J19 : So long, New-Brunswick! Québec, we're back!
Aujourd'hui, nous quittons le Nouveau-Brunswick pour retrouver le Québec. Je n'ai prévu aucune visite, car une longue route nous attend pour rejoindre Rimouski, dans le Bas-Saint-Laurent, où nous passerons les quatre prochaines nuits. Ca sera le dernier point de chute de notre roadtrip canadien. Super-Tonton doit nous rejoindre dans deux jours, pour passer le week-end avec nous.
Je vous passe les détails du trajet vers Rimouski : la route, à l'intérieur des terres, nous a semblé globalement assez inintéressante, et nous sommes seulement arrêtés pour déjeuner en route, puis pour nous payer des cochonneries dans un Tim Hortons, Timmy's pour les initiés (dixit Super-Tonton...

), une chaîne de fast-food canadienne spécialisée dans les cafés et les doughnuts...
Nous voici enfin arrivés à Rimouski. Nous investissons notre Airbnb. Bonne suprise, c'est très spacieux !
In the house
- [Les ados, en choeur] Elle est stylée, cette maison !

- [Chéri-chéri] On va avoir de la place !

- [Les ados, en choeur] En plus, le wifi est super rapide !

- [Bibi] Je savais que ça allait vous plaire ici...

Et vous n'avez pas tout vu ! Allez faire un tour dehors...
On the back deck
- [Chéri-chéri] Cool, on a une terrasse équipée !

- [Bibi] On va pouvoir se faire des petits apéros !

- [Chéri-chéri] Et des barbecues !
In the backyard
- [Chéri-chéri] Regardez, en plus y'a un jaccuzzi !

- [Bibi] Fais chauffer l'eau, je vais chercher les binouzes !

- [Loulou] Trop bien, le trampoline !

- [Louloutte] Vas-y, on fait un concours pour voir qui saute le plus haut !
Voilà, je vous ai dressé un petit tableau de l'ambiance à l'arrivée...

Sur ce, passons au
jour d'après !
J20 : Site Historique de Pointe-au-Père
Aujourd'hui, il fait un temps pourri. Nous n'allons pas nous plaindre, car il s'agit du premier jour de mauvais temps depuis le début de notre voyage (et du dernier, mais ça, nous ne le savons pas encore !

).
L'avantage de se poser plusieurs jours au même endroit, c'est de pouvoir adapter le planning des visites à la météo. Aujourd'hui, ça sera donc visites en intérieur !!! Un petit quart d'heure de route nous attend.
Et nous voici arrivés à destination : le site historique maritime de Pointe-au-Père !
Une fois garés, nous allons tout d'abord prendre la mesure du paysage, sous une pluie insistante... Dommage que le temps soit aussi couvert, car la vue sur le Saint-Laurent doit être jolie, quand c'est dégagé !
La pluie redouble d'intensité. Il est temps de se mettre à couvert ! Nous nous rendons au centre d'accueil. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'aujourd'hui, tout le monde semble avoir eu la même idée que nous ! La file d'attente pour acheter les billets est assez longue. On a largement le temps d'admirer la déco...
Dans la file d'attente
- [Bibi] On prend un ticket
Trio ? Comme ça, on visite le sous-marin, le musée de l'Empress, et le phare ?

- [Chéri-chéri] Bof, le phare...

- [Louloutte] On en a déjà visité un l'autre jour !
(1)
- [Loulou] C'est vrai, on n'arrête pas d'en voir, des phares !
(2)
- [Bibi] Oh allez ! On en a vu quelques uns, c'est vrai, mais au final, on n'en a visité qu'un seul !

- [Loulou] Un seul... cette année !
(3)
- [Louloutte] Oui, tu oublies celui qu'on a visité l'année dernière en
Floride !
(4)
- [Bibi] Oh allez ! Pleaaaaaase ! Ca ne prendra pas longtemps...

- [Les ados, en choeur] Tu nous saoûles, avec tes phares !
(1) Louloutte fait référence au phare de la Pointe-à-la-Renommée, en Gaspésie. Voir l'épisode Exploramer et Côte Nord de la Gaspésie.
(2) Pas faux... Je ne vais pas vous mettre tous les liens, mais c'est vrai qu'entre la Gaspésie et le Nouveau-Brunswick, on a fait le plein de phares cette année.
Il me semble vous avoir déjà dit que j'adore les phares, non !?
(3) Euh... A quoi Loulou fait-il allusion ? Il n'est quand même pas en train de penser aux phares qu'on a vu en Floride !
Bon, c'est vrai, j'avoue, j'adore les phares !
(4) Mais oui, c'est ça ! Louloutte parle du phare de Key West, en Floride. Voir l'épisode Key West Lighthouse, Fort Zachary Taylor State Park and Beach...
A la caisse
- [Bibi] Bonjour. Comment ça se passe, si on prend un billet
Duo pour la visite du sous-marin et du musée, et qu'on décide de visiter le phare par la suite ?

