Road trip USA 2025 - d'Atlanta à Yellowstone

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Samsam08
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Re: Road trip USA 2025 - d'Atlanta à Yellowstone

Message par Samsam08 »

10/08/2025 - Jour 15 - Badlands National Park & Bear Country, Rapid City, SD

Le réveil a sonné à 5h, toujours mieux que 3h, et le Shubaran s’est ébranlé à 5h20, direction Skyline Road qui surplombe Rapid City, idéalement tournée vers l’est, ce qui est nécessaire pour notre activité “lever de soleil”. Ce dernier est prévu à 5h48. La lune, pleine ou quasi, n’était pas prévue mais apporte une belle touche au tableau, côté ouest. On a sorti les pantalons (une première pour moi depuis l’atterrissage à Atlanta), les polaires et les coupe-vents pour affronter les 12°C annoncés (59°F soit 15°C d’après la voiture). Le trajet ne dure que 5-7 minutes et nous immobilisons notre SUV vers 5h30. Je sors le matériel (caméra + perche + trépied, appareil photo + gros objectif + trépied) que j’installe du mieux possible. Je shoote la lune en attendant l’heure du soleil. Le ciel est très voilé à l’est et la lumière se fait sans qu’on voie vraiment le soleil. Petite déception même si le moment reste très sympa. Je coupe le timelapse de la caméra, lorsque surgit la partie supérieure du disque solaire, rougeoyante, magnifique. Re-timelapse et shooting à gogo, il devrait en rester quelque chose. Le soleil se faufile à travers les nuages jusqu’à être tout à fait visible. On lui pardonne son retard. On enchaîne avec différentes séances photos sur la route sous le jour nouveau qui ne pourrait pas mieux commencer.

On redescend vers l’hôtel où on enchaîne avec le petit-déjeuner traditionnel. On réajuste notre équipement (short pour moi) et on repart vers 7h20 pour environ 1h de route à destination du Parc National de Badlands, à l’est de Rapid City. On entre par l’accès Pinacle sans débourser 1 cent grâce au pass America the Beautiful. On doit rejoindre un départ de randonnée que j’ai sélectionné, bien à l’intérieur du parc. Mais le bougre est truffé de points de vue (overlook) le long de la Scenic loop road qui le traverse. Quelques hectomètres après l’entrée, nous voici déjà garés et mitraillant le point de vue. L’effet Waouh est parfaitement réussi et le charme opère immédiatement sur les petits comme les grands. Le parc est difficile à décrire: des buttes, des cones, des strates grises, rouges, voire jaunes créent une beauté rugueuse où la géologie joue le premier rôle. Le relief impose des
montées et des descentes assez raides et à chaque virage, un overlook, un parking et on descend prendre des photos et admirer ce paysage quasi-lunaire. Finalement, la première heure passée dans le parc ne nous a que peu rapprochés de notre objectif. On décide de tracer et de faire les autres points de vue après la rando, éventuellement. On finit par arriver au Ben Reifel visitors center vers 10h15. L’avantage de se lever tôt, c’est qu’on peut prendre son temps sans se mettre en retard. Je demande à une ranger de m’indiquer le départ de la rando choisie mais il s’avère qu’on l’a raté, car il s’agit d’une variante en boucle de distance raisonnable par rapport au 10 miles / 16 km qu’elle me propose. On fait quelques emplettes au giftshop et on rebrousse chemin pour quelques courts miles jusqu’au parking de Saddle pass.

On attaque par une montée acrobatique au milieu des rochers et les mains sont parfois nécessaires. La redescente par le même chemin gravillonneux ne me dit rien qui vaille. On monte de 60m en 20mn et on rejoint le Castle trail sur son segment intermédiaire de 2,8km (il fait 8,2km en tout). Le sentier est à présent parfaitement plat et balisé. Les paysages restent stupéfiants. Le ciel légèrement voilé, voire laiteux, n’offre pas la meilleure lumière pour les photos mais il confère une atmosphère encore plus particulière, où les sommets gris se perdent dans l’horizon blanchâtre. On ne croise que peu de personnes. Il faut dire que le parc peut se parcourir uniquement en voiture, de point de vue en point de vue. En outre, le départ un peu scabreux de notre randonnée peut dissuader les moins téméraires ou les familles avec enfants en bas âge. On finit par rejoindre l’intersection avec Medicine Route trail qui s’éloigne des falaises qui dominent la route pour s’enfoncer dans les plaines et les prairies. Ce segment fait 3.4km et, sans le balisage, il serait très facile de se perdre tant les distances sont difficiles à évaluer. La température est montée mais reste tout à fait supportable, même pour ceux qui portent un pantalon. Après ce bout tout plat, au milieu de panneaux de mise en garde contre les rattlesnakes (serpent à sonnette), c’est l’heure de redescendre vers le Saddle Pass Trail. On met quelques objets dans le sac à dos pour pouvoir s’aider des mains si besoin. Je fiche la caméra sur sa perche dans le sac, en mode antenne de satellite. On verra bien ce que ça donne. Au final, ça se passe mieux que ce que j’avais craint mais l’extrême prudence est impérative, sans quoi une plaque de mini-gravillons a tôt fait de vous transformer en boule de bowling et vos compagnons en aval en pauvres quilles à dégommer. Heureusement, rien de tel pour nous et nous achevons cette rando sains, saufs et enchantés.

Je règle le GPS sur Wall Drug, une sorte de giftshop géant, situé à Wall, une ville à la sortie du parc. Pour y accéder, on emprunte une piste sur environ 8 miles et le Suburban excelle dans l’exercice et rassure ses occupants, soulevant derrière lui un nuage de poussière. Pour un grand enfant, il faut des grands joujous 🙂 On rejoint le bitume puis nous nous garons juste devant l’immense magasin dont les entrées sont numérotées (7000m²). La ville et les rues sont encore animées par ce qui doit être la queue de la comète du rassemblement de Sturgis, qui prend fin aujourd’hui. L’entrée dans le “magasin” ne déçoit pas et nous voilà dans ce que j’ai préalablement décrit comme le temple du giftshop: de la babiole à 2$ jusqu’aux bottes en croco à 400$, en passant par tout l’attirail western, une bijouterie, une pharmacie, un café, un resto et j’en oublie certainement car nous n’avons pas tout fait. Pour pimenter notre visite, Janelle avait proposé qu’on fasse un cadeau de 5$ max pour une personne tirée au sort (tirage effectué dans la voiture). Janelle repart avec un bijou aigle offert par Val qui repart avec une mini plaque d’immatriculation à son nom offerte par Tonin qui gagne une sorte de saucisse sèche de bison offerte par moi-même qui hérite d’une pochette surprise en mode jeu de construction, offerte par Janelle. Ces présents seront échangés lors de notre déjeuner tardif (14h30 environ) au Badlands Saloon & Grille situé en face du Wall Drug. Hamburgers (copieux) pour tout le monde (105$ tips de 15% inclus). Next stop: Bear Country USA à Rapid City.

C’est une sorte de safari qu’on parcourt en voiture avant une partie finale à pied (un peu comme en France à Peaugre). On arrive vers 16h30 après un trajet sieste pour les filles (j’aurais bien fait de même!). La pluie démarre quand nous franchissons le portail… La plupart des gros animaux n’y prêtent pas attention (élans, rennes, biches, big horn, loups arctiques, ours, bisons) mais on galère un peu pour la documentation audio-visuelle, soit à travers les vitres pleines de gouttes de pluie, soit, vitres ouvertes à travers les gouttes de pluie directement. Ca ne nous empêche pas de regarder longuement les animaux en nous garant sur le côté pour laisser passer les autres voitures. Les ours n’ont pas l’air très joyeux (s’attendait-on à ce qu’ils dansassent?). Les bisons sont bien rangés sous leur abri et malgré la pénombre et la pluie, on aperçoit une tête colossale, montée sur un corps non-moins impressionnant, pour peu qu’il se fût mis sur ses pattes. J’ai bon espoir de voir des “vrais” ours et des bisons debout à Yellowstone. La pluie s’arrête et le soleil revient juste à temps pour la partie piétonne qui présente des plus petits animaux: raton, blaireau, porc-épic… Le clou du spectacle: les bear cubs, autrement dit les oursons. Une grosse dizaine d’individus qui jouent, mangent, se prélassent ou se battent, comme une cour de récréation. Un ourson solitaire attrape un oiseau et le dévore aussi sec. Le même sort était arrivé à un volatile chopé par un bobcat (lynx) sous nos yeux. Le bassin des loutres a livré une déception à la hauteur des espoirs qu’il avait suscités: on aperçoit péniblement un individu niché au fond d’un tronc creux. Tant pis ☹️ On termine par quelques photos avec la statue en bronze d’un ours puis nous filons à la station service pour un bon plein* et au Walmart pour les salades du soir, agrémentées d’une paire de chaussures à 20$ pour Tonin. On arrive à l’hôtel vers 19h où les douches font le plus grand bien à la troupe. Val remporte le quizz Dakota du Sud/Crazy
Horse/Badlands/Bear Country avec 9/10. Janelle et Tonin se font éclater au sol avec 4/10.

PS: rando: 7.6km en 2h34. 22740 pas à ma montre.

*24.719 gallons. J’ai mis un trip partiel en route, on verra la consommation. On tourne à 18 mpg en moyenne depuis Denver.

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hansolo06
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Re: Road trip USA 2025 - d'Atlanta à Yellowstone

Message par hansolo06 »

Hello toujours sympas de vous suivre. Badlands c'est vraiment très beau, je ne connaissait pas cette rando.
Des vidéos plus longue serait aussi bien :clin:
Samsam08
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Re: Road trip USA 2025 - d'Atlanta à Yellowstone

Message par Samsam08 »

hansolo06 a écrit : 21 mars 2026, 18:58 Hello toujours sympas de vous suivre. Badlands c'est vraiment très beau, je ne connaissait pas cette rando.
Des vidéos plus longue serait aussi bien :clin:
merci! Badlands nous a beaucoup plu et nous a permis de renouer (un peu) avec l'effet que nous avait procurés Canyonlands, Bryce Canyon, le Canyon De Chelly... en 2018.

Pour la durée des vidéos, c'est dans le souci de "partager sans saoûler" et il est vrai que j'aurais aisément pu faire plus long sur certains épisodes en effet.
Samsam08
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Re: Road trip USA 2025 - d'Atlanta à Yellowstone

Message par Samsam08 »

11/08/2025 - Jour 16 - Rapid City, Custer State Park & Mount Rushmore

C’est une longue journée qui s’achève avec un retour à l’hôtel vers 22h, soit presque 14h d’expériences en tout genre. (C'est une journée-type qui doit figurer dans de nombreux road-trips qui passent par le Dakota du Sud: un incontournable)
Ce matin, nous avons pris la direction du centre ville de Rapid City pour une déambulation présidentielle: la ville est surnommée City of Presidents car elle héberge depuis 25 ans des statues de chaque président américain. Ces statues sont réparties aux coins de plusieurs rues de downtown et un site web permet d’avoir un petit mot d’explication sur chaque président et le choix du sculpteur pour la position, l’attitude ou les accessoires représentés. C’est intéressant et assez ludique. Au passage, on entre dans une armurerie, histoire de cocher cette case qui avait manqué à nos précédents voyages. Des fusils partout, de chasse, d’assaut, de tout âge, de tout calibre, en libre-service (sans les chargeurs!), ce qui occasionne évidemment quelques photos. Tonin est dans l’atelier du Père Noël, Val au bord de la crise de nerfs :-) Il y a également un très vaste choix d’armes de poing dont le 357 Python, mais ceux-ci sont sous vitrine. On reprend notre promenade dans les rues de la ville et on s’attarde un peu plus que ce que les pièces du parcmètre nous autorisent. Résultat: une prune américaine! 15$ que je vais immédiatement payer à la mairie toute proche. Après l'épisode de l'excès de vitesse de Fort Laramie, il va falloir réduire nos interactions avec les forces de l’ordre.

Nous remontons en voiture pour aller acheter notre picnic. A 11h15, nous nous mettons en route pour Custer State Park. Il s’agit d’un parc naturel qui héberge des troupeaux de bisons (en liberté) et d’autres animaux emblématiques comme les chiens de prairie trop kiki et des pronghorns, sorte d’antilope. Le parc se parcourt via une route “scenic”, la Wildlife loop. Notre objectif est le Bison center, situé tout au sud du parc, et on au départ duquel il y a une rando de 5-6km. On accède au parc via une piste (LH road) qui constitue une belle entrée en matière. On s’arrête au premier visitors center où une ranger m’indique où nous pourrons voir des bisons suite à ma question sur le sujet. Elle me donne également un autre point d'intérêt pour compléter notre visite du parc et enfin un itinéraire pour rejoindre le Mt Rushmore.

On commence donc par une boucle sur une piste (Fisherman road, Swint road, Lame Johnny road puis Oakdraw road) et après seulement quelques hectomètres, nous apercevons le troupeau promis: des bisons, occupés à paître, sans aucune clôture pour les séparer de la route. Les voitures se garent sur le bas-côté pour observer et immortaliser l’instant et on n’agit pas différemment. Le soleil est au rendez-vous et le gros zoom est en place. Nous restons bien sagement à l’intérieur de la voiture… au début au moins. Puis je descends pour stabiliser l’appareil photo en prenant appui sur le capot de la voiture (pas de stabilisation électronique sur mon zoom: une erreur d'achat!). Je remonte et nous reprenons notre chemin mais pour peu de temps car, au détour d’une légère montée en courbe, nous trouvons une autre partie du troupeau. Certains individus sont très gros et il y a des “red dogs”, surnom donné aux jeunes bisons dont le poil est roux à la naissance. Là encore, on se gare et on ne sait plus où donner de la tête avec ces bisons de chaque côté de la route, parfois même sur la route. N’y tenant plus, je sors encore de la voiture sous le regard réprobateur de mon épouse. J’installe le trépied (le 'mortier' dans notre jargon familial) et avec cette belle stabilité, je shoote et j’espère de belles photos. Je n’oublie pas malgré tout ma position exposée et je ne m’éloigne pas de la voiture. Quand je regagne l’habitacle, le mélange d’adrénaline et d’émotion me donne une légère tremblotte puis l’émotion l’emporte: observer des bisons dans leur milieu naturel était un rêve et un des objectifs du voyage pour moi. Mes yeux s’embuent quand je réalise que ce rêve a enfin pris vie. Certains spécimens passent tout près de la voiture et on avance prudemment. On finit par regagner la route principale, émerveillés. Tonin a même réussi à prendre des photos avec son téléphone à travers les jumelles.

Nous arrivons enfin au Bison Center où nous cassons la croûte molle de nos sandwiches. Je demande à un ranger de m’indiquer le départ de notre rando. Le premier ne connaît pas le nom et le deuxième l’a découvert hier. Tiens donc… Petit tour au gift shop pour les stickers et on s’équipe pour la rando qui est constituée de deux boucles: la première (Bison trail), et plus petite, d’1 mile (1,61 km) et la deuxième (red dog trail) de 3 miles (4,8 km). Le panneau au départ indique un temps total de 3 à 4h, ce qui paraît beaucoup pour 6.4 km, même en prenant des photos! Le départ est une montée assez marquée qui accélère la digestion (il est 14h40). On se dit que si ça monte comme ça au sommet de la colline qu’on aperçoit, on aura peut-être bien nos 4h de marche. Très (très, genre TRÈS) rapidement, on atteint la jonction des deux boucles… serait-il possible que nous ayons déjà parcouru 1 mile sur la première?! On continue avec le parcours de la deuxième boucle et j’arrête la troupe un peu plus loin, car vu la tournure des événements, je pense qu’on a raté un embranchement. En effet, on est déjà en train de redescendre vers le parking. Autre indice louche: Janelle ne râle pas. On rebrousse chemin sur une centaine de mètres et je regarde une appli sur mon téléphone (Alltrail), qui confirme qu’on est déjà sur la deuxième boucle. On se demande quel maléfice s’est emparé de la cartographie du parc et nous repartons dans le sens de la mini-marche. 24 minutes après être partis, nous sommes de retour au parking, même pas le temps d’avoir soif! Ma montre indique 1.55km au total, y compris les 200m d’hésitation. Pendant que les autres remontent en voiture, je retourne voir les rangers pour leur montrer le décalage entre les indications et la réalité. L’un d’eux me confie avoir été surpris par la distance annoncée préalablement par sa collègue. Peut-être feront-ils la modification sur les futurs documents…

Nous reprenons la Wildlife loop pour nous rendre au point le plus haut du parc: Mount Coolidge (5971 pieds environ 1800m) qui est surmonté d’une tour de surveillance des incendies et d’antennes relais. La dernière partie est à nouveau une piste. La vue au sommet est splendide: les prairies du parc et ses vallons arrondis se dévoilent dans leur immensité. On aperçoit le visage du Crazy Horse Memorial au loin, tantôt dans l’ombre, tantôt au soleil, selon les nuages. Un ranger nous indique où regarder pour voir le Mt Rushmore et comment utiliser les longue-vues à pièces: les grands points d’intérêt son indiqués avec le degré de rotation à effectuer sur la lunette. Le visage de Washington nous apparaît alors par intermittence, comme Crazy Horse: blanc étincelant ou gris presqu’invisible. C’est une très belle conclusion à notre visite et nous prenons à présent la route du fameux mont pour voir tout ça de plus près.

Nous empruntons une portion de Needles Highway (autre route “scenic”) mais je rate l’embranchement par la 16A qui nous aurait régalé de virages en épingle et de “pigtails”, sans compter 2 ou 3 tunnels. On arrive donc à la ville de Keystone qui joue la carte Western à fond avec des bâtiments modernisés mais typiques de chaque côté de la rue. Dans la montée finale, on aperçoit les quatre visages… On paye 10$ pour le parking (et rien d’autre) et nous nous garons facilement. A peine sortis du parking que nos hôtes nous contemplent déjà, du haut de leur montagne. La peur d’être déçu après Crazy Horse (qui est beaucoup plus gros) disparaît totalement alors que nous remontons l’avenue des drapeaux de chaque état américain jusqu’à la terrasse d’observation principale.
La pluie, qui avait commencé à tomber sur la route, s’est à présent arrêtée. Val repère enfin le bâtiment où sont données les explications. On l'attendait au début du parc, il est tout au fond, presque au sous-sol. On commence avec un film qui résume l’histoire du projet (développer le tourisme dans l'État du Dakota du Sud), les protagonistes, le choix de ces quatre présidents… On enchaîne avec la partie musée/exposition qui approfondit les aspects techniques de la sculpture et dispense également une leçon d’histoire américaine bienvenue! Ces quatre hommes représentent 150 ans de présidence et chacun incarne une valeur précise: Washington = la création, Jefferson = l’expansion (Lewis & Clark sont encore nommés), Lincoln = la protection (en empêchant la Sécession) et Theodore Roosevelt = le développement (je ne sais pas où on mettrait Trump, ni à quelle valeur il serait associé :censored: ). Nous ressortons du musée et du giftshop et il ne reste “plus” que 45 mn à attendre pour la cérémonie quotidienne d’illumination de la montagne. A 20h, une ranger fait un discours d’introduction et rappelle, entre autres, le rôle joué par Roosevelt dans la création des parcs nationaux et la conservation des espaces naturels, et ce au début du 20ème siècle. Un visionnaire. Suit un film qui présente à nouveaux les quatre présidents et ce qu’ils représentent sur cette œuvre. Le tout prend une tournure très patriotique, toujours un peu surprenante pour nous autres français, avec un clip à la gloire des USA sur une chanson vibrante au cours de laquelle les visages s’illuminent sur la montagne. Je rate le moment à cause de la visière de ma casquette qui me cache le monument #loser. Bref, c’est très beau et les américains sont prêts pour le final: hymne national chanté par l’assemblée (et moi-même 🙂) puis Recognition ceremony = appel à venir sur scène pour les militaires en service actif, les vétérans et ceux qui ont perdu un être cher au combat. Salve d’applaudissements et hourra de la foule. Le drapeau est soigneusement descendu et plié, re-applaudissements pour les combattants et assimilés. Malgré les aspects surprenants de ce type de cérémonie, c’est une immersion parfaite dans la culture américaine et sa complexité: ici, on célèbre des présidents avec des visions et des idéaux de démocratie, d’accueil, de protection mais dans l’assemblée, combien ont voté Trump qui est à l’opposé de ces grands hommes?

On regagne le parking et on arrive à Rapid City vers 21h15. Les restaurants fermant à 21h, on retourne au Culver’s voisin puis hôtel pour préparer les valises. Au passage, je gagne le quizz de Tonin+IA sur Custer et Rushmore après trois questions subsidiaires! Notre journée avait commencé et s’est achevée avec des présidents. Ainsi se conclut notre court séjour dans le très charmant Dakota du Sud. Demain, grosse journée de route pour retrouver le Wyoming.

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Samsam08
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Re: Road trip USA 2025 - d'Atlanta à Yellowstone

Message par Samsam08 »

12/08/2025 - Jour 17 - Deadwood, SD + Devil’s tower

Après avoir finalisé et chargé les valises, nous partons de Rapid City vers 8h15 en direction de Deadwood, à 45mn d’ici. C’est une ville qui s’est développée avec la conquête de l’Ouest et une ruée vers l’or local. Elle a gardé un charme d’antan, notamment sa “Main Street” avec de nombreux bâtiments de la fin des 1800’s. Les commerces sont essentiellement des giftshops à l’accent plus ou moins western. Nous déambulons, amusés, le long de cette artère principale qui a des airs de Disneyland. A vouloir trop jouer la carte de l’authenticité (et du tourisme), cette dernière disparaît un peu derrière le consumérisme à outrance. ça vaut néanmoins le coup d'œil. Nous repartons avec quelques photos dans la besace et un nouveau mot de vocabulaire pour la troupe: brothel ;-)

Direction: Lead (idem que Deadwood mais en plus petit) puis Spearfish via la route de Spearfish Canyon. Les paysages sont magnifiques et la route très agréable à conduire. Il y a tout un attroupement aux chutes de Bridal Veil (le voile de la mariée) en raison de la jolie cascade mais aussi de la présence de deux animaux non-identifiés car allongés. Des sortes de gros bouquetins à petites cornes et au pelage blanc, installés quasiment à flanc de montagne. (renseignements pris sur Internet: des chèvres des montagnes rocheuses / Mountain Goat). La besace à photos se remplit un peu plus et nous reprenons notre route pour arriver à Spearfish vers 12h après avoir traversé des paysages très jolis de moyenne montagne. (Spearfish est à 1195m). Le Dakota du Sud a vraiment beaucoup de charme, comme la ville de Spearfish, posée sur une sorte de plateau.

On trouve un Walmart auquel on laisse (peut-être) 100$ suite à un problème avec la fonction “cash-back”: on paie en carte et on peut retirer du liquide en même temps. L’intérêt est de retirer du liquide sans payer la commission de 3,5$ prélevées dans les automates (ATM), quel que soit le montant du retrait. On a découvert ce truc par erreur il y a quelques jours lorsque j’ai appuyé sur (et reçu) 20$ parmi les montants proposés. Du coup, aujourd’hui, j’ai appuyé volontairement sur 100$ après avoir payé nos courses mais les billets n’arrivaient pas. Le préposé n’avait jamais vu ça et sa chef ne sera pas plus utile. Ils nous assurent que le mot “refund” (remboursement) sur le ticket nous garantira un remboursement mais que ce dernier peut prendre jusqu’à 24h… et qu’on peut revenir dans 24h si on ne voit rien venir. Evidemment, on ne peut pas revenir dans 24h et on repart la queue entre les jambes, et le prochain retrait se fera à un ATM: mieux vaut perdre 3,5$ que 100!

Pour gagner du temps (environ 400km à faire en tout aujourd’hui), on mange en roulant en direction de Devil’s Tower qui signera notre retour dans le Wyoming. Après 1h de trajet mêlant I90 et Highway 14 dans des paysages de toute beauté, la “tour du diable” nous apparaît, monumentale, énigmatique. Il est environ 14h30 et il y a beaucoup de circulation au point que nous devons faire la queue pour entrer, une première pour ce voyage. Une fois garés et après le passage traditionnel par le giftshop, nous nous attaquons au Red beds trail, circuit de 4,5km qui fait le tour du mégalithe volcanique. Devil’s Tower (que les indiens natifs essaient de rebaptiser, en vain à ce jour) est un cône de lave refroidie et rétractée sous la surface du sol, que l’érosion a progressivement mis à jour. Résultat: une masse de 264m de haut, comme un tronc d’arbre géant coupé à mi-hauteur: le sommet est plat, grand comme un terrain de foot. Les côtés sont striés et ce qui forme des colonnes étroites juxtaposées, fruit de la contraction lors du refroidissement de la lave. Le diamètre de la base est de 1000 pieds, soit environ 300m et son périmètre fait 1 mile, soit 1.61km.

Avec la frustration de la fausse randonnée de la veille, nous partons gaillardement à l’assaut du chemin en forêt et Dame Nature nous sait gré de notre enthousiasme et nous récompense d’une rencontre avec une biche à une trentaine de mètres de nous. Puis un faon et une autre biche se joignent à la Biche Party. Jumelles et photos. Nous continuons sur le chemin qui, tournant autour de la tour, nous offre des points de vue sans cesse renouvelés, avec une lumière changeante et pas toujours favorable (maudit contre-jour). Par chance, la météo, elle, est favorable et quelques nuages croisent paisiblement dans le ciel, ce qui offrira un joli timelapse. Il y a également des points de vue sur la vallée au milieu de laquelle la tour trône et sur la rivière Belle-Fourche. Par
endroits, la terre est ocre, ce qui ajoute à la palette de verts et de bleus. La température est celle du Wyoming, aux alentours de 90°F (32°C) et on transpire abondamment, en particulier lors de la phase de remontée (on suit le sentier dans le sens horaire). ça nous prendra environ 2h, pauses comprises, pour compléter cette boucle facile mais sans doute trop longue pour la plupart des visiteurs: on a croisé très peu de marcheurs sur le chemin et, à notre retour au Visitors Center, le site s’est considérablement vidé, à en juger par le parking quasi-désert. Ils se contentent probablement de faire le petit tour qui reste au plus près de la base de la tour (2km de long).

Nous remontons en voiture vers 17h pour compléter le dernier segment de notre long trajet du jour. Environ 2h pour rallier Sheridan par la I90 qui autorise des vitesses jusqu’à 80mph, soit 129km/h. Le paysage de collines verdoyantes cède la place aux prairies jaunies qui s’étendent à perte de vue avec un très léger relief. Aucun doute, nous sommes de retour dans les grandes plaines du Wyoming. La route est finalement moins rébarbative que ce que je craignais et je dénombre encore cinq apparitions de biches (sur le côté, pas SUR la route) pendant que les filles dorment et Tonin lit. Nous arrivons sans encombre au motel Days Inn de Sheridan, mais il me faut attendre
qu’un groupe de bikers fassent leur check-in avant de pouvoir récupérer notre clé. On décharge les valises et on part pour le restau choisi par Val: Wyoming Rib & Chop house où deux grandes bières rafraîchissantes attendent les grands. Une délicieuse entrecôte pour moi, saumon+riz+brocolis pour Val, pâtes au poulet pour Janelle et… burger pour Tonin. Le tout est très bon et on s’en sort pour 179$ avec pourboire minimal de 15% inclus.

De retour à l’hôtel, je lance une lessive (il en faudra encore deux autres!) et nous vaquons à nos occupations: cartes postales virtuelles pour Val et rédaction du journal pour moi. Le programme de demain n’est pas encore très clair (visite de Buffalo et peut-être rando), ce qui devrait permettre un peu de repos avant le Montana!

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Samsam08
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Re: Road trip USA 2025 - d'Atlanta à Yellowstone

Message par Samsam08 »

13/08/2025 - Jour 18 - Sheridan, WY + Buffalo, WY

Comme prévu, journée cool. On retrouve notre groupe de bikers au petit-dej pendant la lessive que j’ai lancée en me levant. 45 mn de plus pour le sèche-linge et il est 9h45 lorsque nous quittons l’hôtel en direction de Buffalo, située à 30mn au sud. C’est une jolie petite ville qui joue aussi la carte western mais sur l’aspect historique plus que folklorique. On déambule un peu dans le mini-centre puis nous empruntons un sentier le long de la Crazy Woman Creek. Il fait déjà chaud et il y a peu d’ombre, en outre il faut attendre un peu pour enfin apercevoir la chaîne de montagnes du coin: les Bighorn Mountains dont le point culminant est le Cloud Peak, 4016 m. Elles sont situées à l’est de leurs grandes sœurs les Rocky Mountains (les fameuses Rocheuses) qu’on aperçoit en arrière-plan. Et au premier plan, une biche traverse le sentier juste devant nous.
On fait une petite pause ombragée à la rivière, voire dans la rivière pour Janelle et moi, puis nous regagnons le centre-ville où nous roulons vers une épicerie. (je roule, les autres marchent à côté :-D) Le déjeuner de sandwiches se passe dans la voiture sur le parking, le temps qu’une averse passe, qui manque de puissance pour laver la voiture et ne fait que la moucheter encore plus. Puis le soleil revient, chaud et puissant, et nous allons au Jim Gatchell Memorial Museum.

