JOUR 13 Denver → California Zephyr
Le jour tant attendu par chéri est enfin arrivé, nous allons prendre le California zéphyr. Il en a rêvé, on va le faire. Nous nous levons très tôt ce matin , l'arrivée du train est prévu pour 7h15 et le départ est à 8h05 ( ça , ce qui est prévu ! ). Nous décidons de faire les choses en 2 fois : un aller/retour une première fois juste avec les grosses valises pour les enregistrer et ensuite retour à la casa pour récupérer les affaires qu'on garde avec nous. Nous partons de l'appartement un peu avant 7 heures et en passant devant les écrans, on voit que notre train est affiché avec un retard d'1 heure et quart . Nous trouvons facilement le guichet d'enregistrement, le monsieur nous dira que le retard est dû à des inondations qui ont eu lieu en Iowa . On se félicite d'avoir toujours les clés de notre logement qui se trouve à 5 minutes . On revient à l'appartement , on se fait 2 tasses de thé qu'on va déguster au soleil sur la terrasse du toit de l'immeuble . Je vérifierai quand même le « status » du train au cas où il arrive en avance. Après cette pause imprévue, on quitte le logement, en laissant les bips et clés sur le plan de travail de la cuisine, conformément aux consignes. On aura vu personne . Il faut savoir qu'une fois la réservation effectuée, il nous avait quand même été demandé d' envoyer nos pièces d'identités scannées .
Il n'est que 8h45, nous avons encore une bonne heure d'attente, j'avais pourtant l'impression d'avoir pris tout notre temps. Je m'installe sur un des siège confortable à l'intérieur de la gare. Je garde tous nos bagages et je dis à chéri d'aller voir les trains sur le quai ( un vrai gamin!). J'en profite pour donner des nouvelles aux proches sur whatsapp. Au bout d'un certain, chéri revient en me disant qu'il a vu une
voiture de police et qu'ils ont la même
voiture que nous « la Ford explorer » ( oui bien sur, ils nous ont copié ces vilains !).

un train de banlieue
Notre train est enfin là ! Ouf ! Nous avions réservé des sièges inclinables pour une centaine de dollars par personne ( le prix de la cabine était assez élevé, autour de 500$ par personne ). Nous n'avions pas de numéros de sièges attribués d'avance. On fait la queue à l'arrière du train , on montre nos billets à l'agent qui nous dit d'aller 5 wagons plus loin. Nous allons vers ce wagon devant lequel il y a un autre agent qui prend le billet et dit « Emeryville ! Ah non je n'ai pas 2 places côte à côte » elle nous dit de rebrousser chemin et d'aller 2 wagons à l'arrière. ça commence bien cette histoire, c'est quoi cette organisation pourrie, ça nous étonne des américains !
Nous montons dans ce wagon et pas de place côte à côte, tout est occupé au moins sur une place de chaque côté. Chéri qui avance devant moi, s'arrête et propose les 2 places côté couloir sur la même rangée , il me dit "on s'installe là pour l'instant , j irai voir après." A ses côtés, il y a une dame d'une cinquantaine d'années déjà installée. De mon côté, il y a juste un gros sac à mains posé sur le siège côté fenêtre. Au bout de quelques minutes, une dame assez âgée – très élégante , un peu dadame- s'arrête devant moi et me crie un peu dessus « This is my place ! » Je me lève et je lui dis « yes yes, je montre mon siège, en disant « This is my seat » d'un ton tout aussi gentil . Elle s'installe , je me rassois de travers en lui tournant un peu le dos à cette mégère. Et là je cherche du regard mon chéri qui est très occupé, en grande conversation avec sa voisine. Il avait l'appareil photo de sa voisine dans les mains et monsieur est en train de rigoler avec elle. Ça va, je dérange peut être ? Pas un regard vers moi, rien , nada !
