôtel peu avant 23h et je
termine mon “cahier de vacances” à 00h38 (battre le fer tant que les souvenirs sont frais!). Demain, on se lève assez tôt mais l’après-midi reste encore à inventer donc il devrait y avoir de la place pour se reposer un peu. Mais quelle journée!!!
PS: plus de 22.000 pas à ma montre

=> La vidéo de cette extraordinaire journée:

Re: Road trip USA 2025 - d'Atlanta à Yellowstone

Publié : 01 mars 2026, 20:23
par Samsam08
05/08/2025 - Jour 10 - Oak Alley Plantation à Vacherie, LA

Après la grosse journée de la veille, le programme du jour est plus léger avec une seule visite, celle d’une ancienne plantation de canne à sucre. Il faut néanmoins se lever relativement tôt, car notre créneau de visite est à 10h et il y a environ 1h de route. On prend la direction du sud-est et on arrive à 9h45. Nous avons traversé puis longé le Mississippi pour arriver dans cette région qui hébergeait plus de 600 plantations dans les années 1850. Le sucre y est d’ailleurs toujours cultivé et rapporte 3 à 4 milliards $ par an et offre plus de 15.000 emplois dans l'État de Louisiane. Notre destination consiste en une vaste demeure de maître, au milieu d’un parc magnifiquement arboré et de jardins soigneusement entretenus. Oak Alley signifie allée de chênes et ceux-ci sont parmi les plus beaux arbres que j’ai vus. Il s’agit de “live oak”, une espèce endémique de la région, qui ne perd pas ses feuilles en hiver. Un pirate français qui explorait la région à la recherche de bois pour réparer son bâteau leur avait sûrement donné un autre nom (persistant?) mais l’anglais a simplifié le tout en “live oak” (chêne “vivant”) et si notre français était surpris qu’ils aient encore leurs feuilles en hiver, il ne les a pas baptisés durablement.
En attendant le début de notre visite (10h15 en fait 😃), nous nous promenons autour de la maison, tout en cherchant déjà l’ombre. 85°F en partant de Bâton-Rouge et plus de 90°F ici avec bien sûr… de l’humidité dans l’air et donc dans les slips. Notre visite sera menée par Wes, très sérieux, qui nous explique en premier lieu que photo et vidéo sont interdites à l’intérieur. Notre groupe accueille trois autres personnes donc on ne se marche pas dessus une fois à l’intérieur. On commence par le salon, très spacieux, où les portraits des créateurs/propriétaires de l’endroit, Jacques et Céline Roman, sont l’occasion d’en apprendre un peu plus sur eux et leur famille. Comme ils étaient originaires de France, de nombreux documents et inscriptions sont en français. Quand Wes termine son explication, je traduis un résumé pour qui a besoin. On enchaîne avec la non-moins spacieuse salle à manger où une douzaine de convives pouvaient prendre place sans se serrer. Au-dessus de la table, un “ventilateur” de l’époque, sorte de gros éventail en bois qui se balançait et brassait l’air, moyennant un esclave au bout de la corde reliée à l’objet d’inspiration indienne (d’Inde). La construction de la maison a débuté en 1836 avec des briques produites sur place, le fleuve fournissant tous les ingrédients, et une couche d’isolant en plâtre pour combattre l’humidité et ses effets néfastes sur le bâti. Nous montons à l’étage: nurserie pour les 3 enfants du couple, chambre à coucher/bureau de Monsieur qui y mourra à 48 ans d’une tuberculose puis chambre lavande qui sera occupée par la dernière propriétaire résidente (Mme Steward) suite au décès de son mari dans la chambre
susmentionnée dans les années 1940. Elle-même mourra dans sa chambre à l’âge vénérable de 93 ans en 1972. On sort sur la galerie par une double porte qui donne sur la magnifique allée de chênes plus que bi-centenaires. Alors qu’on attendait le début de notre visite guidée, je m’imaginais que ces arbres avaient été plantés ici jeunes et je me demandais comment avait été déterminé l’espacement de ces arbres, dont les branches ont une lourde tendance à l’horizontalité. Wes nous apprendra qu’en fait, 22 des 28 arbres ont grandi ailleurs et ont été installés ici à leur taille adulte: on n’imagine pas l’ingénierie (et le travail des esclaves) que cela a dû nécessiter. Le résultat demeure, 200 ans après, et est magnifique.
On ressort de la “big house” et en attendant midi où une présentation sera faite dans le quartier (reconstitué) des esclaves, on se promène encore dans le parc, en empruntant notamment la fameuse allée. A midi, nous voici au milieu des répliques de baraquement dans lesquels les esclaves vivaient, en dehors de 14 à 18h de travail quotidien. Quelques panneaux explicatifs sur les conditions de vie et le quotidien, puis un autre guide se lance dans un exposé très intéressant mais très dense sur la population des esclaves de la plantation, très bien documentée car considérée comme des biens matériels, d’où une liste très détaillée avec valeur en $ de chaque personne, qui faisait partie de la succession de Jacques Roman. On aborde les thèmes des origines de ces esclaves, des liens familiaux, de la religion, du droit et de la justice! J’essaie de me rappeler un max car je sens que ma troupe a largué les amarres de l’attention et est partie en croisière sur le fleuve de l’incompréhension. Le guide s’arrête enfin et nous libère 🙂 C’était très intéressant et abordait le thème de l’esclavage de façon sociologique donc assez originale. Alors que nous explorons librement les cabanes, je restitue bon an mal an ce que j’ai retenu. Mais la chaleur, la fatigue et la faim ne sauraient être ignorées. Manque de chance, le restaurant du lieu est fermé aujourd’hui. Giftshop express puis départ au hasard pour un restau trouvé sur Google maps hors connexion à qq miles de là.