Jim Gatchell avait une pharmacie à Buffalo en 1900 et entretenait de très bonnes relations avec les indiens. Il avait grandi dans une réserve Lakota, dont il parlait la langue, mais même les Cheyenne, plus au nord, l’appréciaient. Il avait un attrait pour l’histoire et a documenté les périodes des guerres indiennes et des guerres du bétail, quand ce pays et son expansion étaient soumis à la loi du plus fort: le far-west, tel qu’on nous le présente, où untel est tué pour une histoire de terres et tel autre est pendu sans qu’on sache pourquoi. Jim Gatchell, populaire, a reçu de nombreux présents de ses amis indiens qu’il avait commencés à exposer dans l’arrière-boutique de sa pharmacie. A sa mort en 1954, sa famille a donné toute sa collection au Comté de Johnson, à condition qu’un musée soit construit, ce qui fut fait à partir de 1957. Il y a en effet une très belle collection d’objets en tout genre: peau de loup, reproductions de fossiles ou os de dinosaures, fusils et tenues ainsi que de nombreux objets indiens. Visite très intéressante à mon avis.

Nous repartons vers Sheridan où nous arrivons vers 16h. Nous lançons une dernière lessive et partons à la découverte de la piscine couverte encore non découverte pour nous: 1 bassin + 1 jacuzzi mais 1 seul fauteuil au bord en tout et pour tout. Un pied dans le grand bassin nous expédie tous dans le jacuzzi qui est, lui, très chaud. Un autre couple arrive et tergiverse pas mal au moment d’entrer dans le “grand” bassin. On leur laisse la place dans le jacuzzi et les plus courageux sautent dans les eaux glaciales voisines. ça saisit mais ça fait du bien en fait. Bon, pas assez de bien pour s’y attarder et nous remontons dans la chambre où j’écrase une sieste en attendant la fin de la lessive. Puis vient le tour du sèche-linge que Val et Janelle vont récupérer peu avant 18h. (c'est passionnant un road-trip hein! :super: )

Après un temps calme dans la chambre, nous repartons pour une déambulation parmi les bâtiments historiques de Sheridan qui n’en manque pas. Nous passons ainsi devant d’anciens entrepôts, l’ancienne gare et l’actuelle mairie en empruntant Broadway, quelques rues adjacentes et Main St. La plupart des bâtiments datent de la fin du 19ème siècle, début du 20ème, ce qui constitue le gros de l’histoire dont ce pays dispose depuis sa colonisation. On passe également devant l’hôtel de Buffalo Bill et nous dînerons même dans son ancien bar, au dos de l’hôtel Sheridan Inn. L’endroit s’appelle Open Range, qui, clin d'œil du destin, est le nom que j’avais donné à mon film sur notre voyage de 2018! On y mange très bien: de beaux et bons burgers pour les enfants, du bœuf savoureux pour Val et du bison pour moi (sorte de paleron). On casse la tirelire et on partage deux desserts pour trois. Puis nous rentrons en mode “Sheridan by night”.

Demain, nous quittons encore le Wyoming temporairement pour le Montana!

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Samsam08
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Re: Road trip USA 2025 - d'Atlanta à Yellowstone

Message par Samsam08 »

14/08/2025 - Jour 19 - Little Bighorn Battlefield, MT + Pompey’s pillar (MT)... (plus ou moins)

Tout avait bien commencé avec un départ du motel avant 8h et un passage en caisse au Walmart à 8h03. La voiture est chargée et je règle le GPS sur notre première destination: le champ de bataille de Little Bighorn (du nom d’une rivière et non d’un indien comme je le pensais benoîtement) où les Sioux Lakota ont défait l’armée de Custer, une “star” de l’époque, qui perdra la vie en ces lieux. Il s’agit d’une grande victoire des indiens, qui ont gagné de nombreuses grandes batailles mais ont malgré tout perdu la guerre, comme je l’ai lu il y a quelques jours. Le parc offre une route qui explore le champ de bataille à travers plusieurs stops, jusqu’au “Last stand” de Custer et ses troupes. De nombreuses tombes hérissent les prairies et ça aurait été une belle visite mais Google nous informe que le parc est fermé et n’ouvre que le vendredi et le week-end à cette saison. Nous sommes jeudi :non: . Énorme déception qui mettra très longtemps à commencer à s’atténuer, voire à se dissiper. On met malgré tout le cap sur le parc: 1) pour vérifier et tenter l’impossible 2) parce que c’est notre route de toute façon.

