Samedi 30 octobre : de Louxor à Assouan
Ce matin nous partons assez tôt, vers 7h30/8h, car nous avons de la route et des visites aujourd'hui... Nous rejoignons Assouan, à 230 km et 4h30 de route... Nous visiterons le Temple d'Edfou et le Temple de Kom Ombo sur le chemin... 2 très belles visites !
Nous avons un van de plus de 10 places pour nous 4, on est large ! Tarek nous dit que c’était presque le même prix que plus petit alors pourquoi se priver !
Sur la route entre Louxor et Edfou...
Pas d'autoroute... on traverse tranquillement des villages, des zones cultivées... c'est assez amusant d'observer la population qui vit et vaque à ses occupations...
mouais... paraît pas bien solide tout ça !
Pas trop envie de viande à midi !
Beaucoup plus de burkas quand on sort des grandes villes...
Pauvre âne...
Le Temple d'Edfou (Temple d'Horus)
Le temple d'Edfou a été construit de -237 à -57 av. J-C., sous Ptolémée III, Ptolémée XII, et Cléopâtre.
Il est situé sur la rive gauche du Nil, entre les villes d'Assouan et de Louxor, à 105 km au sud de cette dernière.
C'est un temple Ptolémaïque, d'époque gréco-romaine, dédié au dieu faucon Horus.
Il mesure 137 mètres de longueur, 79 mètres de largeur, et 36 mètres de hauteur pour les pylônes, ce qui en fait le plus grand temple de la dynastie des Ptolémée, et le 2ème lieu de culte le plus imposant d'Égypte après celui de Karnak.
Il est aujourd'hui l'un des temples les mieux conservés d'Égypte car il a été très ensablé. Seuls émergeaient la terrasse, les chapiteaux et les derniers étages du pylône. Les maisons des habitants s'agglutinaient tout autour, et certaines venaient même s'accumuler sur le toit du temple. C'est l'égyptologue français François Auguste Ferdinand Mariette (1821-1881) qui fait dégager l'imposante construction.
Le Grand Pylône
On accède au temple en franchissant un grand pylône haut de 40 mètres orné de bas-reliefs monumentaux figurant Ptolémée XII massacrant ses ennemis devant Horus et Hathor. Au registre supérieur, le roi fait des offrandes à une série de divinités. De part et d'autre de l'entrée, deux magnifiques faucons de granit noir montent la garde.
Sur la façade extérieure, des cavités permettaient de placer d'immenses mâts, à l'extrémité desquels venaient se placer des bannières.
La porte du Grand Pylône
La cour péristyle
Deux portiques à chapiteaux composites bordent la grande cour dallée.
Un détail insolite : des cartouches vides !
Les cartouches étaient utilisés pour y graver le nom des rois. Les pharaons signalaient ainsi la partie du monument qu'ils venaient de bâtir.
Mais à l'époque de la construction de la salle des offrandes, nul ne savait qui était le roi : la guerre faisait rage pour la conquête du trône, entre deux Ptolémée et la reine Cléopâtre. Impossible donc de savoir qui avait construit cette aile du temple, d'où l'absence de noms dans des cartouches restés désespérément vides.
Dans le fond, une majestueuse statue d'Horus attend, comme pétrifiée pour l'éternité. Taillée dans un bloc de granit gris, elle monte la garde sur le seuil de la première salle hypostyle.
Horus porte sur la tête le Pschent, symbole de l'union des deux Égypte. L'oiseau divin, remarquable par la pureté de ses formes, affirme ainsi, du haut de ses deux mètres, sa divinité au pays tout entier.
Les salles hypostyles
Contrairement à la plupart des temples plus anciens d'Égypte, les plafonds de ces salles sont toujours intacts, ce qui ajoute une incroyable sensation au lieu.
Douze colonnes supportent les deux salles hypostyles. La salle extérieure comprend deux salles à gauche et à droite, dont l'une servait de bibliothèque pour les manuscrits religieux et l'autre était la salle des consécrations.
Dans la deuxième salle hypostyle sont représentées toutes les étapes de la construction du temple d'Edfou...
On arrose la terre...
On ramène les briques...
L'inauguration...
La deuxième salle hypostyle, plus réduite, est flanquée à gauche de la chambre des offrandes solides et d'un laboratoire pour la préparation des encens et des parfums rituels, et à droite de la chambre des offrandes liquides.
L'escalier qui monte à la terrasse
Le naos
Un naos en granit patiné au nom de Nectanébo II occupe encore le centre du sanctuaire : là, l'effigie d'Horus, parée et ointe de baumes recevait trois fois par jour un service d'offrandes accompagné de musique et de prières. Le grand-prêtre apposait ensuite sur la porte du naos un sceau d'argile et se retirait en reculant, effaçant les traces de ses pas. L'une des chapelles entourant le sanctuaire abrite une réplique de la barque sacrée.
Le déambulatoire
La deuxième salle hypostyle donne accès au déambulatoire compris entre l'enceinte et le mur du temple.
La paroi Ouest relate le combat d'Horus contre Seth. Chaque année, les prêtres célébraient la Fête de la Victoire d'Horus, en transperçant et dépeçant des effigies de Seth, hippopotame en cire et en pâte à gâteau.
Victoire d'Horus sur Seth (l'hippopotame)
Cette visite était superbe... Très peu de monde dans le temple, des gravures et décorations préservées et d'une finesse... Coup de cœur pour le déambulatoire, de telles surfaces décorées il y a si longtemps et tellement bien préservées ! On se sent tout petit entre ces hauts murs !