Sur la route, c’est une combinaison inattendue de sites pétroliers, communautés “non-incorporées”, gigantesques maisons particulières contemporaines et demeures de plantation. Nous arrivons à Burnside au restaurant Houmas qui, avant d’être un restaurant, est une autre plantation avec “big house” et de nombreuses dépendances telles que des garçonnières, le tout dans un magnifique parc arboré et paysagé. A tel point qu’on a du mal à trouver le restaurant dans tout ça. Mais quand on le trouve, mazette les mirettes!!! Nous entrons dans une sorte de pavillon de chasse à la déco totalement farfelue mais à l’architecture spacieuse et au mobilier massif. Baroque. On nous installe à une petite table ronde dans une pièce au centre de laquelle trône une très longue table qui pourrait accueillir sans problème plus de 20 convives très confortablement. La carte mélange les genres avec habileté: burgers pour les enfants, pâtes au crevettes du fleuve pour Val et côte de porc farcie au boudin créole sur lit de purée de patates douces pour moi. Il est 14h passées et nous sommes les seuls convives dans cette immense salle. L’atmosphère est indiscutablement exceptionnelle. On se déleste de 160$, le prix du cadre et de quelques plats plus recherchés qu’à l’habitude, et en regagnant le parking, nous en profitons pour jeter des yeux ça et là aux jardins magnifiques. Le musée sur la Big River (un autre surnom du Mississippi) serait
certainement intéressant, mais le deal est de ne pas rentrer tard à l’hôtel pour que chacun profite d’un moment “à soi”.

Vu la température (+ de 100°F quand on reprend la voiture), la piscine est au programme! En route vers Bâton-Rouge, donc à travers la même combinaison de prairies, sites pétroliers, énormes maisons particulières et groupes de Mobile-homes (au sens américain du terme). On arrive à l’hôtel vers 16h10 après quelques ralentissements sur le “pont de l’hôtel”. En arrivant, c’est piscine pour les filles et salle de fitness pour les garçons. Tonin doit travailler ses abdos et ses pompes en prévision des Jeunes Sapeur-Pompiers en Septembre. Le temps devient menaçant donc les filles remontent dans la chambre et Tonin et moi faisons une croix sur la piscine pour aujourd’hui. J’attaque la rédaction du journal du jour puis nous nous préparons pour aller faire nos courses au Walmart qui se trouve à moins de 10 mn. On y trouve pas d’armes à feu (Derek nous a dit que si) mais des munitions et des lunettes pour fusil de chasse. Côté budget, les enfants savent que le déjeuner a sévèrement
attaqué l’enveloppe quotidienne de 200$ et ils choisissent leur repas de sorte à rester sous les 10$/personne. Mac & cheese au micro-ondes pour les enfants, salades pour les parents. Avec des fruits, des cookies et 1 boisson par personne, on s’en sort pour 33$: mission accomplie!

Pour l’instant, le budget nourriture est bien tenu et on a 163$ d’économie sur le prévisionnel. On dîne dans la chambre. Demain pas d’impératif horaire pour cause de visites libres, donc mini-grasse mat’ en vue…

=> la vidéo du jour:

Re: Road trip USA 2025 - d'Atlanta à Yellowstone

Publié : 07 mars 2026, 10:23
par Samsam08
06/08/2025 - Jour 11 - Bayou & Lafayette, LA

