Nous reprenons la route pour l'observatoire du Mont Wilson:
Nous passons au Cosmic (1742 m d'altitude) Café acheter nos billets et de quoi nous rassasier et désaltérer. En guise de ticket nous recevons un autocollant pour mettre sur nos teeshirts puis à notre retour sur le réfrigérateur. La visite de 13h, d'une durée théorique de 2 heures permet d'également faire des observations avec le téléscope solaire.
Nous faisons connaissance avec notre guide, bénévole passionné et à l'humour irrésistible. Une articulation exemplaire, je n'ai pas perdu un mot de ses paroles.
Il nous explique que la visite est avant tout sur l'histoire du site. Il nous explique que le Mont n'est pas nommé d'après le président Américain, mais d'après un fermier local (un peu comme
Bryce Canyon...) qui fût tout de même le grand père du général Patton, celui-là même qui voulait marcher sur Moscou après la capitulation de l'Allemagne et qui fût stoppé par Eisenhower.
Ledit Wilson, fabriquait un vin de notorité locale, et cherchait du bois pour fabriquer ses tonneaux. Il fit donc construire un chemin pour accéder au sommet du mont Wilson. Malheureusement pour lui, le bois qu'il y trouva était tellement médiocre que le raisin le faisait pourrir avant même d'être vinifié. Le sentier servit par la suite aux randonneurs avant de devenir à la dernière décennie du 19è siècle une route à péage.
Le Mont Wilson était en effet connu pour la beauté de son paysage mais surtout son climat exceptionnel, avec du soleil quasiment toute l'année. Il est d'ailleurs avec les San Gabriel Mountain une des raisons du fog sur certains quartiers de
Los Angeles. C'est pour cela qu'un certain Hale, héritier d'un magnat de l'ascenseur de
Chicago eût l'idée d'y bâtir un observatoire. Le premier téléscope ouvrit en 1908.
Quelques jours après son éclipse totale, la lune réapparait sous la forme d'un mince croissant. Le guide en profite pour nous expliquer que les télescopes solaires n'étant pas revenus de l'éclipse, nous n'aurions pas droit à ces observations.

Ce gros télescope solaire n'est pas ouvert aux visiteurs.

Le guide nous explique que nous voyons là le plus grand télescope au monde. Les visiteurs acquiescent sans broncher. En réalité, il s'agit d'un des télescopes d'un ensemble de 6 de 1 m de diamètre, qui par interférométrie dans un ensemble de canalisations optiques forment l'équivalent d'un téléscope de 330 m de diamètre! Comme pour que les données soient exactes il convient que les rayons lumineux aient exactement le même âge, un certain nombre d'ascenseur déplace des lentilles dans les canalisations pour rajeunir ou vieillir les rayons (augmenter ou réduire la distance parcourue)! A la fin on obtient des données, et non pas une photo, qu'un ordinateur interprète pour donner des images. Le premier cobaye fut l'étoile Régulus. Cet interféromètre "CHARA" ne permet hélas que d'analyser des objets brillants. En effet, si sa résolution est effectivement équivalente à 330 m, sa capacité à capter la lumière est égale à celle de ses télescopes soit de 1 m. Pour simplifier, on peut donc obtenir une image infiniment détaillée d'un objet très brillant.

Le clou du spectacle: le télescope de 100 pouces (environ 2,5m de diamètre)
Ce télescope ouvert en 1917 est resté le plus large au monde jusqu'en 1948. A cette époque, la faible pollution lumineuse de
Los Angeles permettait encore d'excellentes observations "visuelles", par opposition à interprétées par ordinateur. (L'excellente atmosphère et la climatologie parfaitement ensoleillée en font toujours un excellent lieu d'observation interprétée). Le miroir est de fabrication française, sorti des usines Saint-Gobain de Lyon. Seuls les visiteurs de la visite guidée ont droit de voir le télescope et ce jour là on nous montre même le miroir.
Le guide, toujours gouailleur et provocateur, nous fait admirer la perfection du miroir: (on voit tout un tas de défauts, bulles, aspérités...). Et d'enchainer, après 3 mois de transports dans des conditions dantesques, le télescope est finalement monté. Malheureusement, l'image est complétement floue... Quel gâchis. Tout le monde noie son chagrin avec les vieilles bouteilles de Benjamin Davis Wilson. Le lendemain, nouvel essai: une image la plus pure qu'il ait été donné à l'oeil humain en matière d'observation astronomique. En raison de la chaleur, le miroir s'était dilaté, et ne collimatait plus correctement!
Il nous montre également une chaise où se serait assis Hubble, en nous précisant que c'était le directeur du site qui l'avait placée là pour rendre la visite plus vivante...
Nous tentons ensuite désespérément un selfie, mais des singapouriens qui se prennent pour le centre du monde monopolisent définitivement la place.
https://www.mtwilson.edu/
Après cette passionnante visite de deux heures et demi, nous prenons la route vers Hermosa Beach afin de passer la fin d'après-midi sur la plage.