Après une matinée bien remplie consacrée à la visite des agoras grecque et romaine et à celle du musée de l’Acropole, nous avons décidé de faire une pause climatisée bien méritée à l’appartement.
Déjeuner, sieste, lessive (oui, il faut bien), lecture et wifi, chacun s’occupe au frais en ce début d’après-midi.
Il n’est pas loin de 16 h quand nous quittons de nouveau notre appartement et suivons la longue et large voie piétonne qui relie l’agora grecque pratiquement au Temple de Zeus Olympien en longeant l’Acropole.
Au passage, nous en profitons pour acheter d’excellents glaces pour le goûter !
Volontairement, nous évitons l’accès principal au Parthénon par les Propylées et nous dirigeons vers la seconde entrée, en face du théâtre de Dionysos, où il y a normalement moins de monde.
A presque 16h30, il n’y a pratiquement pas de queue aux guichets automatiques, et aucune pour ceux déjà munis de billets, ce qui est notre cas grâce aux billets combinés acquis ce matin à l’agora.
Déjà un très bon point ! Au moins, déjà pour ça nous avons bien fait de venir l’après-midi.
Petite parenthèse historique
Au Vème siècle avant Jésus Christ, Athènes est devenu une Cité-Etat très puissante alors dirigée par Périclès qui accroit la suprématie d’Athènes sur la mer Egée et renforce le développement économique et militaire de la Cité.
En -447 avant JC, les citoyens athéniens votent un programme architectural grandiose : l’Acropole. Ce projet doit donner aussi du travail à tous les athéniens, les ouvriers étant tous des hommes libres.
La cité devient alors un immense chantier et en dix ans l’Acropole est construite.
L’Acropole est dédiée à Athéna, qui a donné son nom à la ville d’Athènes.
Athéna est la fille de Zeus et de Métis, une nymphe. Prévenu par Gaia que l’enfant qu’il aurait d’elle risquerait de le détrôner, Zeus dévore Métis qui était enceinte. Ayant fort mal à la tête, Zeus demanda à Héphaïstos, dieu des forgerons et du feu, de lui fendre le crâne. De son cerveau sortit alors Athéna en poussant un terrible cri de guerre.
Athéna est déesse de la sagesse, des techniques et de la stratégie guerrière.
Athéna et Poséidon se disputaient le contrôle de l’Attique et la ville d’Athènes.
Ils s’affrontèrent dans un duel consistant à offrir aux athéniens le cadeau le plus précieux.
Poséidon frappa l’Acropole de son trident et en fit jaillir une source, mais une source d’eau salée.
Athéna offrit un olivier, qui parut un cadeau bien plus utile.
Athéna devint ainsi la déesse protectrice d’Athènes.



La visite par cette entrée commence donc par le théâtre grec de Dionysos construit au VI -ème siècle avant JC. C’était le plus grand du monde grec et pouvait accueillir jusqu’à 17.000 spectateurs dont 67 VIP au premier rang sur des fauteuils en marbre.
S’y déroulaient les Dionysies, grandes fêtes de concours dramatique.
A flanc de montagne, le théâtre avait de grandes propriétés acoustiques.


Un peu accablés par la chaleur, nous continuons de monter pour atteindre les vestiges du Temple d’Asclépios, Dieu de la médecine.



Comme à Epidaure, les malades suivaient un rituel précis : bain de purification, offrandes, repos et les malades « chanceux » étaient guéris par un songe du Dieu Asclépios. Peu à peu, les connaissances se développent en matière de cataplasmes, régimes alimentaires, traitements par les plantes et la médecine devaient de plus en plus scientifique et moins divinatoire.
Asclépios, fils d’Apollon, était Dieu de la Médecine Il était représenté par le serpent, le coq, et le bâton appelé caducée, aujourd’hui symbole de la médecine.
Il avait deux filles. La première Hygie, était déesse de la santé, de la propreté et de l’hygiène et a donné son nom à l’hygiène. Son symbole est le serpent (comme son père) entourant une coupe pour récolter le venin.
La coupe d’Hygie est aujourd’hui le symbole des pharmaciens.
La seconde fille d’Asclépios était Panacée, nom qui voulait dire « remède pout tout », déesse qui prodiguait aux hommes des remèdes à base de plantes. Elle a donné son nom à l’expression « ce n’est pas la Panacée ».
Il ne reste pas grand-chose du Temple d’Asclépios si bien que nous poursuivons notre chemin, toujours en montant mais par un chemin en pente douce.
L’étape suivante est l’odéon romain d’Hérode Atticus.
Hérode Atticus était un richissime homme politique Athénien qui a consacré une partie de sa fortune à l’édification de monuments dont cet odéon, en 161 après JC.
Il peut contenir jusqu’à 5.000 personnes. Très bien restauré, il accueille aujourd’hui le festival annuel d’Athènes ainsi que des concerts de stars internationales.




Enfin, nous arrivons à l’entrée de l’Acropole où l’Athéna Niké, perché sur un promontoire au-dessus de la Voie Sacrée, nous accueille.
Ce petit temple dédié à Athéna Victorieuse (Niké) symbolise la victoire des athéniens sur les Perses.
Ce temple de marbre blanc, comme d’ailleurs les autres temples, était peint de couleurs vives avec des motifs végétaux. Il est constitué de quatre colonnes sur les façades est et ouest et de frises représentant sur le côté est une assemblée des Dieux avec Athéna au centre et sur les autres côtés des scènes de combat.
Sur le parapet extérieur on retrouve une procession de « victoires », statues féminines ailées personnification de la Victoire.
A l’intérieur se trouvait une grande statue de la Victoire ailée : Niké
Et oui, Niké a inspiré le logo de la marque Nike, inspiré de la forme d’une aile de la victoire.
Très particulier, le temple d’Athéna Niké est en biais par rapport à l’entrée majestueuse des Propylées, ce qui attire le regard.






Les photos prises d’en bas à la fin de la visite permettent mieux de se représenter la disposition du temple, avec un peu plus de recul.


Devant nous, les célèbres Propylées, c’est-à-dire l’entrée de l’Acropole composée d’un portique à 5 portes avec la plus large au centre pour laisser passer les chars, avec de chaque côté des pavillons dissymétriques.
Bâtie en escaliers, la partie centrale s’ouvrait sur un large vestibule, qui donnait ensuite sur un autre portique à 5 portes comme le premier.




Une fois franchis les propylées, on débouche sur un large parvis où se trouvait du temps de Périclès une immense statue de 9 mètres représentant Athéna.
Aujourd’hui, c’est véritablement à la queue leu leu que l’on gravit les hautes marches de marbre blanc pour atteindre les Propylées.
La foule est dense à cet endroit qui forme un goulot, et les selfies de partout gênent la circulation. Le marbre est très glissant et le risque de bousculade et de chute nous rend très prudent. L’essentiel des photos des Propylées ont été prises en repartant, quand il y avait moins de monde, avec une lumière plus rasante et dorée.
Une fois sur l’esplanade, la foules se disperse un peu et il est de nouveau possible de circuler sans se croire dans les couloirs du métro !



Les temples ne sont pas placés sur un axe précis mais de manière à ce que le regard puisse embrasser l’ensemble des temples en quittant les propylées.
L’Acropole est une colline sacrée, rapprochant les humains des Dieux.
Le temple doit pouvoir être vu de toutes les parties de la ville mais également du port, pour que les navires de passage puissent constater la puissance d’Athènes.
Immédiatement, le regard est attiré par le phénoménal Parthénon, malheureusement en partie sous les échafaudages.