Je sens que ma voisine me tape sur l'épaule, je me tourne et lui lance un regard qui tue. Je pense qu'elle venait de comprendre que nous n'avions eu d'autre choix que de s'installer ainsi. Elle essaie d'engager la conversation - non ce n'est pas la peine, je n'ai pas envie -. Je me ravise au bout de quelques petites minutes de monologue, allez ce n'est pas grave on est parties sur un malentendu. Elle emmène ses petits enfants ( qui sont installés sur les sièges juste derrière nous ) en vacances à Glenwood springs. Ils projettent de visiter Paris et le sud de la France cet été avec toute la famille, enfants , petits enfants, je lui indiquerai quelques coins sympathiques. Au bout d'un petit quart d'heure, chéri tourne son regard vers moi, je lui dis qu'il a raté quelque chose et qu'il va le payer cher. A ce moment là, un agent passe dans le couloir entre nous 2 , il s'arrête et nous dit « guys, vous êtes ensembles ?! » Il nous informe qu'il y a des places côte à côte dans un autre wagon et nous demande de le suivre. Il nous montre les 2 sièges, vérifie nos billets, griffonne quelque chose sur un bout de papier et le glisse au dessus de nos têtes. C'est écrit « EMY 2 ». C'est là que je vois qu'il y a des petits bout de papier au dessus de la tête de tout le monde : SLC, RNO , SAC . C'est comme ça que le personnel sait qui descend où et prévient les personnes à l'arrivée de la gare. Une fois que les gens sont partis, ils enlèvent le petit papier.
Nous voilà enfin assis ensemble côte à côte, cette deuxième partie de notre voyage peut enfin commencer. Il y a beaucoup de place pour les jambes et les sièges sont confortables.
Nous admirons ce paysage magnifique qui s'offre à nous. C'est bien sympathique d'être assis confortablement et on peut se faire des câlins tout en se délectant de ce panorama. Chéri m'indique que nous repassons par le même chemin que nous avons emprunté hier. Nous parlons de tout et de rien, on se récapitule ces magnifiques journées qu'on vient de passer. Chéri me dit qu'il est nostalgique de la partie sauvage de notre voyage. Je le réconforte en lui disant que ce n'est pas fini ! Après un petit apéro, le train nous berce et on somnole un peu. On se décide à aller voir le wagon panoramique. On s'installe et c'est le lieu idéal d'observation. Nous passons à côté d'un magnifique fleuve où on voit plusieurs pêcheurs solitaires. Et là d'un coup on passe devant un groupe d'une dizaine de personnes qui sont là au bord de la rivière et qui nous montrent leurs fesses , j'arriverai à prendre une photo ! Ça nous fera beaucoup rire ainsi que tous nos voisins dans le wagon.
vous les voyez là ?
Nous regagnons nos places et je remarque que nous sommes les seuls à avoir pris nos affaires avec nous ( sac à dos avec l’appareil photo du chéri, mon sac à main ). Tout le monde est très cool et s'absente en laissant tout. Chéri propose un café qu'il ira chercher. Ce n'est toujours pas bon ce café américain. Nous arrivons à Glenwood springs et notre wagon se vide . Cette petite ville thermale a l'air bien sympathique. Mais bizarre le train ne repart pas. Au bout d'une demie heure, la voix nous informe qu'il y a un éboulis sur notre chemin et que nous allons avoir du retard. Nous repartons au bout d'une heure et demie. Faisons le calcul, nous sommes à 3 heures de retard maintenant. Nous sommes censés arrivés à 16h demain à Emeryville où nous devons récupérer la
voiture et dormir sur place. L'agence Avis d'Emeryville ferme à 18h, on espère que nous allons rattraper un peu notre retard dans la nuit. On dîne tôt avec les petites salades achetées la veille à Safeway tout en appréciant le paysage qui défile. Dès que le soleil décline et qu'on n'y voit plus rien, nous allons au petit coin pour faire la petite toilette et nous changer pour la nuit. Il y a un coin séparé genre « coiffeuse » dans les toilettes avec un petit banc et un grand miroir. Bien pratique ! Les toilettes sont propres, rien à voir avec la SNCF où il vaut mieux y aller au début du voyage. Elles sont nettoyées régulièrement, tout comme les wagons , le personnel passe très souvent avec la petite balayette.
On finit cette soirée en partageant mes écouteurs pour un peu de musique. Nous ne sommes que quelques personnes dans le wagon. Je m’étais informée avant le voyage et je savais qu'il allait faire froid mais à ce point là ?! Je mettrai tout ce qu'on a sur nous, gants, bonnets, sweat, grosses chaussettes, brrrrr j'ai quand même froid. Je m'installe sur les 2 sièges en face pour allonger les jambes et m'endors. Je suis réveillée par un agent qui me demande de regagner ma place. Euh je lui indique que le wagon est vide. Il me dit « ok, mais seulement jusqu'à
Salt Lake City » Rho là la, qu'est ce qu'ils sont rigides ces américains ! Nous arrivons à
Salt Lake City dans la nuit vers 2 ou 3 heures du matin. Je regagne ma place. Le wagon se remplit et c'est presque plein. J'essaye de me rendormir mais je n'y arrive pas . Je suis congelée malgré les couches de vêtements.