Après cette visite il est midi, nous reprenons la route pour notre prochaine visite à 1h de là : le temple de Kôm Ombo. Nous grignottons dans la
voiture (bananes, mandarines, gâteaux aux dattes et au sésame)...
Sur la route entre Edfou et Kôm Ombo
Toujours les mêmes scènes avec des tuk-tuk et des ânes mais aussi une nouveauté : les dromadaires dans les pick-up ! A 7km de Kôm Ombo se trouve Daraw, ville où se tient tous les samedis et dimanches le marché aux dromadaires ! Il s’en vend plusieurs milliers chaque semaine (pour l’élevage, la viande, le transport, le tourisme…) !
Trop drôle !
Le Temple de Kôm Ombo (Temple de Sobek et Haroéris)
Situé sur la rive orientale du Nil, à 40km au Nord d'Assouan et 165km au Sud de Louxor, ce sanctuaire bénéficie d'une situation tout à fait exceptionnelle : il donne directement sur le fleuve (ce qui l'a d'ailleurs bien abîmé au cours des siècles avec les crues).
La particularité de cet édifice réside dans son caractère bipartite. Cette conception particulière, unique en Egypte, répond à une nécessité strictement théologique, puisque le temple est consacré à deux triades divines bien distinctes.
La moitié gauche, au nord, est réservée au dieu faucon Haroéris, "Horus l'Ancien" ou "Horus le Grand", la partie droite, au sud, est consacrée au dieu crocodile Sobek , à la déesse Hathor et au dieu fils Khonsou.
Le temple a été construit au début du 2ème siècle av J.C. (époque ptolémaïque) par Ptolémée VI et XIII, probablement sur les fondements d'un ancien temple érigé sous Touthmôsis III.
La cour
C'est une terrasse de 6 mètres de long et de 2 mètres de large. Dans cette cour, 16 colonnes soutenaient un portique qui s'appuyait contre les murs.
Sobek est le fils de la déesse aquatique Neith. Son statut de dieu de l'eau (inondation) le fait adorer partout dans le Delta du Nil, le Fayoum et à Kôm Ombo (sanctuaire majeur où il a Hathor pour épouse).
Les Égyptiens l'associaient aussi à la fertilité, car il est le Dieu maître des eaux qui irrigue les champs. La présence de crocodiles dans le Nil était, pour les Égyptiens, l'augure d'une crue bienfaitrice pour les récoltes.
La double porte d'entrée
Les salles hypostyles
Bel alignement de portes...
Les couloirs de circulation
Sur le mur d'enceinte en grès enserrant le temple, un tableau assez étonnant présente des instruments médicaux et chirurgicaux disposés sur plusieurs registres : pinces, ciseaux, tenailles, scalpels...
Le Nilomètre
Dans la grande cour se trouve un nilomètre, puits au fond duquel des escaliers de faible hauteur permettaient de mesurer le niveau des crues du Nil.
Le musée du crocodile
Crocodiles momifiés, oeufs de crocodiles momifiés, sculptures...
Encore une très jolie visite, même si la chaleur nous terrasse un peu... Encore une fois nous étions seuls sur le site, même le gardien faisait la sieste ! Des conditions de visite et de prise de photos idéales !
Quel bonheur de pouvoir déambuler dans ces lieux chargés d'histoire !
Assouan
Nous reprenons la route jusqu'à Assouan...
Assouan est située à environ 840 kms au sud du Caire. Assouan est considérée comme la porte de la Nubie.
Assouan est connu pour la qualité particulière de granit rose qui constitue la plupart des montagnes d'Assouan. Ce granit était utilisé essentiellement à la sculpture des statues, d'obélisques et de monuments. Certaines des pierres utilisées dans la construction des grandes pyramides de Gizeh étaient extraites des carrières à proximité d'Assouan.
Assouan est aussi célèbre pour son gigantesque barrage, connu sous le nom de barrage Nasser, qui se termine par le lac Nasser. Ce lac est étendu sur plus de 400 km de long, d'Assouan jusqu'à la frontière du Soudan. Ce barrage sert à limiter les crues du Nil.
Nous arrivons à notre appartement dans la "Habibi Nubian Guesthouse" en fin d'après-midi. Nous logeons du coté nubien d'Assouan, sur la rive ouest du Nil, du côté paysan, loin des immeubles et de la circulation d'Assouan !
Nous sommes chaleureusement accueillis par les propriétaires, et nous serons très bien ici pour 3 nuits ! Comme au Caire, logement simple mais fonctionnel et propre (nous avons même une machine à laver !), pour 35€ / nuit !
Notre guesthouse, nous occupons le Rez-de-chaussée...
Du toit de notre guesthouse, nous voyons le coucher de soleil vers le désert, les montagnes abritant les tombeaux des Nobles, le minaret de la moquée, et les enfants qui jouent au foot sur la place devant la maison en nous faisant de grands signes...
Nous dînerons à quelques rues de là dans la 2ème maison d'hôtes de notre propriétaire, sur la terrasse. C'est sa sœur qui cuisine, et ce sera délicieux tous les soirs ! Et bien trop copieux !!! Soupe, riz, une viande (ragout de boeuf, keftas, ou poulet), et des légumes...
A bientôt pour la suite !
Emmanuelle