Nous quittons l’hôtel à 9h30, direction l’Ouest. J’avais repéré de longue date un établissement qui propose des Swamp Tours (the Atchafalaya Experience) mais je n’étais parvenu à établir aucun contact avec eux. Le GPS nous emmène à une adresse qui n’est visiblement pas un départ de bateau. Nous rebroussons chemin de quelques miles pour demander conseil au Welcome Center de l’Atchafalayan basin. La dame qui nous reçoit avoue ne pas savoir non plus s’ils travaillent encore mais se propose d’appeler quelqu’un qui offre la prestation en français. Elle laisse un message et, en attendant de savoir s’il va rappeler, nous (Val et moi) regardons un film de quatre minutes qui présente le bassin. Sans nouvelles du gugusse, elle nous donne un plan avec plusieurs options que nous décidons de tenter au petit bonheur la chance.
On refait quelques miles vers l’ouest et on arrive à 11h30 chez McGee’s. La petite dame, dont la meilleure amie porte notre nom de famille, m’indique un créneau à 13h. On est les seuls clients de la journée à ce stade. Je calcule rapidement les horaires avec 1h30 à tuer, sans possibilité d’aller à Lafayette entre-temps, et le village de Vermillionville qui ferme à 16h. Décision est prise de tenter le coup et on refait donc quelques miles dans l’autre sens, vers Henderson où nous déjeunons dans notre cantine Subway. S'ensuit une mini-séance de lèche-vitrine dans la boutique d’une station-service. Bref, on passe le temps comme on peut, afin d’être de retour chez McGee’s à 12h30 pour départ du tour à 13h.
On roule, doucement, à nouveau dans l’autre sens et on arrive à 12h28. On se déleste de 140$ hors-tips, 161$ en tout, et on explore le mini-gift-shop puis nous attendons sous le porche arrière. En arrivant, nous avions croisé une famille de français, mais ils quittent le parking. Notre capitaine vient finalement nous chercher et nous guide jusqu’à un grand bateau à fond plat, couvert, qui peut accueillir de 30 à 40 personnes environ. Mais on est 4 et c’est donc un tour “privé” qui commence. Le capitaine branche son micro et nous met à l’aise: permission de filmer, photographier, marcher, bouger les chaises… Alors que le bateau met le cap sur l’Atchafalayan basin bridge, le capitaine commence à nous distiller quelques infos: les alligators se trouvent plutôt vers ce pont dont je
reparlerai plus tard, et, dans les eaux peu profondes où nous nous trouvons, des poissons ont tendance à sauter autour du bateau. Ce sont des carpes asiatiques qui peuvent peser une quinzaine de kg. Aussitôt annoncé, les premiers individus se signalent spectaculairement, voire violemment quand ils heurtent la coque du bateau à quelques centimètres de Val. Ça commence bien! Les explications continuent, que je traduis à la troupe, appellent des questions, que je traduis au capitaine, et ainsi de suite. Comme il nous y a autorisé, nous bougeons librement à l'intérieur du bateau, qui navigue à présent au milieu des cyprès entiers ou coupés. Coupés dans le passé car ce bois résiste à l’humidité, est solide et ne plaît pas aux termites, donc idéal pour la construction. Le paysage aurait été bien différent, d’autant plus que depuis la grande crue de 1923, le niveau du Mississippi et régulé, ainsi que le niveau du bassin, ce qui fait qu’il y a de l’eau en permanence, même lors des périodes de
basses eaux (low waters) comme en ce moment. En conséquence, les arbres ne repoussent pas.
Le bassin Atchafalaya est le troisième plus grand bassin d’eau douce au monde, après l’Amazone et le Congo. Il est alimenté par le Mississippi et ses nombreux affluents de plus d’une vingtaine d’états, y compris canadiens. Il recouvre 5700km² et abrite toutes sortes de poissons, dont des perches et les fameuses carpes sauteuses, mais aussi des ratons, renards, loutres (mais pas précisément à l’endroit où nous sommes ☹️), des ours et des alligators, en plus de nombreuses espèces d’oiseaux comme les hérons et les aigrettes.
Un pont enjambe le bassin pour relier Baton Rouge à Lafayette: l’Atchafalayan Basin Bridge. C’est le 18ème pont le plus long du monde et le troisième des Etats-Unis. Achevé en 1973, il fait un peu plus de 29 km de long. Il s’agit même de deux ponts parallèles. Sur ce, nous arrivons dans une zone plus profonde et le capitaine appelle les alligators qui ne tardent pas à pointer le bout de leur nez à la surface. Puis, pour assurer le spectacle, il distribue des morceaux de gras de viande à ceux qui répondent à ses appels (vocaux, sifflement…) Mission accomplie: les bestioles sont à quelques centimètres du bateau, et certaines sortent gaillardement la tête hors de l’eau pour attraper les lambeaux de viande. C’est fascinant et impressionnant. Encore un animal dont la force et la grâce ne sont pas contradictoires (comme l’ours polaire bien que jamais observé en milieu naturel).
Il y a 2 millions d’alligators en Louisiane dont 60% dans le bassin, soit plus d’un million d’individus… On ne se lasse pas de les observer, au son des informations du capitaine: les gros, les petits, les couverts de boue, les qui nagent
debout… On guette au loin la naissance du sillage caractéristique, créé par la tête de l’animal lors de sa nage des plus discrètes. Évidemment, le paysage est également magnifique, ainsi que les oiseaux qui se joignent à la fête. Sur le retour, Tonin puis Janelle auront la possibilité de conduire le bateau, jusqu’à des zones peu profondes où le capitaine reprend le contrôle. En saison de “grandes eaux” (high waters, au printemps), le niveau moyen du bassin est de plus de 2m40 (on voit la trace sur les troncs et les piles du pont). En ce moment, on est autour de 90 cm. Il y a également quelques résidences permanentes en plein dans le bassin, dont l’une occupée par un homme de 74 ans! A peine l’information passée, c’est le retour des carpes, dont nous capturons quelques spécimens… en photo. Au loin, on voit le grain se former et le capitaine accélère pour éviter l’orage. On débarque, enchantés par l’expérience et le côté privatif de l’expédition. Je donne 10$ de pourboire à notre guide que nous remercions chaleureusement. Il nous glisse au passage qu’il ne faut pas croire tout ce qu’on voit à la télévision et qu’ils sont très contents que les étrangers visitent les Etats-Unis (on lui a dit notre programme, qui impressionne toujours les américains). Le temps d’arriver à la voiture, les premières gouttes touchent le sol, jusqu’à des proportions de déluge avec visibilité très réduite.

