ΗΜΕΡΑ 4 Τρίτη - Supplice de Tantale
Le matin vient de se lever, encore une belle journée…
Dans tous les guides, on peut lire « Visitez la cime de l’impressionnant mont Pantokrator. Située à 906 mètres de hauteur, c’est la plus haute montagne de Corfou. La vue panoramique est splendide et vous donnera l’occasion de faire de superbes photos de l’île et des environs. »
Il semblerait donc que cet endroit fasse partie des incontournables de l’île

.
Nous voilà donc parti pour visiter cet endroit idyllique

.
En consultant note ami Maps, il nous indique que de notre villa, une route part vers ce si charmant sommet…
En route, nous démarrons confiants et heureux. La route est étroite et serpente au milieu d’oliviers centenaires ou plus. C’est beau !
Ah mince on tombe sur une piste (impraticable) au bout de 45 minutes de route…

bon revalidation avec maps, on fait demi-tour, une autre route semble nous y mener…
Re-belote après 40 minutes de roue, c’est encore une piste…
Et une troisième pour la route...
Sur ma route
J'ai eu des moments de doute
J'marchais sans savoir vers où
J'étais têtu rien à foutre
Sur ma route
J'avais pas de bagages en soute
Et dans ma poche pas un sou
Juste la famille entre nous
Bien, cela fait donc plus de 2 heures que nous roulons et nous voici quasiment au point de départ

…la journée s’annonce fastidieuse

.
Afin de faire baisser le niveau d’agacement de la
voiture 
, je propose d’aller au village de Perithia pour le visiter car de cet endroit part une énième route pour ce fameux mont

.
Perithia est une ville abandonnée en cours de restauration. On y arrive enfin.
Bon, c’est un peu décevant, hormis le panneau explicatif à l’entrée, il n’y a pas grand-chose si ce n’est de ruines et des tavernes.
La fille, pisseuse inconditionnelle comme toute fille qui se respecte

, réclame un petit arrêt à l’une des tavernes.
En l’attendant, nous faisons connaissance d’un guide français spécialisé dans Corfou. Ni une, ni deux, j’en profite pour lui demander la route pour Pantokrator…Voici sa réponse :
« Qu’est-ce que vous voulez y faire ? C’est nul comme endroit, y’a une grosse antenne hideuse et rien d’autre. En plus pour y aller il faut aller au nord de l’île car une seule route y mène, vous en avez pour .3H. Franchement y’a plein de choses bien plus belles à faire que ça »
Ah oui vu comme ça, la motivation est plus qu’incertaine

… Décision prise : exit Pantokrator.
On rentre, on mange, on prend les maillots et on va à la plage.
Sur le chemin du retour (comme à l’aller d’ailleurs), je reçois des messages de Free, m’indiquant la bienvenue en Albanie. L’Homme, pragmatique et soucieux, me demande si c’est compris dans le forfait. Je lui réponds : « Sûrement, c’est en Europe et puis de toute façon on est en Grèce alors no souçaille »
Ben, quelques minutes après je reçois un gentil texto de Free me prévenant que j’avais dépassé mon forfait de 50 euros…Quoi ! C’est la tuile !
Bon, clairement, ça entame un peu le moral, je me fais un petit peu (mais alors un tout petit peu) engueuler parce que je ne savais pas que l’Albanie n’est pas en Europe. Bon en même temps, on n’y était pas en Albanie !
Allez, on ne va pas se laisser abattre, on mange un morceau. De toute façon, c’est fait. Seul hic, Free a bloqué le téléphone tant qu’on ne paie pas…
On s’arrête dans une taverne, on mange. On réfléchira mieux le ventre plein.

Les proprios de la taverne sont adorables, et après une bonne bière, on est plus détendu. Nous sommes les seuls clients.
En fin de repas, le patron vient nous apporter une énorme tranche de gâteau. Il s’excuse car il mange avec sa famille 2 tables plus loin pour fêter l’anniversaire de leur fille et ça l’embête de manger du gâteau sans nous en proposer !
On retourne à la villa, on veut régler le problème rapidement. On se logue sur l’interface Free, on paie et…on attend le retour à la normale du téléphone

. En tout cas, plus de données mobiles quand on est sur la côte Est !
On s’équipe maillots/serviettes et c’est parti pour un petit bain.
Ce soir, on mange à la villa.
Ah, j’avais oublié le gonflage du ballon…
Tout commence avant le départ : l’Homme, dans un accès de MacGyverisme

, trouve une super idée pour emmener le ballon de beach volley sans prendre de la place, il le dégonfle et emporte avec lui la petite aiguille permettant de le regonfler. « Comme ça me, dit-il, il suffira d’aller à une station essence et hop on regonfle ». « Chéri, tu es aussi malin qu’Ulysse ».
Station-service en vue, on s’arrête et…ah pas le bon embout
Station-service en vue, on s’arrête et… merde j’ai cassé l’aiguille
Station-service en… laisse tomber on peut plus gonfler le ballon
Note de l’auteur : remarquez la jolie anaphore de ce texte (grec ancien ἀναφορά / anaphorá (« reprise, rapport »))
Là on sent bien que tout va de travers. Mais c’est sans compter sur la pugnacité de ce viril Apollon

!
Il me propose donc de m’arrêter chez un mécanicien
voiture et pneus pour demander le regonflage de la baballe pour faire mumuse

.
Vous constaterez un fois de plus que l’Homme propose et la femme…se tape encore la lourde tâche de mimer le regonflage de ballon…
Je m’améliore (d’ailleurs j’ai décidé de monter à Paris pour suivre des cours de mime à l’Ecole Internationale de Mimes Corporel Dramatique, car je me sens très douée

) mais peine perdue, il n’a pas de bicougniou qui entre dans le trou (du ballon, œuf corse

).
Et voilà comment un ballon de volley dégonflé a fait un voyage à Corfou…
C’est ainsi que la journée mi-olive, mi kumquat (pour rester dans le thème corfiote

) se termine. Toujours pas de retour à la normale pour le téléphone…