Il a fallu 9 ans pour construire le Parthénon.
Le temple fait 60,5 mètres de long sur 30,8 mètres de large.
20.000 tonnes de marbre… 46 colonnes… 160 mètres de frises … c’est colossal !
Le Parthénon est un temple destiné à conserver le trésor de la Cité, la statue (or et ivoire) d’Athéna de 15 mètres de haut, faite de feuilles d’or (pouvant donc être détachées en cas de potentielle crise financière). Ses caractéristiques architecturales s’expliquent par cette fonction de réserve de fonds publics. C’est en fait plus un gros coffre-fort qu’un temple à vocation religieuse.
Sur un socle à trois degrés, le temple est entouré d’une colonnade surmontée d’un toit triangulaire avec des tuiles en marbre. Les frontons représentent la naissance d’Athéna et la dispute entre Poséidon et Athéna.
En dessous, les sculptures de la Victoire. Enfin, derrière la colonnade se trouve la grande frise des Panathénées admirées au musée de l’Acropole. Pour mieux admirer le Parthénon, je pense qu’il est vraiment utile de visiter le Musée de l’Acropole AVANT de visiter l’Acropole elle-même.



La construction du Parthénon a demandé de grands talents d’ingénierie. Le temple repose sur une illusion d’optique. Compte tenu de sa taille, il a été nécessaire de mettre en place des colonnes légèrement incurvées vers l’intérieur sur un socle convexe pour que de loin les colonnes paraissent droites. Si elles étaient droites, le temple paraitrait courbé de loin ! De même, ses techniques de construction lui ont permis mystérieusement de résister aux séismes à travers le temps.
Le Parthénon est magnifique et impressionnant par ses proportions.
Pour autant, je n’ai pas trouvé autant de charme à ce temple, lui préférant le Thession de l’Agora, l’Athéna Niké et surtout l’Erechthéion.


L’Erechthéion est splendide.
Son nom vient de Erichthonios, le fils adoptif d’Athéna et Héphaïstos.
Le Parthénon vient du mot Parthénos qui veut dire « vierge » en grec puisque Athéna serait restée vierge.
Le Parthénon est donc le temple/ trésor d’Athéna Vierge et l’Erechthéion est un monument sacré dédié à des divinités portant le même nom que le fils adoptif d’Athéna.
Les rois légendaires Erechthée et Cécrops seraient enterrés en ce lieu.
C’est l’un des temples les plus importants de l’Acropole et aurait été construit à l’endroit où Athéna et Poséidon se seraient disputés, où Poséidon aurait planté son trident et où Athéna aurait fait pousser un olivier… toujours visible !

L’Erechthéion est composé de trois parties :
- la cella d’Athéna
- le temple de Poséidon Erechthée
- le portique des cariatides.
Le tout formant un ensemble asymétrique avec des niveaux différents.


Le principal atout de l’Erechthéion est bien sûr le célèbre portique des Cariatides dont nous avons pu admirer les originaux au musée de l’Acropole, sauf une volée par les anglais en 1802 et désormais exposée au British Museum.





Pour moi, le plus beau temple de l’Acropole !!
Quelques photos en noir et blanc pour finir :








Et nous redescendons par les Propylées et l’entrée principale.
Tout face, plus loin, la colline de Filopappou (colline des Muses) offre une très belle vue sur l’Acropole et la balade pour y aller au coucher du soleil est très réputée, comme celle du Mont Lycabette.

Nous avions prévu d’y aller pour le coucher du soleil mais la journée a été bien remplie et la vue que nous avons de notre rooftop nous suffit.
On zappe donc la colline des Muses mais je décide malgré tout de monter à l’aréopage, gros rocher en face de l’Acropole qui donna son nom au tout premier Conseil de la cité d’Athènes, à la fois organe politique et judiciaire.
L'aréopage vu d'en haut et au loin l'agora :



La vue est très belle également et il commence à y avoir du monde réuni pour le coucher du soleil.

Le rocher est glissant, et il y a pas mal de bout de verres, restes de bouteilles de bière abandonnées par les touristes. Pas évident d’y trouver un petit coin.
Je ne reste pas longtemps mais j’aperçois au loin un incendie dans les faubourgs de la ville.

Nous rentrons tranquillement.
Nous avons envisagé de ressortir le soir mais la chaleur et la fatigue de la journée ont eu raison de notre volonté. Ce sera apéro-rooftop et diner tranquille.
Demain, la journée sera consacrée à la partie plus contemporaine d’Athènes.
