Nous sommes à présent en direction de Lafayette où la visite du village acadien de Vermillionville commence vers 15h. Il s’agit d’une reconstitution historique d’un village acadien (ou cajun) vers la fin du 18ème et le milieu du 19ème siècle. Les acadiens sont des français, installés au Canada, mais chassés par les britanniques, alors colons américains, lors de la guerre de 7 ans avec la France. C’est ce qu’on appelle le “grand dérangement”. Ces acadiens ont erré et finalement trouvé refuge dans les Caraïbes et en Louisiane, où ils ont appris beaucoup des tribus indiennes natives. Ils parlaient français (ils ont choisi la Louisiane pour cette raison, entre autres) et la culture
cajun/acadienne a donc mélangé les influences françaises, créoles des Antilles et espagnoles, qui étaient fort présentes dans la région. Jusque vers 1910, les acadiens parlaient librement français. Après, les Etats-Unis ont décidé de pousser pour l’anglais unique et ont réprimé l’usage du français. Captain McGee nous avait d’ailleurs expliqué que ses parents se faisaient taper sur les doigts quand ils parlaient français. Au village, constitué de vraies maisons d'époque, certains bâtiments sont occupés par une personne qui retrace un morceau d’histoire ou de vie quotidienne. Ils parlent plus ou moins bien français mais on sent qu’ils sont contents de le faire. L’un deux nous dit être un descendant de William Clark, de l’expédition “Lewis & Clark”, sur les pas desquels nous
marcherons un peu plus tard dans le voyage. Notre visite se fait au pas de charge car le site ferme à 16h. C’est bien dommage car il y avait là quantité d’informations historiques et culturelles extrêmement intéressantes (par exemple: plantation tenue par des acadiens, utilisant des esclaves, alors qu’eux-même avaient été chassés et spoliés…) Il nous reste cinq minutes à consacrer au gift shop: 2 stickers et 1 carte postale pour moi, 1 bracelet pour Janelle. Dehors, il fait à nouveau très lourd après le passage de la pluie: 91°F (environ 33°C).

Au programme, il est censé rester une visite de Lafayette mais un accord est passé* avec les occupants du deuxième rang du Suburban: le retour vers l’hôtel se fera à partir de 17h, ce qui laisse 45 mn, puis finalement 30 mn une fois garés. (* toujours The Art of the Deal, cher à Donald…) On se gare en échange de 25 cts et on fait quelques photos au parc de Sans Souci. Au passage, on note de nombreuses inscriptions en français, comme par exemple “parc auto du centre ville”. Pas de connexion internet + fatigue + chaleur = on regagne la voiture et on essaie de tourner dans le centre pour apercevoir quelque chose. L’impression n’est pas folichonne mais il faut reconnaître qu’on ne laisse pas vraiment sa chance au produit.
Nous repartons vers Bâton-Rouge et re-traversons donc le fameux pont sur l’I10. (le Pontchartrain Causeway emprunté lors de notre visite de La Nouvelle-Orléans est le 2ème pont le plus long des Etats-Unis, le plus long se situant dans les Keys, en Floride). Arrivés à l’hôtel vers 18h, on saute dans les maillots de bain, puis dans la piscine (dans cet ordre, pour ne pas risquer une inculpation pour attentat à la pudeur!). On remonte ensuite pour préparer les valises en vue de notre grand transfert vers le nord-ouest demain, puis nous nous rendons au Court Street Café à 2 miles de là pour un restau qui clôturera notre aventure louisianaise: burgers pour les enfants (pas des aventuriers du palais), crevettes jumbo avec frites pour Val et Catfish frit (poisson-chat) + “crawfish étouffée” (chair d’écrevisse, en français dans le texte) pour moi. Ces deux derniers sont typiques (et assez relevés mais raisonnablement) et concluent parfaitement cet épisode. Le cadre est quant à lui charmant et tout en simplicité. Les portes de la voiture se referment sur une nouvelle averse diluvienne. La soirée se déroule autour de la rédaction quotidienne pour moi, mots fléchés et autres jeux d’esprits dans mon dos. Val, assistée de l’IA, nous concocte un quizz sur la Louisiane qui s’achève temporairement sur une égalité entre Janelle et moi (8/10). Je remporte l’épreuve sur la question subsidiaire avec une réponse parfaite: la Louisiane qui fut cédée en 1803 représentait à l’époque tout ou partie de 13 états actuels.
Demain, on finit les valises…

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Re: Road trip USA 2025 - d'Atlanta à Yellowstone

Publié : 08 mars 2026, 10:06
par Samsam08
07/08/2025 - Jour 12 - New-Orleans, LA - Denver, CO & Cheyenne, WY

Nous quittons notre confortable hôtel à 9h30 par 85°F soit 29.5°C après que le coffre de notre non moins confortable Suburban a englouti nos 8 valises. Direction la station-service pour un avant-dernier plein: 21.332 gallons à 3.0289$/gal, soit 64.61$ en tout. Arrivés à proximité de l’aéroport de La Nouvelle Orléans, on refait un mini-plein de 3 gallons pour rendre la voiture bien pleine. On dépose notre fidèle destrier au Rental Car Return Center qui se trouve à 20mn de navette du terminal. Il est 11h, le compteur affiche 1592 miles et 1 autonomie moyenne de 21.4mpg, pour une vitesse moyenne de 41.1mph. Si j’ajoute les miles manquants du début, le total se porte à 1875 miles, soit 3019 km. Le roadbook annonçait 2617 km et nous avons donc parcourut 500km de plus que cette prévision: marge d’errance et d’ajout (notamment Stone Mountain à Atlanta qui n’était pas prévu). La consommation moyenne se monte un peu plus de 11 litres aux 100 km. J’avais tablé sur 15 mpg donc on devrait pouvoir faire quelques économies sur le poste carburant, d’autant plus que j’avais compté 3.5$/gallon, ce qui correspond à la meilleure qualité de sans plomb (sans-plomb 87, pas de 95 ou de 98 ici) alors que je prends de l’intermédiaire (85).

