Jour 18 : mardi 16/08
Le réveil sonne 6h30.
On vide la chambre à 7h00 et on part déjeuner dans un bouiboui recommandé dans Le
Routard. On y croisera plein de français.
On quitte Jasper un peu après 8h00 sous un ciel bien menaçant.

Les paysages sont assez sympas malgré le mauvais temps.
On quitte très rapidement le parc national de Jasper pour la Colombie Britannique.
Contrairement à l’Alberta, on ne verra aucun panneau en français dans cette province.
Le paysage deviendra beaucoup moins intéressant au bout de 1h30 de route.
Terminées les hautes montagnes.
Mais on quitte également de plus en plus le mauvais temps.
En revanche la route a été longue et monotone jusqu’à Kamloops.
Et surtout ponctuée de travaux en se coltinant plusieurs circulations alternées et d’autres zones de chantiers. Car parallèlement à la route se déroulait la construction d’un pipeline dont la construction s’étirait sur des centaines de kilomètres !

Même une fois l’autoroute atteinte à Kamloops, on apercevait encore à de nombreux endroits ce pipeline en construction.
Des travaux de voiries étaient également présents sur l’autoroute, car ils ne peuvent les faire qu’en été à cause des hivers rigoureux, ce qui provoquait des basculements de circulation.
On ne rentrera pas dans Vancouver.
On traversera la frontière au poste-frontière de Sumas, à environ 50km à l’est de l’agglomération de Vancouver, où nous y arrivons à 16h00 heure locale.
Jusqu’à présent cette journée était chiante à mourir, ça va pas durer…
Quand arrive notre tour, on avance la
voiture jusqu’à la guitoune.
On tend nos passeports.
On nous mitraille des questions habituelles. Qu’étiez-vous allé faire au Canada ? Où ça ? Avez-vous de la nourriture dans la
voiture ? Combien de temps restez-vous aux Etats-Unis ? Où allez-vous ensuite ?...
Tout en pianotant sur son clavier.
On se dit que ça va passer comme d’habitude.
Sauf que le douanier remarque quelque chose. Il voit dans son ordinateur qu’on est entrés aux Etats-Unis 2 semaines plus tôt, et se met à feuilleter toutes les pages de nos passeports.
Sauf qu’il y avait quelque chose qu’on n’avait pas remarqué : le douanier à l’aéroport de
Seattle avait oublié de tamponner nos passeports !
Et naturellement, pour lui, ça le fait pas…
Il garde nos passeports et nous donne à la place un feuillet jaune qu’il a coché d’une case, et nous demande de nous garer sur la droite et de rentrer au bureau de l’immigration à côté.

Bon, déjà on constate que notre situation porte un numéro de procédure, celui qu’il a coché sur le feuillet. On suppose donc que notre situation n’est pas inédite, on n’est donc pas trop inquiets, mais cette situation va nous faire perdre du temps.
Quand on se gare, une
voiture sur notre gauche est fouillée de fond en comble, les valises grandes ouvertes…
On rentre dans le bâtiment. Malgré un poste-frontière de taille moyenne, on est loin d’être seuls.
Deux femmes qui avaient le même problème que nous en avaient fini 2 minutes après notre arrivée. On se dit que ça va se finir assez rapidement.
Au bout de 10 minutes, un bleu de 20 ans environ à qui on avait donné nos passeports nous fait signe d’avancer, et constate très vite de quoi il en retourne.
Très sympa, et très réactif.
Même trop réactif selon son chef qui regarde la situation de loin et l’appelle pour lui demander de lever le pied et nous faire mariner un peu. On ne l’entendait pas, mais on est persuadé que c’est ce qu’il lui a dit, car le jeune douanier s’est tourné les pouces un bon 1/4h avant de revenir vers nous…
Pendant cette attente, on a été témoin de 2 scènes bien différentes.
La première était 2 femmes, une mère et sa fille, typées asiatiques ou amérindiennes, assises sur un banc qui ne disaient pas un mot.
Un des douaniers qui fouillaient les valises à l’extérieur rentre alors et leur annonce que leur
voiture a été vérifiée, et conduite de l’autre côté de la frontière. Il leur demande de le suivre afin qu’il les ramène au Canada.
Gloups…
La deuxième scène nous fera en revanche bien marrer.
Un douanier, qui ressemblait comme 2 gouttes d’eau au personnage de Tormund dans Game of Thrones

