Jour 11 : mardi 09/08
On se lève tôt pour être pile à l’ouverture à 7h00 du seul resto à petit-dej situé à 200m du
motel.
Ça a été l’un des meilleurs qu’on ait mangés aux US.
On prend ensuite la route de Glacier, qui n’est tout de même pas à côté. Mine de rien, il y a quand même plus de 200km jusqu’à West Glacier.
On sera bloqué dans un embouteillage monstre avant l’entrée du parc, car des contrôles ont lieu en amont de la guitoune pour vérifier que les gens possèdent bien un accès pour traverser le parc via Going To The Sun Road.
On est bien resté plus d’une demi-heure bloqués sur la route 2 avant de tourner à gauche pour entrer dans le parc.
Au bout de 10 minutes, on se disait que les américains étaient bien civilisés, qu’en France plein de monde auraient doublé par la bande d’arrêt d’urgence pour « gruger » le plus de monde possible…
10 secondes après avoir parlé de ça, des voitures essayaient de forcer après avoir fait plusieurs dizaines de mètres sur la bande d’arrêt d’urgence.
Le grand jeu a alors commencé. Rouler pare-chocs contre pare-chocs afin de ne laisser aucun espace possible pour leur permettre de s’insérer. Et ils essayaient.
Sauf qu’au bout d’un moment, des véhicules utilitaires et des camions qui doublaient également via la bande d’arrêt d’urgence pour doubler la file, mais pour continuer tout droit à l’embranchement, commençaient à s’énerver, et les véhicules ont dû continuer.
On n’a pas pu voir, mais on ose espérer que personne n’a cédé en aval.
Une présence policière n’aurait pas été de trop.
On finit enfin par rentrer dans le parc après avoir montré notre qr code et notre pass.
Le premier arrêt est à Agpar Visitor Center, où on recharge les bouteilles en eau fraiche.
On regarde également les bulletins météos, qui varient qu’on se situe à l’est ou à l’ouest du parc.
Le beau temps est annoncé pour aujourd’hui, mais le lendemain est gris à l’est, et carrément pluvieux à l’ouest.
Je redoute déjà un lever de soleil raté au Many Glacier…
On fait un tour à pied jusqu’au bord de Lake McDonald.

Franchement, je m’attendais à mieux. Ça doit être surement mieux le soir avec le soleil dans le dos.
On retourne à la
voiture pour aller en direction de la première randonnée prévue de la journée : Avalanche Trail.
On a cru ne pas trouver de place.

On tourne 3x sur le parking en se disant qu’on n’allait pas y arriver.
Surtout qu’il n’y avait quasiment pas âme qui vive autour des voitures donc quasiment aucune chance qu’une se mette à partir. Puis, on trouve miraculeusement une place au bord de la route qui se libère sous nos yeux alors qu’on s’apprêtait à renoncer et continuer. Pile à côté de cette belle Corvette
On prend avec nous le fameux spray acheté hier, surtout que des panneaux à l’entrée du trail annoncent bien qu’on rentre sur le territoire des ours et des grizzlis.
Il est vrai qu’énormément de gens en portent un à la ceinture ou à la bretelle de leur sac à dos.
Une chose qui m’a quand même amusé, c’est que beaucoup le portent pour se sentir rassurés, mais qu’ils n’ont pas coupé la première sécurité en plastique qu’on avait dû couper au ciseau hier soir dans la chambre.
S’ils tombaient face à un ours, ils n’en porteraient pas sur eux que le résultat serait identique…
Le début du trail se fait sur des pontons au milieu des arbres, très tranquillement.
Puis au bout de 500m, on attaque la montée, qui longe le torrent qui descend dans la vallée depuis Avalanche Lake.
La randonnée n’est pas difficile en soit, surtout qu’elle se fait à 90% à l’ombre des arbres, et qu’on n’ajoute pas la chaleur à l’ascension.
Et avec le monde qui se croisait dans les 2 sens, on ne craignait pas du tout de tomber sur un ours.
L’ascension jusqu’à Avalanche Lake se fait en moins d’1h30 depuis le parking.
Et l’arrivée est spectaculaire.
On est au milieu des arbres, et d’un coup, le lac surgit devant nous.
Le mix entre la couleur presque turquoise, les falaises à pic et les cascades qui serpentent jusqu’à la surface en font un lieu magnifique.
Et beaucoup de personnes s’y baignent (mais pas assez de profondeur pour nager).
Le retour se fera assez rapidement jusqu’à la
voiture, qui a bien chauffé au soleil.
On continue sur Going to The Sun Road en direction de l’est.

Mon frère n’a pas vraiment accroché à la route. Un air de déjà vu avec les paysages de Haute Savoie pour lui.
Moi, j’ai adoré.

Peut-être parce que je ne conduisais pas à ce moment.
Seul bémol de la route, plusieurs points de vue au bord de la route sont obstrués par la végétation. Je sais bien qu’on est dans un parc national et qu’ils laissent faire la nature, mais ça ne va pas tuer la planète de couper des arbustes devant quelques points de vue.

Surtout que plus on monte, plus la vue devient belle
On arrive à Logan Pass, pour faire notre deuxième marche de la journée jusqu’à Hidden Lake, où on a tourné sur le parking pendant plus d’1/2h sans trouver de place.
C’était dingue. Et je n’ose imaginer ce que ça devait être lorsqu’il n’y avait pas de quota de véhicules admis via ce permis.
Alors que je disais à mon frère de laisser tomber, qu’on allait descendre à East Glacier pour prendre une navette afin de remonter, il refuse de m’écouter et s’obstine.
Et bien 10 minutes plus tard, l’obstination a fini par payer !
Le drapeau canadien est présent partout dans le parc, car Glacier, au sud de la frontière, est jumelé avec le parc de Waterton situé côté canadien de la frontière. Et, jumelage avec le Canada oblige, beaucoup d’écriteaux sont traduits en français.
La première moitié du chemin la plus raide est un mix de palissade en bois et d’escaliers, avec des marches bien larges et surtout bien hautes.

On pense à se retourner de temps en temps pour admirer le paysage.
On croise des névés qui alimentent des petites cascades.

C'est beeeeeeaaaaaaaaauuuuuuuu
Nous apercevons également la faune locale. Une dizaine de chèvres des montagnes sont tranquillement posées dans les névés au-dessus de nous.
Et un peu comme Avalanche Lake tout à l’heure, Hidden Lake se dévoile d’un coup.

Magnifique !

Seul bémol, Bearhat Mountain est dans l’ombre.
La vue doit être bien plus belle le matin quand le soleil tape sur la montagne.
Impossible de descendre au pied du lac, le chemin est barré. On aurait de toute façon eu du mal à cause de l’heure. Il était déjà 17h00.
On revient sur nos pas en admirant le paysage.
On tombe sur une chèvre qui vient brouter à quelques mètres de nous.

Malgré l'interdiction formelle écrite aux débuts des trails, certains portent carrément des flingues en plus du spray anti-ours.

On avait déjà croisé lors de la montée vers Avalanche Lake un randonneur qui portait un beretta sur la poitrine.
Welcome to Montana.
On verra également une mère et son petit sur le retour.
Quand on revient sur le parking, ce n’est plus le même cirque que tout à l’heure. Beaucoup de places sont vides.
On finit notre traversée du parc en direction de l’est.
La vue est très sympa au début. Mais il a dû y avoir un incendie il y a quelques années autour de Saint Mary Lake, car tous les arbres sont crevés.
Quand on arrive au bout de Going to The Sun Road à St Mary, on tombe sur la station-service la plus chère qu’on ait vu du séjour.
Le Montana était pourtant l’Etat où l’essence était la moins chère du séjour. Le gallon était pourtant 1$ plus cher dans cette station que dans le reste de l’Etat !
La route qui menait au Many Glacier était en travaux où des graviers avait remplacé le goudron.
Mais ça n’empêchait pas les voitures qu’on croisait de se croire sur une piste de rallye en roulant à fond la caisse en dégageant un énorme nuage de poussière à chaque fois.
On arrive au Many Glacier à 18h30. L’
hôtel est très typé chalet alpin, et le personnel est habillé dans le costume traditionnel suisse…
On a deux réservations différentes, pour le même type de chambre. Heureusement, la réceptionniste nous dit qu’on n’aura pas à déplacer nos affaires demain matin et qu’on gardera la même chambre. Cool.
Mais quand on arrive dans la chambre, surprise, il n’y a qu’un lit double !
Mince, on nous a donné une mauvaise chambre.
Je sors de ma pochette mes deux réservations en format papier pour remonter à la réception, mais mon frère regarde la réservation, et me pointe du doigt le « 1 double » inscrit à droite.
J’explique le contexte.
Ayant raté le coche des réservations à 1h près au 1er août 2021, pendant plusieurs mois, j’ai vérifié le site internet de l’hôtel pour guetter une annulation de réservation qui surviendrai pour un type de chambre de 2 lits et pour les nuits où nous y serions.
Et je vérifiais une bonne quinzaine de fois par jour.
Et j’avais eu la première réservation un soir à 23h30 dans mon lit avant d’éteindre mon téléphone pour aller dormir, et la deuxième nuit quelques semaines plus tard en arrivant au boulot à 7h15 avant de commencer à bosser.
Et mon regard s’était focalisé sur la photo de ces deux lits. Dans l’excitation et la peur de voir ces chambres me passer sous le nez, je m’étais précipité pour les réserver.
Je n’avais pas du tout fait attention à ce qui était écrit à côté.
Je suis quelqu’un de calme (même trop calme pour certains de mes collègues) et m’énerve très rarement.
Mais à ce moment-là, j’étais furibard.

Contre moi même qui n’avais pas fait attention à ce détail, mais également contre l’
hôtel qui illustre une chambre d’un lit avec une photo bidon de deux lits doubles.
On commençait à en avoir par-dessus la tête des lodges des parcs après le manque de respect de Paradise et le prix monstrueux pour une prestation moyenne du Old Faithful.
On remonte à la réception avec mes deux réservations papier. La réceptionniste qu’on avait vu 10 minutes plus tôt nous aperçoit et nous fait signe d’approcher.
Je pose mes deux réservations papier sur la banque et lui demande combien de lits elle voit sur les photos.
Surprise, elle hésite un moment, craignant une question piège, et répond 2.
Je lui dis : On est d’accord. Où est le 2ème lit ?
Incrédule, elle me regarde « Il n’y en a qu’un ?... Je ne comprends pas… »
La manager passait derrière elle à ce moment-là et avait entendu notre conversation. Elle prend la réservation papier, la lit en détail, et nous montre à la réceptionniste et à nous, le 1 Double.
Je lui dis que j’avais en effet découvert ça il y a 10 minutes, que j’ai fait une erreur, mais que leur photo m’a induit en erreur.
Elle me répond alors… que les photos présentes sur le site ne sont pas forcément conformes aux différents types de chambre.
Quel foutage de gueule ! C'était ça son excuse ?!

J’ai vu passer sur leur site un nombre incroyable de chambres ou suites avec un seul lit king size. A chaque fois il n’y avait qu’un lit sur la photo. D’où ma précipitation lorsque les réservations sont apparues avec ces 2 lits sur la photo.
Et j’ai alors utilisé le mot préféré de Donald Trump : fake.
J’ai fini par leur balancer «Fake photo» à la figure.
Ils auraient pu m’envoyer balader, que j’aurais dû lire avant de réserver. Et ils auraient eu raison.
Mais cette « fake photo » les a bien embarrassés. Même eux reconnaissaient que c’était assez perturbant.
Ça a pris 10 minutes, mais ils ont réussi à nous trouver une chambre avec 2 lits simples pour les deux nuits.
Heureusement qu’on était que 2…
On s’en est plutôt bien sorti à l’arrivée. Surtout qu’on n’a pas payé de supplément. J’ai surveillé mon compte pendant 4-5 jours pensant voir passer la différence, mais à part les taxes de séjour, rien.
Quand on partait récupérer nos affaires, mon frère m’a dit que j’avais été trop loin et que j’avais plusieurs fois lâché le mot fuck, sans m’en rendre compte.
Désolé, mais j’étais furax devant un tel manque de professionnalisme de leur site de réservation, et je n’avais pas envie de faire lit commun avec mon frère.

Il bouge sans cesse et tire toutes les couvertures pour s’enrouler dedans.
On prend possession de la nouvelle chambre, toujours surchauffée comme à Paradise et au Old Faithful

, et on va manger.
La salle de restaurant était pleine, mais on trouve une table assez rapidement.
Je prends une salade, que je trouvais un peu maigre sur le menu, et prend le supplément Goat cheese à 4$.
Ayant l’habitude des salades de chèvre en France, je m’imaginais des toasts avec des rondins de fromage de chèvre posés dessus.
Je me suis retrouvé avec du salakis émietté dessus.
Ça a été nerveux, surtout avec le coup de sang de tout à l’heure. On s’est tapé un de ses fou rire dans le restaurant.
4$ pour quelques miettes de salakis ! Quelle blague ! On n’a pas la même définition de fromage de chèvre...
On sortira ensuite devant l’
hôtel pour admirer le sunset face Swifftcurrent Lake à Grinnell Point.
On ne s'en rend pas compte sur les photos, mais je ne m’attendais pas à ce que Grinnell Point en impose autant depuis l’autre bord du lac.
Dommage que le soleil ne se couchait pas plus au sud. Vers la fin septembre courant octobre, ça doit assez être dans l’axe de la montagne et assez sympa à regarder.
On restera plus d’une heure à regarder avant de retourner dans la chambre.
Réveil prévu à 6h00 pour le sunrise. En espérant qu’il soit beau. On avait quand même choisi cet
hôtel pour ça…