La navette nous dépose après un transport frigorifique sans doute mieux adapté au convoyage des carcasses de viande et nous enregistrons nos bagages sans encombre moyennant 160$. L’application United nous avait déjà informés que le décollage était retardé, ou du moins l’embarquement, d’une vingtaine de minutes. On passe le security check avec 100% de réussite puis nous nous installons en porte C5 où nous attendons le vol UA2325 pour Denver, Colorado. Nous déjeunons de hot-dogs et quittons la Louisiane sur une note épicée! Le vol se déroule sans encombre et nous atterrissons vers 16h20. Nous récupérons nos valises sans difficulté, si on excepte que la mienne a une roue qui pendouille désormais, puis nous trouvons facilement la navette pour Hertz (beaucoup mieux organisé qu’à Atlanta) et nous trouvons aussi une chaleur de 100°F (>38°C). La leçon d’Atlanta est bien apprise et j'utilise directement ma CB professionnelle. Le guichetier est originaire de Jackson Hole, dernière étape de notre voyage, et a la chaîne des Tetons tatouée sur l’avant-bras, mais rien de cochon, il s’agit de montagne.
Nous récupérons un Suburban quasi-neuf (3024 miles au compteur: 4869 km). C’est une version Z71 de 2025: moteur V8 de 5.3L, boîte auto à 10 vitesses et transmission 4x4 débrayable. Il est noir mangifique mais il lui manque quelques accessoires très appréciés sur le modèle du sud dont les sièges ventilés et surtout le marche-pied pour monter et descendre. Le dispositif d’into-tainment est plus moderne avec un sublime écran central et une version embarquée de Google Maps très pratique car pas de données mobiles à Denver. On avait également le réglage électrique de la colonne de direction et des interrupteurs pour coucher le troisième rang de sièges depuis le coffre. Ces absences sont compensées par un gros avantage de notre nouvelle monture: le régulateur de vitesse adaptatif! Bref, on stoppe la séquence “auto-moto” et on prend la direction de Cheyenne, droit vers le nord.

Pas mal de bouchons à la sortie de Denver et on découvre une Interstate-autoroute à la vitesse maxi de 75 mph, contre 70 dans le sud, soit 121 km/h au lieu de 113. On découvre aussi un paysage qui n’a rien à voir, avec des plaines gigantesques pour succéder aux forêts gigantesques du sud. Quelques villes-champignon poussent dans la banlieue plus ou moins proche de Denver. Après Fort-Collins, le trafic se fluidifie. Val aperçoit un troupeau de bisons dans un champ et nous franchissons joyeusement la “state line”: la frontière entre leColorado et le Wyoming à environ 15 miles de Cheyenne. On arrive à l’hôtel Microtel Inn & Suites by Wyndham et on récupère les clés peu avant 19h30. On opte pour un dîner pizzeria et l’établissement sélectionné (Bella Fuoco) s’avère charmant où la température du patio nous permet de manger dehors pour la première fois du séjour. Les restes de pizza feront un déjeuner ou un dîner demain et le budget n’est que peu dépassé. Le resto ferme à 21h et nous profitons du trajet retour pour jeter un œil à Cheyenne et ses 59.000 habitants d’après le panneau (capitale de l'État). Demain, on a un programme très chargé pour profiter de notre seule journée complète à Cheyenne.

=> La vidéo du jour:

Re: Road trip USA 2025 - d'Atlanta à Yellowstone

Publié : 09 mars 2026, 21:10
par Samsam08
08/08/2025 - Jour 13 - Cheyenne, WY

Aujourd’hui, le décalage horaire (1h de différence par rapport à la Louisiane) nous joue un tour et tout le monde est réveillé avant 7h. Le petit-dej se passe bien et voit Val déguster son premier thé du séjour. Les grands succès sont faits de petites victoires. Nous quittons le parking du motel vers 8h30 sous un ciel un peu nuageux et une température extrêmement agréable de 67°F soit 19,5°C… du jamais vu hors climatisation! On roule 30 mn et on se gare au Visitors center du Curt Gowdy State Park. En dehors des nombreux campeurs présents sur le site, nous sommes les premiers visiteurs à la journée. On s’acquitte de 12$ + 1$ pour un plan des sentiers de rando. Nous conduisons quelques minutes de plus pour atteindre notre parking à côté du sentier choisi. C’est l’occasion d’une très belle vue d’ensemble du parc qui s’articule principalement autour d’un lac (reservoir). Des zones de camping sont aménagées ça et là et donnent à voir de bien beaux engins.

[Digression: dans le sud, nous avions vu des revendeurs de Recreation Vehicles (RV) = camping-car ou caravane, avec des stocks impressionnants. Entre Denver et ici, les stocks sont carrément hallucinants et les concessions gigantesques. Il y a également de nombreuses zones de stockage/hivernage et vu les hivers dans la région, il vaut mieux un bon abri. Bref le montant $$ des stocks immobilisés sur les parkings des concessions doit être faramineux, d’autant qu’on ne parle pas de petites Eriba ni de fourgons aménagés. J’ai également observé ce phénomène de stocks disponibles chez les concessionnaires automobiles avec facilement 50 à 100 véhicules sur le parking, voire plus. Mon hypothèse est que les américains ne veulent pas attendre quand ils sont disposés à acheter et peut-être aussi que les vendeurs préfèrent sécuriser une vente “take it home” (repartez avec) et éviter d’éventuels désistements en cas de délai de livraison. Fin de digression.]

