Comme toi, je suis subjugué par Zion. C'était mon parc préféré avec Yosemite lorsque j'ai fait mon premier tour dans l'Ouest US. Il reste dans mon top 5.
La montée d'Angels Landing m'a plus impressionné que la descente. La raison en est toute simple : pendant les premières minutes que tu passes sur ce sentier improbable, c'est l'incrédulité qui prend le dessus sur tout le reste ("mais qu'est-ce-que je fous sur ce truc ? C'est complètement ahurissant et crétin !") Puis, au fil de la montée, la fascination commence à l'emporter ("mais ce que c'est beau, tout de même"), dominée ponctuellement par un sursaut de réalisme engendrant un sentiment de crainte parfaitement fondé ("Ah oui mais attends, je peux facilement tomber là - t'es un grand malade"). Mais très vite, en fait, on se laisse totalement emporter par l'expérience unique que représente cette rando hors-norme, si bien que l'on ne fait absolument plus attention au danger qu'elle représente vraiment ("put... ce que c'est bon !")
D'où une descente que j'ai menée tambour battant (je ne me servais même plus des chaînes), esquivant je ne sais comment les nombreux randonneurs qui montaient en sens inverse (et qui, eux, étaient agrippés à la chaîne). En bref, avec le recul, je me rends compte avoir flirté avec le vide - un geste maladroit de la part d'un randonneur, et je n'étais plus là pour vous raconter tout ça. Je crois que, sans le savoir, j'étais en plein shoot extatique - je me sentais hyper bien ; je vivais un truc grandiose ; j'étais heureux.
L'effet Zion, quoi.

