CHAPITRE 1 : rantanplan, rantanplan, roulement de tambour,… nous voilà à la veille du départ !
La notion de temps est quelque chose qui dépasse tout entendement. Une minute de plaisir file comme l’éclair, une minute de douleur dure à n’en plus finir. Einstein a bossé dessus et je ne vais pas essayer de me mesurer à lui mais quoiqu’il en soit, entre le moment où on se dit : « waow, j’ai cinq mois pour tout préparer, ça va le faire les doigts dans le nez » et le moment où, pratiquement rien n’est prêt mais qu’on part le lendemain, il s’est passé quoi ? Dix minutes ? Cinq ? En tout cas, ça a volé et bien entendu rien n’est prêt. Sinon ça serait moins drôle.
Me voici donc le matin du jeudi 28 août en route vers le boulot pour la dernière demi-journée de travail avant le départ. Demi-journée théorique car elle se termine finalement à 15h. Exceptionnellement, et je me demande encore comment j’ai fait

, les lessives sont faites, le linge est sec et plié/repassé.
Côté bagage : nous partirons chacun avec un bagage à main et prendrons un grand sac commun pour les chaussures de marche, les produits de plus de 100ml, les couvertures et d’autres babioles non indispensables.
De retour au bercail je m’occupe en premier lieu du check in puisqu’on est maintenant à 24h du départ. Devant mon PC, je tente une fois, deux fois, trois fois de le faire et ça bugue à chaque fois. J’abandonne le PC et passe à l’application Delta sur le téléphone et là, le check-in est possible mais uniquement pour trois d’entre nous, Rafael n’apparaissant pas dans la liste des passagers.
Et là, ça fait TILT ! « Tu vas voir qu’il aura un SSSS ». J’abandonne l’idée de faire le check in, on le fera demain matin à l’aéroport.
Je passe à la préparation de mon bagage et termine presque la préparation du sac. Puis, en attendant le retour d’Antonio, qui s’est coltiné une réunion de 16h à 17h, je refais et copie les différents itinéraires du voyage sur google map et peaufine les activités des deux premiers jours.
J’avais, il y quelques mois, au moment où le temps semblait infini, fait imprimer par mon cher et tendre toutes les infos précieusement récoltées sur le site et m’étais retrouvée avec un classeur de 10 cm d’épaisseur.
Il m’avait suivi cet été pour préparer le voyage et, à part SLC et
Yellowstone, rien n'avait été décortiqué et planifié.
Emporter tout ça serait de la folie et j’ai la bonne idée (je me le dis moi-même car ça m’encourage

) de transférer tous les pdf sur mon téléphone. Cela a eu un merveilleux effet anxiolytique! Moi qui ne dormais plus car rien n’était prêt, je savais maintenant que j’aurai tout dans la poche et que je pourrai prévoir les choses au jour le jour.
L’homme rentre enfin du taf et boucle son bagage en dix minutes. Cela a l’art de me décourager car sa valise est toujours nickel du premier coup. Pour ma part, elle est faite, défaite, modifiée, re-défaite, re-modifiée jusqu’à la dernière minute.
Rafael rentre en début de soirée et fait son bagage à la même allure que son père à la différence que c’est un peu moins nickel et que ce qui dépasse se retrouve dans mes bras pour aller dans le grand sac commun.
Les bagages réglés, on s’attaque aux appareils photos. Antonio a le sien, dont l’objectif fait parfois des siennes et moi, je suis toute fière de mon tout nouveau Fuji acheté cinq jours plus tôt. Tout est préparé sur le bureau et prêt à être emballé : les appareils, les batteries, les chargeurs, les jumelles,…
En bavardant avec Antonio, je pense à prendre le manuel du nouvel appareil et machinalement je chipote et met la seconde batterie de mon appareil ainsi que le câble pour connecter le chargeur à la prise de la
voiture dans une boite….. où ils sont encore aujourd’hui !
Heureusement nous nous en sommes très bien sortis avec une seule batterie qui a tenu tous les jours jusqu’en fin de journée.
Tout est paré et on a même droit à un morceau de soirée peinard devant la télévision, ce qui est un exploit car généralement les veilles de départ, mes préparatifs me conduisent souvent au début de la nuit.
CHAPITRE 2 : vendredi 29 août - le départ et l’arrivée aux USA.
Comme un jour ordinaire, le réveil sonne à 6h. Jusque-là, rien de bien excitant. On zappe le café, on se prépare et, à 6h30, le taxi est devant la porte. Comme d’habitude, je suis la dernière à quitter la maison car il est hors de question de partir sans un dernier tour d’horizon (la voisine va venir tous les jours) et surtout il est ab-so-lu-ment hors de question de partir sans embrasser le chat.