Après une courte hésitation, nous nous engageons sur le sentier des Hidden Falls vers 9h30. Nous cheminons partiellement en forêt, à flanc de l’extrémité ouest du lac. Sans difficulté en dehors de l’altitude (environ 2200m), en outre la température est idéale, le chemin nous offre de nombreux points de vue sur des paysages alpins. La grande différence: dès qu’on prend de la hauteur et qu’on dépasse la rive d’en face du canyon que nous arpentons, l'œil se perd sur l’horizon des grandes plaines. On croise rapidement des écureuils, des chipmunks (mini-écureuils) et un petit serpent indolent qui traverse le chemin 50 cm devant nous. Malgré sa lenteur, personne n’a le temps de dégainer téléphone, appareil photo ou caméra pour documenter le docile reptile.
Nous reprenons notre progression et quelques très beaux volatiles se montrent dont un très bel oiseau jaune non identifié. Nous finissons par arriver au but de notre promenade: un mini lac qui s’enfonce entre 2 parois rocheuses d’où nous parvient le bruit des chutes cachées (traduction de Hidden Falls :humm: ), et même très bien cachées car elles ne deviennent visibles qu’à la personne téméraire qui, ayant quitté chaussettes et chaussures, aura plongé ses pieds nus dans une eau que l’on peut aisément qualifier de vivifiante. Les pieds, puis les chevilles, sont saisis jusqu’à la douleur. Mais le courageux aventurier se voit contraint de dépasser cette dernière et s’immerger plus avant s’il veut une chance d’apercevoir le Graal. Les mollets rejoignent le camp de la douleur et le randonneur cherche, inquiet, un rocher qui lui permettrait de s’extirper de ce glacier fondu. Las, point de salut, au contraire, ce sont les genoux et le bas des cuisses qui sont pris dans la glace. A ce stade, il n’y a plus que Val et moi, et une autochtone qui trempe là depuis déjà de longues minutes. Une dernière contorsion nous permet d’apercevoir les chutes, au fond d’une quasi-grotte. La locale nous indique qu’on peut nager jusqu’aux chutes, qu’elle l’a déjà fait et vient régulièrement. Ni une, ni deux, n’écoutant que notre courage, nous rebroussons chemin et regagnons le rocher où nous attendent Tonin (chevilles) et Janelle (mollets) et nos affaires.
Une conversation s’engage avec une famille du coin (Fort-Collins). On leur raconte les deux semaines passées et les étapes à venir, dont Rapid City que nous atteindrons demain. Ils y sont allés il y a quelques semaines, ont adoré et nous suggèrent quelques activités annexes en plus de notre programme déjà établi (Bear Country et Cosmos retiennent notre attention). On apprend également que l’école a un rythme de 4 jours, ce qui explique que les enfants n’y soient pas un vendredi lors de la semaine de la rentrée scolaire. On oublie de demander comment les parents s’adaptent à ce rythme. Une chose est sûre, ils trouvent que reprendre l’école début août, ça fait bizarre. A leur époque c’était début septembre, comme nous. Nous nous quittons en nous souhaitant mutuellement le meilleur. Quelques photos et selfies puis nous nous ré-équipons pour le trajet retour. J’ai opté pour le sentier Mo Rocka qui nous évite de repasser aux mêmes endroits qu’à l’aller. Les paysages sont différents avec quelques jolies clairières et un sol essentiellement en grosses plaques de rocher. De nombreuses traces de pneus au sol et des panneaux qui parlent de “difficulté extrême”, tout comme l’aller était censé être “strenuous” (difficile). Voilà qui nous renseigne sur les cotations américaines, un rien alarmiste mais sans doute adapté à l'américain moyen (donc en surpoids). Une hésitation nous fait parcourir quelques mètres de trop mais, moyennant GPS, boussole et plan, nous retrouvons le sentier et la rando s’achève après 9.5km et 3h30, pause “trempette glaciaire” incluse. On est monté jusqu’à 2300m d’altitude.
En aventuriers aguerris que nous sommes, nous avions emporté 0.0 litre d’eau (environ 0.0 gallon), aussi filons-nous au Visitors center pour remplir (et vider immédiatement) une gourde.

On arrive à l’hôtel vers 13h30 où le déjeuner est constitué des restes de pizzas de la veille et boissons achetées dans le lobby (11$). Repos, sieste et douche et nous voilà repartis pour le deuxième volet du programme du jour: le Cheyenne Frontier Days Old West Museum où nous arrivons à 15h20. Le CFD est l’un des plus gros événements de rodéo des Etats Unis (chaque année, deuxième quinzaine de Juillet) et le musée retrace l’histoire de ce concours sportif à travers différents aspects tels que le matériel, les grands vainqueurs et les Miss CFD depuis les années 30. Une exposition d'œuvres d’art est toujours présente depuis la fin de l’édition 2025, qui nous donne à voir de très jolies choses, sur le thème de l’ouest américain, cowboys et indiens. Un film montre les temps forts des événements du passé dont la mort tragique, en direct, de Lane Frost, un monteur de taureaux très talentueux mais encorné après avoir réussi un excellent score (le but est de tenir 8s et des juges estiment la performance en dehors de l’aspect chronométré). Il avait 26 ans et sa dernière chevauchée est immortalisée par une statue exposée devant le musée. Le Gift shop est très bien achalandé et on repart avec un sticker, une carte postale, deux “bottes de Noël” à mettre dans le sapin et une casquette siglée CFD pour moi.

Pas le temps de niaiser, on mène notre char en direction du Terry Bison Ranch (leur site web n'est accessible qu'avec un VPN localisé aux E-U). On ne verra lesdits bisons que de loin car nous avons décidé de ne pas embarquer à bord du train payant qui permet de les voir et de les nourrir. Nous déambulons gratuitement et librement dans une grande cour où cohabitent des chevaux, des dindons, des poules, des paons, des autruches, des émeus, des gros cochons, des biquettes, quelques vaches et deux poulains qui tètent encore leur mère et dont la taille de la queue surprend Tonin, et on ne parle pas de celle constituée de poils… Quelques photos et vidéos (la conversation entre Tonin et un dindon promet de la “great television”) puis nous re-sautons en voiture pour un demi-mile, direction le panneau “welcome to Wyoming”, aperçu la veille sur le bord de l’autoroute. Arrêt “warnings” pour quelques photos puis on repart sur une piste pendant 6 miles à rebours de l’Interstate que nous rejoignons finalement.