Après une heure de trajet, on arrive devant une barrière qui refuse la discussion. On va dans un trade post/giftshop voisin mais rien ne saurait me remonter le moral à ce stade (à part peut-être un très beau carquois indien à 469$). Val a identifié un plan B à proximité mais avant cela, nous passons à Crow Agency où une “fair” (foire) débute. D’après le programme, il n’y aura rien à voir à cette heure mais c’est à deux minutes à peine donc on tente notre chance, et on a bien fait. Des épreuves de rodéo sont en cours et nous nous joignons à l’assemblée de cette fête de la tribu Crow. Val et les enfants s’installent en tribunes pendant que j’essaie d’aller au plus près en me faufilant entre les cavaliers et leur monture pour la documentation audio-visuelle, qui me distrait de la déception qui occupe mon esprit depuis une heure. N’écoutant que mon courage, je fais fi du crin et de la poussière (auxquels je suis allergique) et me mêle à la foule des autochtones, au cœur de l’action: des veaux s’élancent et des cavaliers se jettent dessus depuis un cheval. Pendant ce temps, Val et les enfants font connaissance avec une “native”. Janelle me rejoint pour une immersion encore plus profonde pour un exercice de lasso (“roping” en anglais): le veau s’élance, poursuivi par un cavalier qui, s’il est adroit, chope le veau autour du cou avec sa corde, ce qui ne manque jamais d'occasionner un arrêt brutal du bovidé et éventuellement une figure pas très géométrique, qui arrache des grands cris aux petits frenchies sensibles. Une fois le veau au sol, le cowboy indien saute de son cheval, retourne prestement le veau et lui ligote quelques pattes. Puis il remonte sur son cheval. Un arbitre, lui aussi à cheval, lève puis abaisse un drapeau pour décompter le temps de la manœuvre complète: plus c’est rapide, mieux c’est! Après un instant de sidération, le veau commence à s’agiter et est libéré de ses entraves par deux assistants. La perspective de “great television” me réjouit. Le Pow Wow (danses et chants traditionnels en costume) n’est pas prévu avant 17h et nous ne pouvons pas rester si tard, d’autant plus que le respect des horaires n’est pas le fort de ce genre de manifestations, nous dira-t-on plus tard. Val est déçue de ne pas assister aux danses.

En partant, on fait un petit tour dans le village de tipis voisins puis nous mettons le cap sur la petite ville de Hardin, où Val a dégoté un musée qui raconte l’histoire du Bighorn County: Bighorn County Museum. Le musée projette un film sur la bataille de Little Bighorn et expose de nombreux objets du début du 20ème siècle. Sur le parc autour du musée, de nombreux bâtiments ont été rapatriés depuis plusieurs miles à la ronde et on visite des anciennes maisons, des granges, un abattoir, une école, une église… avec des informations sur la vie des anciens propriétaires ou occupants. C’est très bien documenté et très intéressant pour comprendre la colonisation de ce territoire. Comme on nous a prévenu à l’accueil, la partie “native” est très réduite car le peuple Crow garde l’essentiel au sein de la réserve (Crow Country/Crow Agency) où nous étions auparavant pour le rodéo. Nous passons un peu plus de deux heures dans ce très riche et très grand musée puis nous picnicons dans l’aire prévue à cet effet.

Nous reprenons la route pendant une grosse demi-heure pour nous rendre à Pompey’s Pillar. Il s’agira en fait d’un bon tiers de piste et le panache de poussière que nous soulevons doit se voir jusqu’à Sheridan. D’ailleurs, nous sommes dans le Montana depuis un bon moment mais aucun signe au bord de la route. Après ce segment rigolo, le Suburban est gris et non plus noir. Nous arrivons vers 14h30 au pied de ce rocher baptisé en l’honneur du filleul de William Clark, l’explorateur. De son vrai nom Jean-Baptiste Charbonneau, son surnom était “Pomp” et il prit part à la fameuse expédition de Lewis & Clark en 1805-1806 alors qu’il avait à peine 1 an.
Sur le rocher devant lequel nous nous trouvons, Clark avait gravé son nom et la date de son passage, alors que l’expédition s’était séparée en plusieurs petits groupes pour explorer divers affluents du Missouri, dont la Yellowstone river qui coule au pied du rocher de grès de 40m de haut. C’est la seule trace encore visible laissée par un membre du Discovery Corp, le nom officiel de cette expédition fondatrice de la conquête de l’Ouest. La précieuse signature est protégée par un verre fixé à la paroi et constitue l’équivalent d’une relique pour les croyants. Pour Tonin et moi qui avons lu un résumé des journaux tenus par Lewis & Clark durant leur aventure, c’est un beau moment.
Le rocher est également l’hôte de quantité d’autres signatures, anonymes, et de pétroglyphes que nous ne vîmes point. Au sommet du bloc rocheux, nous bénéficions d’un beau point de vue sur la région, raison pour laquelle Clark l’avait gravi 219 ans auparavant. Nous avons une petite conversation informelle avec des gens de l’Idaho, un État voisin, qui ont des amis français. On apprend qu’il y a de nombreux basques dans l’Idaho, beaucoup de bergers. Cela confirme plusieurs informations au sujet d’une diaspora basque au moment où ce peuple souffrait en Europe: ils sont venus aux USA dès la fin du 19ème siècle et après la guerre civile espagnole en 1975. Comme d’habitude, nous nous serrons la main à la fin de la conversation et nous nous souhaitons bonne continuation.

Nous repartons après un petit passage vers le bord de la rivière, que nous retrouverons plusieurs fois dans la suite du voyage, notamment dès ce soir à Billings. Nous ne verrons pas de rattlesnakes malgré les nombreux panneaux de mise en garde. Environ 20 mn d’interstate plus tard, nous voici à Billings où un accident ralentit la circulation, alors qu’en arrière-plan nous apercevons la “State Fair”, la fête foraine, et le “stade” de rodéo où un week-end de compétition commence ce soir. La traversée de Billings ne nous laissera pas un souvenir impérissable mais nous arrivons sans problème au motel Baymont Inn & Suites de Billings où, sitôt nos affaires posées dans la chambre, nous descendons vers la piscine couverte. Même dispositif qu’à Sheridan: un bassin d’environ 6m de long et un jacuzzi. Tout est plus chaud qu’à Sheridan, même si la température du bassin arrache des cris, voire des hurlements sauvages, à Val. Il faut dire qu’après le jacuzzi à 40°C, l’eau de la piscine semble gelée.

