On poursuit la descente, toujours aussi facile; on croise de jeunes bénévoles entrain de réhabiliter le sentier, et on arrive à Cedar Ridge. Cet endroit qui constitue le deuxième point de vue propose des toilettes pour les gens disciplinés. C'est un plateau assez large. Il y a énormément de monde.
L'intérêt principal du lieu est ce rocher, réellement vertigineux, au bout d'un petit éperon rocheux, et qui permet, à condition de ne pas tomber, de faire d'excellents selfies devant O'Neill butte. On voit le sentier qui contourne la butte vers Skeleton Point.
C'est également là notre premier contact avec la faune: un écureuil des roches. Le suivant sortira de l'ordinaire... . Les écureuils sont la principale cause de blessure du parc. Les touristes qui font kitty kitty avec se font fréquemment mordre le doigt. Infection, inflammation, nécrose, amputation... En parallèle, les touristes sont la principale cause d'obésité des écureuils. J'ai également beaucoup lu qu'il fallait faire attention à sa nourriture, ces animaux ayant la fâcheuse habitude de chaparder. Je suis donc autant charmé que prudent. En réalité, l'animal ne me témoignera aucun intérêt.
On poursuit notre route.
Derrière nous Cedar Ridge et ses toilettes. Le ciel est de nouveau bouché.
Devant nous, la butte.
Le climat est rude pour la végétation:
Certains arbres s'en sortent mieux:
On arrive à la butte.
Un ranger nous tombe dessus.
"Do you have food?"
"Do you have water?"
"You have to recall that it will take you twice as long to get back up than it took you to go down"
"It's very advisable to go back now"
"If you live at sea level you might get into breathing troubles while going back up"
C'est assez surprenant cet accompagnement sécuritaire quand on fréquente assidûment des demi pics pyrénéens souvent largement plus difficiles et scabreux.
On a presque l'impression d'avoir fait une bêtise. On est loin de l'esprit des grands espaces et de liberté qui ont motivé notre voyage...
On continue notre route et le ranger nous fixe d'un oeil préoccupé. A-t-on l'air de petits vieux à ce point?
Et là, au détour d'un sentier, deuxième rencontre avec la faune... La faune touristique cette fois...
Une chinoise obèse est accroupie au milieu du sentier les fesses à l'air entrain de faire caca... C'est vrai qu'on est loin des toilettes de Cedar Ridge... Quand elle me voit elle ricane. J'ai très envie de prendre l'événement en photo mais son mari a l'air costaud.
Heureusement on croise un deuxième écureuil et on oublie un peu cette vision d'horreur.
A quelques hectomètres de Skeleton Point, la situation nébuleuse s'améliore avec quelques percées.
Arrivés à Skeleton Point, un nouveau centre d'intérêt se fait jour: deux cowboys avec un groupe de mules qui remontent du canyon. On décide de voir qui arrivera en haut en premier. On prend rapidement de l'avance, mais à la première pause, les mules nous rattrapent (voir premier post de ce carnet de voyage avec le résumé video introductif). En effet, il fait chaud maintenant, et l'effort impose des pauses pour s'hydrater et se rafraichir. En France, on compte un différentiel de 0,7 degrés par 200 m d'élévation. Dans le canyon, cette règle n'est pas du tout respectée. Je pense qu'il faut compter 2 ou 3 degrés par 200 m. Dès lors que le soleil n'est plus voilé par les nuages, les parois du canyon renvoient la chaleur, ce qui contribue à l'élévation de température.
On rattrape néanmoins rapidement les mules. Les cowboys nous incitent à les doubler. En effet, il est recommandé de maintenir une distance de courtoisie de 15 m avec les mules, pour éviter les coups de bottes. ("They might kick you")
Arrivés à Cedar Ridge, alors que nous faisons un nouvelle pause, nous sommes devant.
Qui va gagner cette course?