Next stop: le quartier historique de Cheyenne pour une déambulation urbaine qui débute devant l’ancienne maison des gouverneurs et nous fait passer devant plusieurs autres maisons à l’importance variable. Avant-dernier arrêt: le state capitol (Cheyenne étant la capitale du Wyoming), couvert d’un dôme doré, et érigé en 1890. On shoote à la volée, car la journée a déjà été longue et le Walmart nous attend pour les courses du soir et le réapprovisionnement en eau. En arrivant, je demande à un préposé au “bonjour” si, comme me l’a dit Derreck à La Nouvelle Orléans, il y a des armes à feu: oui au rayon “Sporting Goods” (articles de sport). On y file et on trouve en effet des fusils de chasse (sous vitrine) et des munitions (en libre service). C’est très axé sur la chasse et il n’y a pas d’armes de poing. Il faudra donc tenter notre chance ailleurs pour cocher cette case. Le Shubaran (ainsi rebaptisé par Tonin, un peu dyslexique sur les bords) redémarre pour la dernière fois de la journée: on passe devant Old Depot Plazza qui s’anime d’un concert tous les vendredis de l’été. Ca a l’air sympa mais les occupants du deuxième rang n’ont plus la force et donc pas la motivation. On poursuit notre chemin jusqu’à l’hôtel où nous arrivons vers 20h30. Apéro, repas puis quizz maigrement remporté (3/10 ex-aequo avec Val) par Tonin à la question subsidiaire sur la longueur de notre voiture (réponse la plus proche: 7m vs 5,75m en réalité :siffler: ). Préparation des valises car demain, nous quittons temporairement le Wyoming pour le South Dakota, direction Rapid City.

=> la vidéo de cette grosse journée:

Re: Road trip USA 2025 - d'Atlanta à Yellowstone

Publié : 10 mars 2026, 20:11
par Samsam08
09/08/2025 - Jour 14 - Fort Laramie, WY + Crazy Horse Memorial, SD

Nous quittons le Microtel et Cheyenne à 8h15 et prenons la direction du nord pour environ 1h45 de route qui nous mènera au site historique de Fort Laramie. Interstate 25 pendant un long moment qui permet de saisir encore une fois la démesure de ce pays, mais aussi la faible densité de population du Wyoming (moins de 6 habitants/km², la plus faible du pays). Nous faisons un arrêt à Wheatland dans une supérette pour acheter notre lunch et j’en profite pour faire le plein (16.792 gallons à 2.86$/gallon pour de l’ordinaire) avant de finir notre trajet jusqu’au fort. La dernière portion d’environ 15km se fait sur une piste en gravier et nous fait passer par de jolis paysages le long de la rivière Laramie.
L’accès est gratuit, nous récupérons un plan du site et ressortons du Visitors center pour découvrir une petite animation spéciale pour ce week-end, avec des gens en costume, un campement de soldats et quelques civils. Un rassemblement s’organise sur des bancs face à une table et une photo qui présente une jeune indienne entourée de 3 hommes blancs de chaque côté.
Image
Je demande à un voisin ce qui va se passer: une présentation par Martha Sandweiss, une historienne de l’université de Princeton, sur “la fille au milieu” de la photo (“the girl in the middle” est le titre du livre qu’elle a écrit à propos de cette photo). Et en effet, l’intervenante prend la parole pour nous narrer les recherches qu’elle a effectuées pour identifier ladite jeune fille. Elle nous explique aussi la technique photo dans les années 1860. C’est passionnant et elle s’exprime très clairement, ce qui me permet de chuchoter une traduction simultanée à Val et Tonin. La petite fille s’appelle Sophie Mousseau, ce qui ne sonne pas très indien. La clé du Mystère est dans l’histoire que nous relate Mme Sandweiss.

Nous commençons notre visite réellement dans les baraquements des soldats de la cavalerie (7ème régiment, sous les ordres de Custer, que nous recroiserons plus tard). Il s’agit d’un bâtiment restauré mais d’origine. Certains autres ne sont plus du tout visibles, ou seulement leurs fondations ou quelques pans de murs. Nous visitons également des maisons particulières (accueillis par une dame dont la mère est française) ou le trading post où je discute peaux de bête avec le “comédien” présent. C’est très bien meublé et l’ambiance de l’époque est perceptible, même si la période durant laquelle le fort a été abandonné par l’armée a occasionné des destructions et un pillage qui ne nous donnent à voir qu’une infime partie de ce qu’il était au temps de sa splendeur vers 1880. A l’origine, l’endroit était un comptoir de commerce pour les trappeurs franco-canadiens qui sillonnaient la région des grandes plaines. Il est devenu un fort militaire pour sécuriser les échanges et créer une tête de pont dans la conquête de l’Ouest. C’est donc un monument à l’importance capitale d’un point de vue géographique, historique et culturel, notamment pour ce qui concerne les relations aux indiens qui vivaient là depuis toujours, et dont la présence des colons européens/américains a scellé le destin tragique. La conquête de ce que les américains appelaient la “frontière” a défini un grand pan de la culture américaine et du “rêve américain” ainsi que l’extrême violence qui l’accompagne et l’entâche à jamais.
Après avoir terminé le tour des bâtiments, nous picnicons sur les tables à disposition à l’ombre puis nous reprenons la route pour notre deuxième visite de la journée, totalement connectée à celle de Fort Laramie: Crazy Horse Memorial.