, s’occupait d’un père et son fils de 16 ans. Des allemands.
Ils avaient loué un
camping-car aux États-Unis et étaient partis faire du
camping en famille au Canada.
Le douanier est bien content, leurs
ESTA sont valides. Il pose alors les questions habituelles.
-
Motif de votre visite aux États-Unis ?
-
On vient faire le plein lui répond le père.
Le douanier s’arrête alors et leur demande de répéter croyant avoir mal compris.
-
On vient faire le plein d’essence du camping-car lui répète le père.
Le douanier ne comprend pas la logique de cette réponse et lui demande pourquoi.
-
Ben, l’essence est moins chère aux États-Unis qu’au Canada, on fait le plein et ensuite on y retourne.
Le douanier les regarde alors avec des yeux ronds.
-
Mais pourquoi vous faites ça ??? Vous allez perdre un temps fou à la douane !
Le choc des cultures !
Comment expliquer à un douanier américain quelque chose qui est habituel chez nous dans l’espace Schengen où les frontières n’existent plus et où on passe d’un pays à l’autre sans aucun contrôle afin de profiter des prix plus bas.
Le douanier n’a pas compris le raisonnement, mais les a laissé passer.
Pas sûr que les allemands aient recommencé. Ils ont dû comprendre ce jour-là qu’on ne passait pas comme ça d’un pays à l’autre ici…
Notre jeune bleu revient. On s’est re-coltiné toute la procédure de l’aéroport, avec photos, empruntes à scanner… avant qu’on puisse récupérer nos passeports
Le douanier a même laissé échapper un faible
Au revoir en français quand on a fini, en signe d’excuse devant le temps d’attente.
Bien aimable le garçon. Dommage qu’il ait un chefaillon aussi con...
Cet épisode nous a fait perdre plus d’une demi-heure.
Ça fait un petit souvenir, mais sur le moment on maudissait bien l’abruti de douanier à l’aéroport.
On repart en
voiture. Moins d’un kilomètre plus loin, des panneaux
Trump Won se dressent devant les maisons.
Pas de doute, on est bien de retour chez l’Oncle Sam.
On roule dans la campagne jusqu’à Bellingham, où on retrouve l’Interstate 5 qui nous conduit vers le sud.
Le Mt Rainier est visible depuis là.

Quelle circulation sur cette autoroute ! On arrive à Everett à 18h30 après plus de 9 heures de route.
Avant d’aller à notre
motel, on fera un crochet par le plus gros employeur de la région : l’usine Boeing de Everett, où les gros porteurs 767, 787, 777 et 747 sont assemblés.
L’usine se visitait, mais les visites ont été stoppées en mars 2020 et n’ont toujours pas repris à ce jour.
On longera l’usine, plus gros bâtiment du monde en volume, où un
avion de chaque type fabriqué ici est peint sur les portes immenses du bâtiment.

On apercevra également plusieurs avions en attente de livraisons à leurs clients, dont plusieurs nouveaux Boeing 777-9X, dernier né du constructeur, reconnaissable à ses bouts d’ailes repliables afin de pouvoir loger dans les aéroports. Les certifications étant renforcées pour Boeing depuis les laisser-aller qui avaient conduits aux crashs des 737 MAX, les 777-9X patientent dans un coin en attendant que leurs moteurs soient homologués.

On s’est trouvé un petit spot sur un parking, juste en face de l’usine, pour avoir une vue d’ensemble.
On prend la direction de notre
motel, qu’on atteindra 5 minutes plus tard.
C’était le moins cher que j’avais trouvé sur internet. On a compris pourquoi en arrivant.
Accolé à l’autoroute, un parking un peu craignos avec des guguss qui attendaient dans leur
voiture comme des dealeurs de drogue…
Quand on arrive à la réception, on constate qu’il y a des caméras partout… et une batte de base-ball posée à côté du comptoir prête à servir.
On s’est pris un véritable interrogatoire par la réceptionniste, avec photocopie de nos deux passeports effectuée et une fiche de renseignements à remplir.
Elle avait raté sa vocation, elle aurait pû bosser avec les douaniers qu’on avait vu tantôt.
Quand on arrive dans la chambre, c’est pas la joie. On lance la clim car il y fait (comme d'habitude) très chaud.
La propreté laisse à désirer, et l’isolation sonore est nulle. Et quand je dis nulle, ça veut dire zéro ! On entend donc parfaitement le trafic intense de l’Interstate 5 située à 50 mètres...
On va manger dans un resto de la zone commerciale à proximité.
Quand on reviendra, il règne une puanteur dans la chambre. La clim n’avait pas dû être entretenue depuis des décennies, et avait dégagé une odeur infecte dans toute la chambre…
Boules quies obligatoires pour cette nuit.
Impossible d’entrouvrir la fenêtre. Soit on la laisse fermée et on peut la verrouiller, soit on l’ouvre et impossible de la verrouiller dans une position.
Vu la faune dans le coin, on va laisser fermé et verrouillé durant la nuit…
