Que d'aventures encore depuis 2 jours ! A Arches, nous avons foncé au camping (tout au fond du parc) pour trouver notre emplacement et monter notre tente. Endroit merveilleux. Puis, nous décidons du programme : quelques courtes ballades jusqu'à 17h, heure de départ pour profiter de Delicate Arch au soleil couchant. On s'est donc baladés dans le parc et on a découvert ces merveilles d'Arches de pierre. Chaleur torride, soleil impitoyable, qui nous brûle malgré la crème solaire (indice 30 quand même). Nous buvons des quantités d'eau impressionnantes en ayant pourtant toujours la gorge sèche. C'est vraiment le désert. Pique-nique avec quelques denrées achetées dans une station service le matin même. On n'est pas malins, il y avait un grand supermarché par très loin après… bref. On s'installe sous un grand genévrier (ou un cyprès ???). Pas terrible, le pique-nique… Il n'y a que quelques emplacements réservés dans le parc, et ils sont pris d'assaut, donc c'est ça ou la voiture.
On a vu de jolies Arches, écrasés de chaleur, et vers 17h30, on a attaqué l'ascension vers le symbole du parc et de l'état, Delicate Arch. Quelle épreuve ! Sur les roches nues, en plein soleil. Dur dur. Notre plus difficile épreuve jusqu'ici.
Mais quelle récompense au bout du chemin : Delicate Arch n'est pas comme les autres incluse dans un massif rocheux, elle est posée au bord d'une falaise de sable ocre pétrifié, sans support, dans un environnement fabuleux en amphithéâtre. Il règne sur place une ambiance quasi mystique. La foule de touristes est assise sur ce qui ressemble à de vastes gradins pour admirer (vénérer ?) le prodige de la nature.
Splendide, merveilleux, émouvant.
On y passe une bonne demi-heure avant de se décider à rejoindre la voiture, puis de retourner sur Moab pour dîner. On n'aura finalement pas attendu le coucher de soleil pour ne pas avoir à faire le trek de retour, avec quelques passages délicats, dans la nuit, avec Yann et son vertige… Mais les couleurs du soir sont de toute façon déjà magnifiques. Partout où l'oeil se pose, c'est beau, coloré, calme, immense...
On redescend à Moab, pour se faire le restaurant italien, le même qu'hier. Pizzas délicieuses. La serveuse, très sympa, nous fait même goûter (gratuitement) le vin de l'Utah en carte, qu'elle nous avait déconseillé (c'est la première fois que j'entends un serveur nous dire : non, prenez plutôt l'autre (moins cher), celui là n'est pas terrible, c'est pour les "touristes" !!!), pour que nous comparions avec notre choix (californien). Retour au camping vers 23h et dodo sous la tente. C'est plus agréable qu'à Bryce tout de même : il fait chaud !
Lever à 6h30 le lendemain, dans des couleurs déjà magnifiques. Yann a eu du mal à dormir, moi ça va. Nous rangeons les affaires et après une toilette sommaire, nous partons pour Devil's Garden (tu parles d'un nom engageant !). Le temps est mitigé, beaucoup de nuages mais déjà forte chaleur à 8h30… Le paysage est superbe. Nous découvrons Landscape Arch, la "plus longue du monde", et puis au bout d'un sentier chaotique avec quelques passages vertigineux (bravo Yann), c'est le choc de Double O Arch, sur laquelle il est permis de monter. Mais je ne l'ai appris qu'en repartant, hélas ! En tous cas, splendide et impressionnant. Pour le retour, nous revenons sur nos pas au lieu de poursuivre la piste notée "difficile". La chaleur est accablante. Nous arrivons à la voiture à 12h30 : le trail nous a tout de même pris 4h. Nous sommes crevés. Le ciel se charge, l'air est devenu lourd, épais, étouffant. On ne respire que difficilement, on est moite tout le temps.
En partant du parc, nous nous arrêtons encore à quelques points de vue parce que la lumière d'orage devient magnifique. Ciel bronze, terre ocre, arbres émeraude. Nous décidons de repartir en arrière pour récupérer cette fameuse route 128 que nous devions faire lorsque j'ai été malade. Difficile de trouver à manger sur l'Interstate. Nous dégottons un boui-boui et mangeons sur le bord de la route, hot-dogs et chili. Bientôt, le vent de tempête qui se lève nous force à nous replier dans la voiture. Super pique-nique, encore une fois ! Je vous l'disais : on n'est pas doué pour les pique-nique, vive le restaurant
On repart et on entame la Scenic Byway 128 alors que d'énormes orages nous encerclent, bien visibles comme d'énormes masses de nuages zébrées d'éclairs dans les grandes étendues désertiques au loin. Effrayant. Finalement, nous n'essuyons qu'une grosse averse, juste après que j'aie dû m'arrêter au bord de la route pour me libérer les intestins, perturbés par le régime alimentaire sans doute. Chier dans l'herbe au bord de la route et sous l'orage, la honte ! Heureusement qu'il ne passe pas grand monde !
Enfin, nous découvrons le Colorado (le fleuve) ! Après l'orage, le fleuve est ocre lui aussi, chargé des sables colorés des montagnes environnantes. Le paysage est fantastique, hérissé de pics émergeant de la brume, vert intense de la végétation, ocres rouges du fleuve et des roches, plomb et azur du ciel tourmenté. On ne regrette pas le détour. Le reste de la route vers Cortez est plus banal. Sauf que j'ai dû faire une pause d'une vingtaine de minutes pour dormir, je n'arrivais plus à me concentrer sur la conduite (on ne dort quand même pas si bien en tente...). On passe dans le Colorado (l'état). A Cortez, nous choisissons un motel avec piscine, et un restau où l'on sert de la viande. Dîner et coucher de bonne heure. Ouf.
Le lendemain matin, départ pour Mesa Verde National Park, après un passage dans un Coffee Shop / Cybercafe pour un faire un point sur les mails et les comptes. La serveuse, très sympa, ne nous fait rien payer pour l'utilisation du PC. Je prends un délicieux vrai café, et on repart. Le paysage est beaucoup plus banal que dans l'Utah...