Nous traversons le village de Fort Laramie et au moment de nous engager sur la Highway, j’aperçois les gyrophares dans les rétroviseurs… On a beaucoup plaisanté sur l’hypothèse d’un tel moment mais on rigole moins sur le coup. Je me range sur le côté et l’agent nous aborde côté passager, mauvaise pioche s’il voulait une grande conversation ;-) On lui donne les papiers de la location puis il veut un document d’identité, qui se trouve dans le coffre. Au préalable, il m’explique que je roulais trop vite ("you were speeding"). Je regarde le GPS qui annonce 50mph et mon régulateur calé sur 53 mph et je fais part de mon incompréhension de manière un peu lapidaire (“speeding like what?”). Décidément, ce n’est pas le jour des grandes conversations! Il vérifie des trucs dans sa voiture pendant que nous attendons dans la nôtre, puis je lui sors mon passeport d’une des valises dans le coffre. Re-vérification dans sa voiture et nous dans la nôtre. Il revient pour nous laisser repartir en nous disant de faire attention et qu’il y a beaucoup de motards sur la route. Je range les papiers, ferme le coffre et nous repartons, reconnaissant de son indulgence. Lui fait demi-tour et repart vers la ville. Tout est bien qui finit bien!

Le reste du trajet de près de 3h se fait sans encombre. On est vraiment dans les grandes plaines, et ça en devient un peu monotone, même si je m’étonne de la quantité de motards que nous croisons. Lorsque nous approchons du Dakota du Sud (South Dakota = SD), le paysage change peu à peu: plus vallonné, plus vert, plus d'arbres et moins de lignes droites, mais toujours autant de deux roues. Peu avant notre destination, nous changeons d’état puis nous apercevons le mémorial depuis la route. Toujours des motos partout (et des caravanes et des camping-cars). Le guichetier nous explique qu’il y a un rassemblement à Sturgis à un peu plus d’1h d’ici et qu’on attend 80.000 motos aujourd’hui. Il essaye de ne pas devenir sourd à chaque pétarade qui repart de sa guitoune. (renseignements pris sur internet, sur la dizaine de jours que dure le rassemblement, c’est environ 450.000 2-roues qui sont attendus). On paie nos 35$ (prix pour une voiture) puis nous commençons par un tour dans le Visitors center/musée. Quelques minutes plus tard, un film présente le mémorial, son histoire, ses acteurs, son but. Il s’agit pour les indiens du coin (des Blackhills, tribus Lakota) de démontrer qu’eux aussi ont des héros, en réponse au Mont Rushmore tout proche et ses quatre présidents sculptés. L’objectif est de transmettre une histoire, une culture et une vision aux descendants des native americans et ce projet de transmission prend la forme d’une sculpture monumentale de la montagne, qui utilise la figure d’un guerrier, Crazy Horse. Pour donner un ordre d’idée, son nez mesure environ 9m de haut et son bras tendu environ 80m.
Le projet a débuté en 1947-1948 et est loin d’être achevé. L’ensemble doit représenter, en plus du guerrier, son cheval et ce dernier est pour l’instant une montagne dont les parois sont travaillées mais ne disent rien du motif voulu. Nous prenons un bus qui fait un aller-retour en 30 mn au pied de la montagne. C’est l’occasion de faire quelques photos supplémentaires et d’apprendre que le plan des 10 ans à venir, c’est de faire “sortir” les cheveux et l’épaule droite de Crazy Horse et des morceaux du cheval. Je guetterai les progrès avec curiosité.
Retour au musée qui présente de nombreux artéfacts (vêtements, oeuvres d’art, équipement, tenues, coiffes de plume…) ainsi qu’une exposition de quelques oeuvres du sculpteur initial Korczak Ziolkowski (émigré polonais) et une salle sur les techniques de taille/sculpture de la montagne. L’ensemble est très intéressant et la journée se conclut par une une cérémonie de “recognition” (reconnaissance): une intervenante donne quelques infos sur la représentation des amérindiens dans l’armée américaine et les guerres dans lesquelles ils ont servi. Puis elle nous
retrace la carrière d’un soldat en particulier, Roy Benavidez, qui fut décoré de la Purple Heart (blessure au combat), de la croix du Distinguished service (bravoure) et de la Medal of Honor (bravoure exceptionnelle qui permit de sauver la vie de 8 de ses frères d’arme). Cette dernière décoration lui sera remise par Ronald Reagan, alors que le soldat Roy était donné pour mort au retour de la mission qui lui valut toutes ces distinctions. La cérémonie se termine avec un hymne américain chanté en Lakota, tête nue et main sur le cœur pour le couple d’américains qui sont, avec nous, les seuls spectateurs.

On repart ravis de notre visite vers 19h15 et avalons les 20 derniers miles sur une route très agréable. Arrivée au motel Travelodge de Rapid City vers 19h45: chambre propre, wifi ok et piscine en service. Pas le temps de ploufer, on file dîner dans un fast-food juste à côté (Culver's), où la troupe s’accorde sur une légère modification du programme du lendemain afin d’éviter le réveil initialement prévu à 3h du matin pour observer le lever de soleil. La variante devrait faire l’affaire…

=> la vidéo du jour: