Jour 7 – Jeudi 15 septembre 2022
(post avec beaucoup (trop) de photos, vous êtes prévenu.e.s)
Au réveil ce matin, le ciel est assez chargé. Brume, averses et fraîcheur sont au rendez-vous. Je décide tout de même de me rendre à Cinque Torri ; n’ayant pas prévu de monter à pied, je me dis que même avec de la pluie, ce sera jouable. J’avais initialement prévu de monter jusqu’au refuge en
voiture (30 € pour emprunter la route, prévoir d’y arriver tôt, car il y a très peu de places pour se garer), néanmoins, n’ayant pas ma chienne avec moi, je peux prendre les remontées mécaniques. Je me dirige donc vers le grand parking et y arrive bien à l’avance (les remontées n’ouvrent qu’à 9h). Certain.e.s courageux.ses montent à pied ; cela fait un sacré dénivelé pour un sentier qui n’a pas l’air génial, il serpente juste sous les remontées. Je n’aurais personnellement pas eu le courage de monter à pied cette fois-ci.
Je m’acquitte du billet A/R pour 20€, je suis juste derrière un couple parlant français. Je les recroiserai plusieurs fois en haut. J’arrive au sommet juste avant 9h30. Le gros point positif de la météo incertaine, c’est qu’il n’y a pas trop de monde sur place, ce qui est super agréable. En plus, en déambulant dans les tranchées, j’ai par moments l’impression d’être seule sur les lieux. Heureusement d’ailleurs qu’il y a pas mal de blocs rocheux qui protègent du vent, car il fait sacrément frais ce matin.
Je pars vers la gauche au départ des remontées, il y a plus de monde vers la droite.
Le lieu est vraiment très bien conservé, avec des panneaux explicatifs assez régulièrement. Les tranchées sont d’époque, par contre les structures en bois ont été reconstituées, car les originales avaient complètement pourri.
Le temps menaçant donne une ambiance incroyable au lieu. Lorsque je regarde derrière moi à un moment donné, je vois un immense nuage de brume bien noir avancer droit sur moi, c’est grisant. Il fait presque nuit pendant quelques minutes, avant que le vent ne l’emporte un peu plus loin.
La vigilance reste quand même de mise, à un moment un bloc s'est détaché du muret et m'est tombé sur la cheville et le pied. Heureusement que j'avais mes chaussures de randonnées, car je l'ai senti passé
Je continue ma progression et arrive au plus près des 5 tours, dont certaines sont le terrain de jeu d’escalade. Un interstice dans la roche permet de passer de l’autre côté. Le panorama change un peu, j’ai même droit à un peu de ciel bleu pendant quelques minutes. La différence de température est rapide, je passe de sweat-shirt + kway à T-shirt, et inversement quelques minutes plus tard.
Je termine le tour en passant en hauteur du refuge d’où je serais arrivée si j’étais montée en
voiture. Je retrouve le couple français et échange avec eux pendant quelques minutes. Ils sont venus en van, ça doit être sympa aussi !
J’avais noté en option de continuer vers les refuges Averau et Nuvolau, mais la météo peu encourageante ne me donne pas très envie. D’autant plus que je suis assez fatiguée et que j’ai encore prévu une randonnée pour l’après-midi. Je décide donc de reprendre les remontées mécaniques (qui du coup, sont des redescentes mécaniques ?

) et de regagner la
voiture pour découvrir un autre lieu.
En prenant mon temps, le tour des Cinque Torri m’aura pris environ 2 heures (sans compter les trajets A/R).
Une vingtaine de minutes plus tard, je me gare en bord de route sur le parking de départ pour la randonnée au Lago Federa. Entre la saison et la météo, j’ai de la chance, je trouve facilement de la place. J’emporte des crackers à grignoter pour la montée ; dans mes notes, j’avais indiqué 1h30 à 2h de marche, sans autre indication. Je démarre donc la marche en étant pleine d’entrain. Le début du sentier est sympa, à travers la forêt et non loin de la rivière. Petite pente douce, soleil qui pointe le bout de son nez, le top !
