J6 : 17 Février – La Laguna, Santa Cruz de Tenerife
Ce matin, départ de notre bel appartement de La Finca La Punta en direction de l’est de l’île.
Nous avions décidé de scinder le voyage en deux parties afin de limiter les trajets, et surtout pour avoir un logement proche nous permettant de profiter du grand défilé du Carnaval de Santé Cruz ce vendredi soir.
Nous avons pu réserver plusieurs mois à l’avance et bénéficier ainsi de tarifs très intéressants au Grand
hôtel de la Laguna. A l’approche du Carnaval, la demande était devenue forte et les prix avaient bien augmenté.
C’est donc en direction de La Laguna, une des principales villes coloniales de Tenerife, que nous prenons la route après avoir fait les bagages, rangé l’appartement, nourri les chats et dit au revoir à Edith, notre charmante propriétaire.
La Laguna se situe à 45 minutes seulement de la Finca et nous nous garons directement dans le parking souterrain de l’
hôtel, qui fait également office de parking ouvert au public. Nous n’allons plus bouger la
voiture pendant 24 heures (et nous paierons même pas le parking annoncé 9 € par jour pour les clients, y compris les heures de parking avant le check in !)
Le nom historique de La Laguna est San Cristobal de La Laguna. La ville a été fondée en 1496 et a été le centre économique et politique de l’île pendant plusieurs siècles. Au début du XVIIIème siècle, le Pape Clément XI y a fondé une université et la ville est devenue un évêché au début du XIXème siècle. Cependant, Santa Cruz, ville qui était sous sa domination, va devenir de plus en plus puissante et influente, jusqu’à devenir capitale de l’ile (et des Canaries) en 1822.
La Laguna conserve des airs sud-américains, ce qui n’est pas étonnant car sa construction a servi de modèle architectural à La Havane et à Carthagène des Indes en Colombie.
L’
hôtel est super bien situé, au début de la zone historique, pas loin du marché couvert, et très proche de la sortie de la ville en direction de l’Anaga où nous irons demain.
En cette matinée, les rues sont encore assez vides et le temps est encore un peu pluvieux. Décidément, les villes coloniales nous portent un peu la poisse côté météo.
Dans la grande rue San Agustin, les façades sont un peu difficiles à photographier car des décorations lumineuses sont installées, sans doute pour le carnaval de La Laguna.
le casino :
le monastère avec sa galerie :
Nous passons à l’office de tourisme prendre quelques infos. L’office de tourisme est situé dans la Casa Alvarado-Bracamonte, une belle maison du XVIIème siècle avec un magnifique patio de style canarien avec une belle galerie supportée par des colonnes de pierre et de bois.
L’office du tourisme nous précise que la plupart des musées sont gratuits le vendredi après 17h. Dommage pour nous, nous irons le matin car nous avons des projets pour ce soir. Après avoir recueilli quelques infos, nous décidons de commencer par la visite du marché.
La grande rue qui mène au marché a effectivement des airs d’Amérique du Sud !
ou d'Irlande
Nous arrivons sur une grande place où se trouve le marché couvert très réputé de La Laguna et une grande église, le sanctuaire du Saint Christ de La Laguna, qui n’est pas cité sur mon guide mais nous a été conseillé par l’office de tourisme.
Je m’aperçois que nous n’avons pas pris de photos du marché, pourtant bien sympathique. Mon mari décide d’acheter un filet de pommes de terre canariennes à ramener en France : et hop, un kilo de plus pour les bagages…
Nous nous rendons ensuite au sanctuaire avec son immense Christ en argent.
Nous reprenons la même rue pour retourner vers la rue San Agustin (le centre historique est regroupé autour de trois rues parallèles où s’alignent des demeures seigneuriales jusqu’à l’Eglise de la Concepcíon.
Notre première visite sera la Casa Lercaro qui abrite désormais le musée d’histoire et d’anthropologie.
La casa Lercaro est un des plus grands palais de la ville, construit au XVIème siècle et passé ensuite aux Lercaro, une riche famille génoise établie en 1550 aux Canaries et dont l’un des membres fût même gouverneur de Tenerife.
