30/09 : J7 - Coyote Gulch
Les jambes sont un peu lourdes au réveil ce matin, mais rien d'anormal. Maintenant qu'il fait jour, on découvre la cadre dans lequel on a planté notre tente au hasard hier soir, de nuit ! Il y a pire, je pense...
Après avoir déjeuné, nous reprenons la Hole-in-the-Roack Road vers le Nord. Après une dizaine de kms bien cassants, elle devient ensuite très roulante
Il nous aura fallu une bonne heure pour parcourir les 30 kms qui nous séparent du parking de Coyote Gulch.
Coyote Gulch est un canyon considéré sur certains sites spécialisés comme l'un des plus beaux sites du Southwest, avec sa rivière qui serpente au coeur de falaises de sandstone, et ses combinaisons de cascades, d'
Arches et de ponts naturels

!!
Le point d'orgue de cette randonnée est la très massive et impressionnante Jacob Hamblin Arch située au coeur d'une alcove, d'après les photos vues sur le net. Deux possibilités d'y accéder : rando sur 2 jours via
Hurricane Wash (accès Ouest), ou rando un peu plus courte (accès par l'Est), sur 1 ou 2 jours, via "Crack-in-the-wall", une fente creusée naturellement dans la roche. La plupart des gens choisissent la seconde option, en bivouaquant sur place.
Lors de notre préparation, Franck et moi n'étions pas trop chauds pour alourdir notre paquetage avec le matériel de bivouac, car la boucle envisagée nécessite de grimper en haut d'une falaise de slickrock assez raide pour sortir du canyon, et couper ensuite au plus court pour rejoindre le trailhead. D'où l'intérêt de randonner léger pour réduire les risques au moment de sortir du canyon, mais on sait que la journée de marche tournera alors autour de 25 kms.
En arrivant au parking, il y a 5-6 voitures garées. On ne sera pas seuls !
On commence par préparer nos sacs à dos. Outre le déjeuner, des fruits sec et de l'eau, Franck prend sa corde de 30 mètres, et moi mes chaussons d'escalade, emportés spécialement pour cette randonnée.
C'est parti

!
Quelques semaines avant le départ, on a vu une publication d'un très beau "Bend", situé à quelques centaines de mètres seulement de Crack-in-the-wall. Nous nous y rendons naturellement, et nous voici devant un point de vue, comme seul le Southwest peut en distiller des dizaines

!
On arrive ensuite à Crack-in-the-Wall, la vue plongeante vers le canyon est de toute beauté, surtout avec du soleil !
On profite d'une corde laissée sur place pour descendre nos sacs à dos en rappel, car ils ne passeront pas la très étroite faille qui permet de descendre dans l'amphithéâtre. Heureusement qu'on n'a pas trop forcé sur la bière depuis le début du road-trip, donc ça passe sans problème !
La descente se fait dans du sable bien mou, et on se réjouit de ne pas faire l'aller-retour, car dans l'autre sens, cela ne doit pas être une partie de plaisir !
Nous commençons par faire le tour de cette crête de dinosaure avec pour objectif d'aller voir de plus près Stevens Arch, qu'on aperçoit déjà en arrière-plan !
Voici le meilleur point de vue sur Stevens Arch, à l'extrémité de la butte. Pour s'en approcher de plus près, il faudrait suivre le wash, puis longer la rivière, mais pas sûr que l'angle de vue soit plus sympa...
Nous attaquons ensuite notre marche le long du wash, en trempant de temps en temps nos baskets. Les falaises de grès de part et d'autre offrent un arrière-plan en perpétuel mouvement. On ne s'ennuie pas au fil des méandres !
Le sentier alterne les passages plutôt dégagés avec des secteurs bien plus embroussaillés qui nous retardent dans notre progression
Il nous faut aussi franchir plusieurs cascades. A la traversée de l'une d'entre elles, Sullivan dérape et en perd ses Ray-Ban qui tombe dans l'eau. Malgré 10 mn de recherche, impossible de remettre la main dessus.
Première cascade
Seconde cascade
Un moment donné, on s'écarte du canyon principal pour aller à Black Lagoon
Du haut, on comprend mieux l'origine de son nom, et on n'aurait pas idée d'aller faire trempette dans cette eau saumâtre. Rien d'exceptionnel non plus, et on retourne sur nos pas
Même si l'environnement est superbe, il faut bien reconnaître que serpenter durant plus de 10 km dans les méandres creusés par la rivière finit pas être plutôt long. Toutes les zones ne sont pas aussi dégagées que celle-ci
Pour apporter un peu de diversité, voici Coyote Natural bridge
Depuis le début de l'après-midi, le temps s'est de plus en plus couvert, et la pluie finit même par tomber à quelques encablures de l'arrivée.
Après encore quelques longs virages dont on a l'impression de ne pas voir le bout, nous arrivons à une alcove de dimensions dignes d'une cathédrale !! La partie abritée au fond de l'alcove doit bien faire plusieurs dizaines de mètres de profondeur, et une bonne cinquantaine de mètres de hauteur !
Nous n'avons toujours pas vu l'arche, objectif principal de la randonnée, mais rien que cette alcôve vaut toutes ces heures passées à marcher...
Il n'est que 15h30, et nous nous disons que notre flair était bon, car on n'aurait pas voulu rester toute la soirée et nuit sur place.
Nous nous engageons dans la courbe, et on voit se profiler la fameuse Jacob Hamblin Arch sur notre droite !
On ne s'imaginait pas pareil décor : à gauche, il y a Jabob Hamblin Arch, et à droite, une seconde alcove encore plus impressionnante que l'arche, et de dimensions presque aussi gigantesques que la première, située à peine à 300 mètres d'ici ! C'est magique, on reste sans voix...
Après une bonne demi-heure de pluie continue, le temps se calme, et on décide de revenir sur nos pas jusqu'au point enregistré permettant de sortir du canyon.
Avec Franck sur la photo, on se rend mieux compte de la hauteur des falaises !! Tout est gigantesque

!
Au pied de la falaise permettant de quitter le canyon, comme on pouvait s'en douter, tout est trempé, et les premiers mètres parcourus sur le slickrock n'augurent rien de bon. Les rochers sont glissants...
Après 30 secondes de conciliabule, nous sommes tous unanimes : pas question de se retaper 5 heures de rando dans l'autre sens, va falloir que ça passe par ici...
Je propose à Franck et Sullivan de mettre mes chaussons d'escalade et de passer en tête. Mais ils sont très confiants, chaussés de Speedcross, et Sullivan grimpe en tête. Les 30 premiers mètres ont l'air facile, et pendant que je me chausse, je les vois s'éloigner à toute allure.
Je m'élance à mon tour, et puis, je vois Sullivan qui ne bouge plus dans le secteur où la pente se renforce sérieusement. Il nous crie qu'il est bloqué et que la roche glisse trop sur les pentes raides. Vu la hauteur à laquelle on se trouve, à la moindre glissade, c'est la dégrigolade assurée jusqu'en bas...
Franck, à son tour, est coincé à quelques mètres de Sullivan, dans un secteur plus à gauche où il pensait pouvoir passer.
Malgré leurs crampons, les Speedcross n'ont pas le grip suffisant sur de la roche humide, et finissent par déraper. A quelques mètres en retrait de Franck, je lui demande alors de sortir sa corde de 30 mètres, je me porte à sa hauteur et je la passe alors autour de mon cou après avoir passé mon sac à dos sur le ventre, histoire qu'il ne m'entraîne pas vers l'arrière.
Dans la zone très pentue où mes compères sont bloquées, mes chaussons d'escalade passent très facilement et les pointes s'accrochent dans la moindre anfractuosité de la roche. Je passe sans difficulté le secteur compliqué et atteint un faux-plat avec un énorme bloc rocher qui doit bien faire une bonne tonne. De quoi enrouler la corde autour, et la balancer ensuite à Sullivan.
Pendant que je me tiens en opposition avec la corde, avec le bloc rocheux pour me sécuriser, Sullivan peut alors passer sans sourciller le secteur pentu. Franck peut ensuite faire pareil, même s'il me demande plusieurs fois si le rocher va tenir ! Il grimpe en effet avec les fesses bien en arrière, face à la falaise, et c'est le moment de croire en la force de notre matériel, car s'il lâche la corde, c'est la lourde chute assurée...
Une fois Franck hissé tout en haut, on se félicite d'avoir été prévenant avec tout ce matériel emporté au cas où... Le reste de la montée est bien moins exposé, et nous arrivons rapidement sur le haut de la falaise.
Il ne nous reste plus qu'à rejoindre le parking et on emprunte un sentier bien marqué. Très (trop) confiant après nos péripéties pour sortir du canyon, je ne regarde pas mon
GPS de suite. Au bout de 20 minutes de marche, on se rend compte qu'on est en réalité sur un sentier qui mène à Fortymile Ridge et non à notre parking

!
On bifurque alors sur notre gauche, plein Est, pour limiter le détour.
La fin de la journée est bien longue sous un ciel maussade. Quelques éclaircies mettent le canyon en valeur.
A l'arrivée à notre
voiture, le
GPS de Sullivan indique 28 kms, mais je n'y crois guère malgré les 2-3 kms de détour faits au retour. La trace théorique de notre programme de la journée fait environ 20 kms, donc on a dû randonner autour de 23 kms.
Au débriefing de fin de journée, nous sommes tous les trois d'accord sur un point : Coyote Gulch est une très belle randonnée au coeur d'un canyon photogénique, mais ses plus belles parties sont sans conteste situées au début et à la fin de la rando. Le secteur de Crack-in-the-wall avec la descente dans le canyon est superbe, mais le point d'orgue de la journée est sans aucun doute Jacob Hamblin Arch, nichée entre deux majestueuses alcôves. Ce spot mérite à lui tout seul cette longue et harassante journée de marche

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Nous reprenons la piste, en remontant toujours et encore la
Hole-In-The-Rock Road. Plus au Nord, l'épisode pluvieux a été beaucoup plus marqué, et on est dégoûté, car on sait que nous allons devoir sacrifier
Zebra Slot Canyon, qui était au programme demain matin

!!
On décide alors de retourner sur
Escalante pour manger un bon burger au Circle D et dormir à nouveau au
camping Escalante Outfitters.