Le taxi démarre et nous prenons le chemin de l’aéroport national de Bruxelles. Comme l’école a repris depuis 5 cinq jours, on s’attend à un trafic plus ou moins habituel et donc dense. Pour être tranquille il faut monter sur le ring (périph) de Bruxelles avant 7h si on veut éviter les embouteillages. Nous l’atteignons en cinq minutes et la circulation est déjà dense mais fluide.
De la maison à Zaventem, il faut compter un petit trois quart d’heure et nous arrivons donc à l’aéroport à 7h15. Nous y retrouvons Lucie arrivée depuis Bruxelles.
Comme nous sommes bien à l’avance, il n’y a personne au comptoir d’enregistrement. L’hôtesse vérifie les passeports, imprime les cartes d’embarquement et réceptionne le sac. L’air de pas y toucher elle me demande si on parle anglais. On se débrouille couci-couça et machinalement sans poser de question je réponds dans l’affirmative. Elle me parle vaguement de siège près des portes pour le second vol mais je n’écoute qu’à moitié et je zappe illico. J’ai pris des sièges normaux donc ça ne me parle pas vraiment.
Avant de quitter l’aire des comptoirs on a droit au petit contrôle US. Deux hôtesses nous interrogent. Il y a l’hôtesse en titre et, avec elle, une jeune apprentie. Nous avons droit à un interrogatoire trilingue. On démarre en anglais, puis on enchaîne avec le français et, pour permettre à l’apprentie de s’entraîner, on termine (enfin, Antonio et les enfants) en néerlandais.
Comme il n’y a personne, elles en profitent et tout y passe, le but du voyage, quantième fois aux USA, si on a fait notre
ESTA (et vas-y que je te le montre), jusqu’à savoir si on a vu la série
Yellowstone et si ça ne nous a pas spoilé notre voyage. « Ben non madame, ça se passe au Montana et ça n’a rien à voir ». Bref, les deux nanas sont satisfaites de nos réponses et nous laissent enfin filer.
Je peux enfin distribuer les cartes d’embarquement et effectivement Rafael a bien un SSSS.
Il est encore fort tôt et passons à notre aise le contrôle de sécurité. Nous prenons la direction des vols hors Europe, traversons le Free Shop sans vraiment nous attarder et venons nous installer à une des buvettes pour profiter d’un bon petit-déjeuner. On papote, on papote et mine de rien, il est déjà 9h15. On reprend notre chemin vers la porte B6 où l’embarquement, prévu à 9h35, va débuter d’un instant à l’autre. Nous sommes en zone cinq et avons donc tout le temps.

Boeing 767-300
Nous prenons place dans les fauteuils et profitons du temps qui reste pour aller visiter les toilettes à tour de rôle. Durant mon absence, l’hôtesse appelle certains passagers dont Monsieur P***.
Antonio se présente mais se fait refouler car on n’attend pas Mr Antonio P*** mais Mr Rafael P***. Rafael a donc bien droit à un contrôle renforcé où il doit vider son sac à dos et enlever ses chaussures. Décidément il y est abonné car lors du voyage en
Floride en 2022 il y avait eu droit, mais cette fois-là, Antonio y était passé aussi.
9h30, l’embarquement débute. Il se fait dans l’ordre et le calme et nous pouvons enfin nous installer à nos places en rangées 42 et 43.
Le temps est clair et en survolant Bruxelles nous apercevons l’Atomium et les palais du Heysel.
A peine l’
avion est-il en vitesse de croisière que Lucie se penche vers moi : « dis, tu as bien demandé un repas végé pour moi ? ». Evidemment que non, j’ai bien entendu zappé.
Elle interpelle l’hôtesse qui distribue les écouteurs pour le lui demander. Pas de problème pour ce vol mais elle lui conseille à l’avenir de ne pas oublier de le préciser. Aujourd’hui le traditionnel « pasta » est aux légumes et Lucie se voit affligée d’un auto-collant où est écrit pasta, sur le sommet de son appui-tête. Je note de ne pas oublier de faire la dmeande pour le vol retour.
Au moment du repas elle est servie en premier puis nous avons droit à l’habituel « chicken or pasta ». Rafael part sur le chicken, pour Antonio et moi, ce sera pasta.
J’avoue que la lasagne fromage, tomate, épinard était particulièrement bonne pour un repas de classe économique.
Fut un temps où je photographiais nos repas mais pour le compte, l’âge aidant sans doute, j’en ai perdu l’habitude. Il vous faudra donc imaginer nos repas.
Le voyage se passe sans le moindre souci et c’est bien à l’heure que nous atterrissons à Atlanta à 14h30, heure locale.
On débarque et j’ai peine à rattraper mes trois loustics qui se précipitent vers l’immigration. Je les rejoins enfin et leur intime de s’arrêter pour prendre leurs selfies pour le
MPC. Je leur avais bien expliqué tout ça avant le départ mais à voir leur air ahuri ils n’avaient rien percuté.
C’est pas bien grave. Ils font docilement leur photo et j’envoie le tout sur l’application. Là, ça va à la vitesse de l’éclair. Jamais nous n’avons passé l’immigration aussi vite !
La file qu’on nous impose pour le
MPC est carrément vide ! On n’a pas le temps d’arriver que l’agent nous fait signe d'avancer. Je me présente la première. J’aurais mieux fait de laisser passer les autres d’abord !
Ma compréhension de l’anglais à l’oral est très bonne quand il y a des sous-titres mais en real life avec le stress de la douane, j’ai franchement pédalé dans la semoule.
Les premières questions (destination finale, durée du séjour, motif), ça va, j’ai géré.
Par contre quand il a été question de poser mes empreintes digitales sur le lecteur, ce fut épique. Tout à coup, l’agent s’est mis a parlé une langue incompréhensible et moi, je me suis retrouvée là, comme une extra-terrestre à me demander ce qu’il me voulait. Il me désigne le lecteur. A tout hasard, j’y pose le bout de mes cinq doigts collés ensemble en un point.
« Flat, maman » me crie ma fille, « Flat ! » Mes enfants se fichent de moi, l’agent contient un sourire et moi, je blanchi à vue d’œil. Comme grand moment de solitude, j’ai connu mieux….
Bref, je comprends (je pense) enfin ce qu’on me veut et pose mes cinq doigts à plats. Ca déborde de partout, l’agent rit pour de bon, mon mari fait semblant de ne pas me connaître et mes enfants se demandent ce qu’ils vont bien pouvoir faire de moi.
Après une énième explication, je pose mes 4 doigts sur le lecteur et, dans un second temps, le pouce. Je tente de sauver la face en riant aussi mais je n’en mène pas large.
Les trois autres passent en deux minutes, c’est à peine si l’agent a regardé leurs passeports !
Nous récupérons nos valises, les ré-enregistrons et allons profiter des 3 heures d’attente pour le vol suivant.
Nous prenons place dans une taverne et commandons, Lucie et moi, notre premier Ice tea des vacances. Nous accusons un peu le coup de la fatigue. Ca fait quand même 16h qu’on est réveillé.
Avant de partir j’avais envisagé de prendre un forfait internet mais ayant constaté que dans les parcs le wifi était pratiquement omni-absent, j’y avais renoncé.
Nous en arrivons à en discuter et Rafael vante à son père l’application Saily. Antonio est rapidement convaincu. Il installe l’application puis une e-sim et décide de prendre un forfait Etats-Unis Gigas illimités pour 20jours (59,99$). Il connait ses gamins et s’attend à devoir partager en continu sa connexion avec eux.
Suivant l’adage que le temps passe vite quand on s’amuse, on s’aperçoit qu’il est déjà cinq heures passées. Heureusement la porte d’embarquement n’est pas très loin et à 5h20 nous arrivons pile pour le début de l’embarquement.
Pour aller d’Atlanta à
Salt Lake City, nous embarquons dans un Airbus A321.
En nous installant à nos places, nous sommes de part et d’autre de l’allée centrale, sur les sièges central et couloir, nous constatons effectivement que nous sommes juste à côté d’une porte de secours. Dont nous avons les inconvénients en cas d’accident et pas les avantages car la rangée qui dispose de plus de place pour les jambes est juste devant nous. Il en est de même pour les passagers en siège hublot.
Naïvement, encore une fois, je pense ne pas être concernée et ne prête, comme les trois autres, aucune attention à ce que dit le steward qui est venu se placer devant la rangée devant nous.
Rafael est le premier qui tombe des nues quand, après avoir interrogé les passagers autour de nous, le steward le regarde en attente de sa réponse.
Instinctivement il lui répond qu’il n’a pas compris, et tous les trois, nous le suivons répétant un « I dont understand » des plus mielleux. J’entends alors le steward dire à sa collègue qu’il a quatre personnes qui....... Et là, ça fait tilt et ça va très vite ! Nom d’un pétard, on va nous changer de place, l’
avion va partir en retard, etc, etc….
J’interpelle le steward, lui demande de répéter, et répond affirmativement à ses questions de savoir si je suis consciente d’être près d’une issue de secours et de pouvoir aider en cas de nécessité. Comme quoi, quand je veux, je comprends.
Lucie et Antonio qui ont aussi enfin écouté le steward, répondent également mais Rafael, à moitié endormi, se tourne vers sa sœur avec un regard hagard. « Il te demande si t’as compris, tu dis qu’t’as compris et puis c’est tout ! » A peine secoué, il se tourne vers le steward et lui envoie un « Yes » avec son plus beau sourire.
Tout le monde est content, personne ne bouge et on peut partir tranquille.
J’aurais pu appeler ça les aventures de la famille Groseille mais nos maladresses s’arrêteront-là.
Nous arrivons, ô merveille, avec un peu d’avance à
Salt Lake City. On récupère notre sac en deux temps trois mouvements et on se prépare psychologiquement à aller récupérer la
voiture, forts de nos expériences passées où la négociation avait été âpre et dure.
Ah oui, j’y pense, je ne vous ai pas détaillé la location de la
voiture dans nos préparatifs. En fait, ce fût rapide, nous nous en étions occupé mi-juillet et avions réservé, chez
Alamo, un SUV AWD standard. Juste que le site
Alamo.be c’est… comment dire, …trèèèèès archaïque comme site. En gros, on peut choisir la
voiture et ça s'arrête là. Pas de possibilité de payement, pas de possibilité d'enregistrement en ligne et impossible de retrouver la moindre réservation. Rien à voir avec
Alamo.fr par exemple. Nous étions donc un peu inquiets mais , finalement, tout s’est très bien passé.
Nous arrivons aux comptoirs des loueurs de
voiture et somme impressionnés par la file chez AVIS. Elle n'en finit pas et cache le reste des autres files.
Chez
Alamo, dont le desk se trouve un peu plus loin la fille comporte à vue de nez, 6 familles mais comme il y a quatre comptoirs d’ouverts ça va très vite. En effet, après une attente de moins de 15 minutes, nous sommes reçue par une charmante hôtesse tout sourire. Elle a quelques difficultés à relier notre bon commande avec son site et doit tout ré-encoder mais elle nous rassure, notre réservation a bien été prise en compte. Ca prend pas mal de temps et les enfants, qui nous attendent sur un banc, n’en peuvent plus.
Tout rentre dans l’ordre, elle nous rassure que nous aurons un SUV AWD mais, vu le type de véhicule, il n’y aura pas de
GPS intégré. Elle nous explique que notre
voiture est une
voiture bas de gamme et que si on veut un
GPS intégré il faut une
voiture de gamme supérieure. On est même prêt à monter de gamme mais il n’ont plus aucune
voiture de disponible. Antonio boude un peu car selon lui, un
GPS intégré, c’est indispensable et il bougonne que la prochaine on prendra une
voiture plus haut de gamme et gnagnagna et gnagnagna.
Je le laisse râler, on récupère les kids, qui sont au bout de leur vie, et nous descendons au garage.
La réception de la
voiture est un rien chaotique et c’est vraiment le seul mini couac du voyage, c’est dire si notre voyage s’est bien passé !
La « garagiste » nous propose une première
voiture. Antonio ré-itère sa demande de
GPS et on lui propose d’abord un tom-tom puis, il lui est expliqué qu’il n’a qu’à connecter son téléphone et d’utiliser plan ou google map. Facile, non ?
Il s’installe au volant, elle lui explique 2-3 petites choses et le laisse régler le car drive.
Pendant ce temps j’ai fait le tour de la
voiture et j’interpelle la « garagiste » en lui demandant si la
voiture est bien une quatre roues motrices, ce qu’elle infirme. Après lui avoir rappelé qu’on a spécifiquement réservé une 4 roues motrices, elle me propose une autre
voiture de la même catégorie, garée juste à côté, cette fois répondant à tous nos critères. Tout est bien qui finit bien si ce n’est Antonio qui râle encore un peu car il doit recommencer les démarches de reconnaissance de son téléphone.
On embarque et nous prenons la direction du centre-ville. En à peine le temps qu’il faut pour le dire, Antonio retrouve ses marques et se réhabitue au trafic et aux signalisations américaines. C'est parti mon kiki!
L’aéroport est très proche de la ville et il ne nous faut que dix minutes pour atteindre notre premier logement, le Hyatt Regency, où nous arrivons à 22h.
Le check-in fait, nous montons directement dans la chambre
pour nous effondrer dans nos lits.