- [La dame de l'accueil] Pas de souci ! Dans ce cas-là, on ne vous facturera pas la visite individuelle du phare, mais uniquement le delta entre votre billet
Duo et le billet
Trio.

- [Chéri-chéri] Banco ! Va pour un billet
Duo !

- [Bibi] Bon, OK...

Comme ça, après les deux visites, on pourra aviser si on a envie de visiter l'intérieur du phare...

Il s'agit quand même du deuxième plus haut phare du Canada !

- [Les ados, en choeur] Tu nous saoûles, avec tes phares !
Le sous-marin Onondaga
Nous décidons de commencer par la visite du sous-marin Onondaga.
Nous avons déjà visité deux bateaux de guerre, l'USS Midway à
San Diego en 2015, et plus récemment le HMS Belfast à Londres en Mai 2019, mais ça sera la première fois que nous verrons un sous-marin !
Ce mastodonte de 90 m de long a sillonné l’Atlantique Nord de 1967 à 2000.
La visite devrait nous permettre de nous faire une idée de la vie à bord pour les 70 membres d'équipage.
Et nous voici à bord, équipés de nos audioguides
(on a le choix entre Visite découverte et Visite technique).
Grâce aux audioguides, on en apprend plus sur le matériel se trouvant dans le sous-marin.
Station de rinçage d'urgence pour les yeux...
On passe d'une "pièce" à l'autre...
Il vaut mieux ne pas être trop en surpoids !
Et nous voici dans le poste de contrôle...
La console de tir des torpilles : ça intéresse beaucoup les garçons !
Puis voici la partie qui m'intéresse le plus, à titre personnel...
Les quartiers de vie !
Comme à bord d'un navire de guerre, la promiscuité dans un sous-marin est terrible...
La salle de détente/chambre, et la cuisine...
Nous voici maintenant arrivés dans la dernière pièce...
... celle depuis laquelle les torpilles étaient chargées et tirées !
On y trouve une tour de sauvetage.
Combinaison de survie obligatoire, mode d'emploi à l'appui !
Et voilà... visite terminée !
L'heure a tourné et il fait faim... Un restaurant se trouve sur place :
Finesse d'Alsace. Il n'est pas blindé, nous décidons donc d'y déjeuner. Au final, le repas est correct, le service courtois, et la promesse alsacienne... teintée de saveurs et d'un accent québécois !
Sous une pluie battante

, nous prenons maintenant la direction du musée de l'Empress, situé à proximité immédiate du phare. Celui-ci semble nous toiser de toute sa hauteur... Érigé en 1909, il a joué un rôle primordial dans l’histoire de la navigation sur le fleuve Saint-Laurent.
En chemin vers le musée
- [Bibi] Regardez, le phare ! Je le visiterais bien, quand même !

- [Les ados, en choeur] Maman, tu nous saoûles, avec ton phare !