La pente se fait un peu plus raide, rien de trop méchant, et je me dis encore à ce moment-là que ça va, ce n’est pas très long. Bon, je vous épargne le suspens, mais je me suis foirée dans mes notes. L’estimation de temps était pour l’aller simple, pas pour l’A/R. Je suis en réalité sur 8,4km de marche pour 400m de dénivelé. Le plus dur se situe vraiment sur le 2ème tiers du trajet, où la montée est franchement raide, avec des lacets sur des petits cailloux, et aucune idée d’où est le sommet. J’ai franchement failli faire demi-tour, tout ce que je me répétais était ‘’t’as fait la remontée du
Grand Canyon avec un sac bien plus lourd que ça, donc tais toi et marche’’. C’est ce que j’ai fait, et heureusement, la dernière partie de la randonnée redevient plate et franchement super agréable. J’accélère même le pas, voyant les nuages au loin.
J’arrive au lac après 1h15 de marche (un plutôt bon timing au final !). L’effort est carrément récompensé : peu de monde, le lac est très photogénique, et la météo splendide (pour les photos, pas niveau ensoleillement).
J’ai quand même la chance de quelques éclaircies pendant que je fais le tour du lac, jusqu’à ce que j’arrive au refuge sur la rive opposée. Il y a même un sauna, ça doit être génial d’en profiter en milieu de ce panorama !
La plupart des randonneurs font une pause apéro/goûter, d’autant plus qu’il commence à pleuvoir. Je choisis une autre option, celle de tracer ma route pour regagner la
voiture au plus vite.
Je continue quand même de m’arrêter pour prendre des photos. D’ailleurs, ces photos me feront bien rire, car le ciel y est bleu, ensoleillé… Alors qu’au-dessus de ma tête, l’averse est telle que je sors la protection pour mon sac à dos, craignant qu’il ne prenne l’eau.
Vue sur la visite de ce matin.
Je descends en même temps qu’un couple avec leur chien, on se dépassera plusieurs fois avec nos arrêts respectifs. Ils motivent leur chien en lui lançant un bâton. Quelle énergie ! Je jouerai avec lui pendant quelques secondes pendant une pause, ça rebooste ! Seul problème pour moi : mon genou droit me lance terriblement. J’ai l’habitude d’avoir mal durant les descentes, mais là, cela me tire jusque dans les orteils et j’ai les larmes qui perlent au coin des yeux. Je n’ai pas trop le choix de toute façon, il faut que j’avance, mais j’espère que c’est juste un petit nerf qui s’est coincé et que ça sera rétabli après une nuit de repos…
Je retrouve la
voiture vers 15h30, soit après 3 heures de randonnée environ. Plutôt bon timing vu mon énergie et la difficulté (relative, mais surtout non anticipée).
Trouvant qu’il est encore un peu tôt pour prendre le chemin du retour, et n’étant qu’à quelques minutes du Passo Giau, je décide d’y faire un crochet. Très bonne pioche, car les paysages y sont sublimes. Un de mes cols préféré pour sûr !
Je grimperai un peu à l’arrière de la chapelle pour prendre de la hauteur, c’est magnifique. Un orage approche, l’ambiance est électrique, pesante, les rafales de vent se lèvent, on se croirait à l’aube de l’apocalypse.
Parfois, des rayons lumineux transpercent le ciel (sur la photo, ceci est amplifié par le flare, mais on pouvait quand même les voir en vrai aussi).
J’entends un des photographes présents au sommet dire en anglais que la tempête s’approche très rapidement. Je prends cela comme le signal du départ et entame la descente. J’ai bien fait, car même pas 2 minutes après être arrivée sur le parking, je me suis pris une immense averse qui m’aurait trempée en quelques secondes. Ouf, je suis restée sèche !
Journée qui s’achève en beauté, je prends cette fois-ci définitivement le chemin du retour. Comme d’habitude, soirée douche (franchement tiède, l’eau ne chauffera vraiment qu’une seule fois du séjour), apéro, lecture, dodo.