L’entrée du musée n’est que de 5 € et permet de télécharger un audio-guide en français très détaillé et intéressant. Le musée permet de découvrir l’histoire de Tenerife, la colonisation, les expéditions maritimes, le développement artisanal, industriel et commercial…
Le musée possède une belle collection de cartes terrestres et maritimes du XVIème au XIXème siècle, du mobilier d’époque et une immense crèche de grande valeur de la famille Lercaro. Enfin, au bout du patio, un bâtiment abrite de belles calèches.
Nous sommes pratiquement seuls dans le musée et nous prenons tout notre temps. C’est vraiment intéressant.
Lorsque nous ressortons, nous poursuivons la visite dans le centre historique en passant devant la cathédrale de La Laguna, que nous ne visitons pas.
Les maisons sont belles !
Même le Starbucks a du style !
Par contre, les restaurants mentionnés sur le guide ont l’air d’être tous fermés.
Il ne parait y avoir que peu de commerces dans le centre historique et l’offre de restauration nous parait limitée (en dehors de bars et sandwicheries). C’est bizarre, dans la mesure où il s’agit d’une des plus grandes villes de l’île, je m’attendais à une plus grande offre de restauration pour les touristes. Ce n’est pourtant pas la basse saison. J’imagine que d’autres restaurants doivent se trouver un peu plus loin en ville.
Nous finissons par trouver une vinoteca près de l’Eglise de la Concepcíon où nous dégustons des plats canariens avec un bon verre de vin.
Lorsque nous ressortons, le ciel s’est un peu éclairci et nous avons même le droit à un peu de soleil.
Nous hésitons à visiter un autre Palais mais nous nous arrêtons faire un peu de shopping puis nous décidons d’aller à l’
hôtel faire le check in et se reposer un peu avant la longue soirée qui nous attend.
Le Laguna Grand
hôtel est un magnifique
hôtel 4 étoiles, qui doit être encore plus appréciable l'été avec sa piscine sur le toit terrasse, fermée en février, salle de gym, boutiques, restaurants et bar.
On adore le côté rétro du grand hall. Les chambres sont par contre modernes;
Nous récupérons les bagages dans la
voiture au sous-sol de l’
hôtel et montons à notre chambre, assez grande, avec une immense salle de bains avec plein de produits de soins bio français et un lit avec le matelas le plus épais que je n’ai jamais vu.
On se pose un peu. J’avais réservé vers 17h la visite de la Maison du Carnaval à Santa Cruz (visite gratuite mais réservation nécessaire en temps de carnaval) mais mon mari fait la sieste et il était évident en sortant du restaurant que même en se dépêchant, nous ne pourrions jamais y être. Nous avons donc renoncé.
Je pense qu’il doit être près de 17h00 lorsque nous quittons notre
hôtel en direction de Santa Cruz.
Nous avions exclu, avant le départ, de nous rendre à Santa Cruz en
voiture en plein Carnaval, et c’est la raison pour laquelle nous avions pris un
hôtel à La Laguna : la ville est reliée au centre de Santa Cruz par bus ou tramway en 45 minutes environ, parfois moins à certaines heures par bus. Très pratique !
Le terminal des tramways et bus se situent à environ 15 minutes à pied de l’
hôtel. Il s’agit d’une sorte d’immense gare routière plutôt bien organisée. Des panneaux géants annoncent les destinations et horaires et le numéro de quai du bus concerné. Nous optons pour le bus qui parait plus simple. J’avais téléchargé l’application mais je n’arrive toujours pas à m’en servir donc comme à Masca, on règle par carte en sans contact en montant dans le bus, c’est super simple.
Le bus nous dépose pas très loin de l’auditorium de Tenerife, imitation en modèle réduit de l’opéra de Sydney.
Un peu plus loin, une immense fête foraine est installée sur les quais.
Une bonne vingtaine de minutes à pied plus tard, nous arrivons vers le vieux centre de Santa Cruz qui semble très joli mais que nous n’aurons pas le temps de visiter malheureusement, il aurait fallu zapper la sieste !
Nous croisons des groupes d’enfants déguisés qui semblent se rendre vers le point de départ de la parade. Nous nous approchons d’un groupe de clowns et nous demandons des renseignements car sur le site même du carnaval, je n’ai trouvé aucune information sur le parcours du défilé !
Un des clowns me montre sur une carte le parcours et nous indique un point qui serait selon lui optimal pour observer le défilé.
Mon mari aurait bien aimé que l’on s’arrête diner avant en terrasse mais il est tôt pour le repas et j’ai peur que nous ayons ensuite des difficultés à trouver une place convenable pour le défilé.
On remonte vers l’embranchement indiqué et effectivement, il n’y a là aucune terrasse pour manger. Des chaises sont alignées sur les trottoirs et des familles sont déjà installées : le départ du défilé est dans 1h30 et nous sommes à mi -chemin du parcours.
Nous prenons place à l’angle d’une rue, sous un auvent, car le ciel est fort gris et des averses sont annoncées dans la soirée.
S’en suit une longue attente. Je pars acheter des sandwiches. Mon mari râle en disant que cela ne sert à rien, que nous irons manger après mais je n’y crois pas un seul instant : le défilé dure longtemps et les restos du centre seront blindés quand le foule s’y dirigera en fin de soirée. Sans compter qu’il faudra peut-être attendre pour avoir un bus de retour. Spoiler : j’avais raison, on sera bien contents d’avoir des sandwiches et des boissons.
Si la parade doit arriver par la rue d’en face et tourner au carrefour juste devant nous, quelques chars sont en attente juste à notre gauche. C’est un très bon emplacement.
La foule s’intensifie, des familles essaient de circuler avec des poussettes sur les trottoirs maintenant noirs de monde. Cela pousse un peu derrière mais globalement les gens sont patients et respectueux : en France, je suis sûre que des groupes se seraient agglutinés devant nous sans considération pour le fait que nous serions arrivés bien en avance. A côté de nous il y a une famille de français… que nous retrouverons à l’embarquement dimanche matin de notre
avion de retour !
Je pense que nous avons attendu près de deux heures avant l’arrivée des premiers chars et danseurs !
Mais cela en valait la peine.
Le Carnaval de Tenerife est le 2ème plus grand au monde après celui de Rio.
Il attire énormément de monde et des groupes s’y préparent pendant une année entière.
Les célébrations se déroulent sur un mois entier. L’inauguration du Carnaval débute fin janvier (le 20 cette année) et après quelques manifestations, débute réellement avec l’élection de la Reine du Carnaval la semaine avant notre arrivée. Les jours précédents ont eu lieu le gala de la reine et la Zarzuela et la semaine suivant l’enterrement de la sardine, qui sont des moments clés du carnaval.
Nous avons la chance d’être présents le jour de la Cabalgata Anunciadora qui est une grande parade, à partir de 20h, suivie de démonstrations de danses à partir de 22h30.
Le thème de cette année est apparemment
New York.
Si l’on retrouve des costumes à paillettes très traditionnels du carnaval, certains groupes, et surtout les groupes d’enfants, sont déguisés sur des thèmes en lien avec les USA en général, et
New York en particulier : Cheerleaders, taxis jaunes, buildings et statues de la Liberté.
On retrouve également des personnages de films et de dessins animés : Coco,Ghostbusters, Star Wars et autres …
Les chars sont tous plus magnifiques les uns que les autres. Les photos prises sur le téléphone ne leur rendent pas justice.
Les reine et dauphines défilent sur les chars, sourire radieux figé et menton levé. Cela doit être fatigant pendant des heures.
C’est très plaisant, les danses sont belles mais je trouve que cela manque un tout petit peu d’ambiance : tout le monde filme avec son téléphone et du coup les spectateurs n’ont pas les mains libres pour applaudir, dommage pour les danseurs.
C'est dommage, je n'arrivepas à mettre en ligne mes vidéos.
Nous avons de la chance car il ne tombe que quelques gouttes.
Nous décidons de repartir un peu avant la fin du défilé afin d’éviter d’être pris dans le mouvement de foule. Nous ne voulons pas partir trop tard sachant que nous avons plus de 20 minutes de marche pour aller à la gare routière, une grosse demi-heure de bus ensuite, puis une quinzaine de minutes pour l’
hôtel.
Arrivée à la gare routière, on patauge un peu. Le quai annoncé ne semble pas correspondre. On nous explique que l’on vient de passer en horaires de nuit et que le bus part d’un autre endroit (la gare routière est sur trois niveaux !)
Bref, on court, on se trompe, on fait demi-tour et on finit par enfin trouver la bonne voie de départ.
Il est environ 23h30 quand nous rejoignons l’
hôtel bien fatigués mais ravis de cette soirée exceptionnelle.
Demain, dernière journée à Tenerife. Que cela passe vite !