- [Chéri-chéri] Je ne dirais pas ça comme ça, mais... l'idée y est !
Le musée du naufrage de l'Empress of Ireland
Nous voici maintenant au musée.
L'Empress of Ireland fut construit en 1906. Durant huit ans, il achemina des milliers de voyageurs (travailleurs et immigrés) entre Québec et Liverpool.
Le 29 mai 1914, l'Empress of Ireland quitta Québec, en direction de l'Angleterre, avec 1477 personnes à bord.
Peu après une heure du matin, il fit brièvement escale à Pointe-au-Père afin de débarquer son pilote, Adélard Bernier. La nuit était claire.
Il est 1h55 du matin, et l'Empress of Ireland a quitté Pointe-au-Père depuis peu, lorsqu'il se trouve soudain enveloppé d'un épais ban de brume qui rend la navigation à vue impossible. C'est ce moment que choisit le charbonnier norvégien Storstad pour arriver d'Europe à pleine charge et à pleins gaz... De mauvaises manoeuvres de part et d'autres, et c'est la collision, terrible. Le charbonnier, en percutant le paquebot, ouvre une énorme brèche dans son flan tribord.
Impitoyable, l'eau glaciale s'engouffre rapidement dans le paquebot. Celui-ci bascule sur tribord, avant de chavirer, puis de couler. Il aura suffit à l'Empress of Ireland de 14 petites minutes pour sombrer et se coucher sur son flan, à 45 mètres de fond dans le fleuve Saint-Laurent...
L’épave de l'Empress of Ireland fut localisée en 1964, soit cinquante ans plus tard.
Dans les années qui suivirent, de nombreuses expéditions sous-marines furent lancées, dans des conditions de plongée difficiles, pour remonter les artefacts se trouvant dans l'épave.
Les pièces ont été admirablement restaurées et mises en valeur.
Depuis 1999, l'épave est protégée à titre de bien culturel canadien.
Grâce à des souvenirs encore très vivants, on imagine un peu la vie à bord du bateau.
On se représente cette élégante dame, délicatement assise dans son fauteuil, une tasse de thé à la main....
On imagine très bien ce monsieur bedonnant desserant d'un cran sa ceinture après un bon repas...

On plaint cette serveuse maladroite, qui, venant encore de casser une assiette, pense à la remontrance qu'elle va se prendre de la part du maître d'
hôtel...
On visualise ce jeune homme coquet, prenant soin de sa barbe tout en pensant à la belle jeune femme de la cabine au fond du couloir...
On pense à cette petite fille gourmande, qui, après avoir fini de râcler sa coupelle et bien léché sa petite cuillère, demande, la bouche en coeur à son papa qui ne peut rien lui refuser, à reprendre un peu de dessert...
On devine ces messieurs avinés, débouchant leur énième bouteille de vin de la soirée...
On songe à cette gentille mamie, cassant des noix et les offrant à ses petits-enfants tout en leur racontant une histoire...
Sur les 1477 personnes qui se trouvaient à bord, 1012 ont péri et seulement 465 ont survécu.
Le naufrage de l'Empress of Ireland demeure à ce jour la plus grande tragédie maritime de l’histoire du Canada.
Parmi les chanceux, un dénommé William Clark, qui a survécu au naufrage de l'Empress of Ireland, après avoir survécu à celui du Titanic. Quand ce n'est pas ton heure...
Contrairement au naufrage du Titanic, qui a durablement marqué les mémoires, celui de l'Empress of Ireland a été relativement vite relégué au second plan à cause du déclenchement de la première guerre mondiale. Il n'en reste pas moins que ce fut une terrible tragédie !
La visite se termine par un passage dans une salle qui met en scène, de façon assez réaliste, le naufrage "comme si on y était", grâce à un système de sons, lumières et sensations tactiles...
Frissons garantis !
Et c'est ainsi que s'achève notre visite du musée.
En sortant du musée
- [Bibi] Bon alors, il vous reste du jus pour faire la visite du phare ?

- [Les ados, en choeur] Non mais Maman ! Tu fais exprès ou quoi !?

T'as pas encore compris que tu nous saoûles, avec tes phares !

- [Chéri-chéri] Bon allez, laisse tomber, avec le phare... je crois que personne n'est vraiment motivé !

- [Bibi]
Vous savez quoi ? Ce n'est pas grave, pour le phare.

Après la visite passionnante du sous-marin, et la visite poignante du musée du naufrage de l'Empress of Ireland, je crois que même moi, je n'étais plus très motivée pour faire celle du phare !
Nous prenons la direction du parking. Un dernier coup d'oeil à l'Onondaga... A ce moment-là, je remarque qu'on peut faire des photos de famille dans le faux sous-marin...
Le premier qui est capable de retranscrire le dialogue familial qui a eu lieu à cet endroit-là a gagné !
De retour au parking, nous en profitons pour jeter un dernier coup d'oeil au fleuve Saint-Laurent. Le temps s'est légèrement dégagé.
Nous regardons au loin, imaginant l'Empress of Ireland, gisant sur son flanc à 45 mètres de fond... Nous ne pouvons nous empêcher d'avoir une pensée émue pour ceux qui ont perdu la vie là, en cette funeste nuit du 29 mai 1914...
En conclusion de cette journée, je dirais que nous avons tous beaucoup apprécié la visite du site historique maritime de Pointe-au-Père.

C'est vraiment à ne pas manquer si vous passez dans le coin !
Demain, changement radical de décor : nous vous donnons rendez-vous au parc du Bic !