Nous remontons dans la chambre pour les douches puis nous partons pour un fast-food proche où nous sommes accueillis comme des rois par Rico, le General Manager, tout heureux de recevoir ses premiers clients français. Il nous prend même en photo! La commande a été passée dans la confusion (double dose de frites et cheeseburgers en “entrée” avant les “vrais” burgers) mais Rico nous rembourse les frites en trop après mon explication. Il offre également les boissons et un milk-shake à Tonin, le seul qui pense encore avoir de la place pour cette spécialité de la maison. Les frites sont fraîches et à base de pommes de terre de l’Idaho (surnom: Potatoe state) et les burgers sont très bons, avec notamment des pains frais du jour. Avant de partir, et alors que Tonin ne peut déjà plus marcher sans assistance, nous prenons à notre tour une photo avec Rico, qui nous souhaite le meilleur pour le reste du voyage et notamment à Yellowstone.

Retour au motel où le comité d'accueil des lapins s’est légèrement réduit. Janelle fait un peu de découpage pour le journal pendant que Tonin s’immobilise comme une tortue sur le dos, prête à exploser (ou se vider) à la moindre occasion. Nous procédons au quizz d’hier, décalé à aujourd’hui car Tonin dormait déjà: victoire de Janelle. Tonin va mieux et nous concocte un quizz sur les visites du jour avec l’aide de l’IA. Je le remporte à la question subsidiaire contre Val. Puis journal pour moi et cache-cache dans la chambre pour les enfants :fete: . Demain, nous partons au nord vers Great Falls pour approfondir le sujet Lewis & Clark puis Helena, capitale du Montana. Beaucoup de voiture au programme de cette étape de transition.
PS: bien reçu le remboursement des 100$ du Walmart 🙂

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hansolo06
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Re: Road trip USA 2025 - d'Atlanta à Yellowstone

Message par hansolo06 »

Ah pas de photo de Rico :clin: je reste sur ma faim sur la dernière vidéo mais c'est toujours un plaisir de vous suivre
Samsam08
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Re: Road trip USA 2025 - d'Atlanta à Yellowstone

Message par Samsam08 »

Voici Rico et notre petite troupe:
Image

Le resto s'appelle Mooyah

Merci pour la fidélité et les commentaires :) J'avoue qu'en revoyant la vidéo, la fin m'a paru abrupte également :)

Si ça donne l'idée à certains de suivre les traces de Lewis & Clark, ça peut faire un beau road-rip (depuis St Louis dans le Missouri jusqu'au Pacifique à l'estuaire de la Colombia river)
Samsam08
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Re: Road trip USA 2025 - d'Atlanta à Yellowstone

Message par Samsam08 »

15/08/2025 - Jour 20 - Great Falls + Helena, MT

On the road again. Après un passage au Walmart pour le picnic, nous quittons Billings peu avant 9h30. Au programme, 3h de route vers le nord jusqu’à Great Falls. Un centre nous y attend pour retracer l’expédition de Lewis & Clark de manière exhaustive, après l’aperçu d’hier à Pompey’s Pillar. Les trois heures se passent plutôt bien, au milieu de paysages de plaine. On aperçoit quelques parcelles de blé géantes et du foin. Nous cassons la croûte en arrivant puis nous entrons dans le musée (gratuitement grâce à America The Beautiful) où nous sommes accueillis en français par une dame qui a vécu 6 mois à Paris et 18 mois à Avignon avant d’être prof de français ici.
Elle nous indique comment procéder et nous commençons par l’épisode emblématique de Great Falls: le grand portage (du 21 juin au 2 juillet 1805). Les aventuriers et leur troupe ne s’attendaient pas à trouver cinq chutes de suite (Great Falls étant la dernière et la plus imposante), ce qui les a contraints au plan B: passer par la terre (et porter toutes leurs possessions, plutôt que de naviguer sur le Missouri (à prononcer Mizouri). L’estimation d’un effort d’une journée s’est transformée en deux semaines d’acharnement. Après le film, nous déambulons dans l’exposition qui fait la part belle aux indiens: peuples, cultures, erreurs de Lewis & Clark… et qui présente en détail et chronologiquement cette expédition fondatrice pour les Etats-Unis fraîchement propriétaires du territoire de la Louisiane = le centre inexploré du territoire, tout ce qui n’était pas occupé par des colons à l’ouest et à l’est du pays. C’est donc un territoire beaucoup plus grand que ce que représente l’état de Louisiane tel qu’on le connaît aujourd’hui.
C’est très intéressant, bien documenté, et il y a quelques spécificités à destination des enfants. Ayant lu un condensé des journaux tenus par certains aventuriers durant l’expédition, je n’apprends pas grand chose, mais je suis heureux de partager mon intérêt pour cette aventure avec Val et les enfants (Tonin a commencé la lecture des journaux) et je suis ému à l’idée de me retrouver au même endroit que les protagonistes de l’expédition.

Après la visite, Val et moi descendons au bord du Missouri et y plongeons nos mains, à l’instar de ce que nous fîmes dans le Mississippi, il y a une éternité me semble-t-il. Des mouettes et des oies, plus des moustiques, mais toujours pas de rattlesnake à l’horizon. Les jardins autour du centre sont plantés des nombreuses espèces découvertes par Lewis & Clark, ou en tous cas, portées à la connaissance des américains de l’est, en plus des 120 espèces animales inconnues qu’ils ont répertoriées. En outre, la cartographie créée par Clark est impressionnante de précision, considérant les moyens à sa disposition et les efforts qu’elle a requis. Elle a guidé les pas de tous ceux qui se sont risqués dans ces contrées après eux.

Janelle ne se sent pas très bien et nous partons. J’essaie de nous emmener à Crooked Falls, les seules chutes non domestiquées par un barrage hydro-électrique, mais on débouche sur un cul-de-sac, à proximité de Rainbow Dam. Il reste environ 1h30 de route donc je ne cherche pas à percer ce Mystère plus avant. Nous passons par le centre de Great Falls pour partir en direction d’Helena, la capitale du Montana. Environ 50 miles avant cette dernière, le paysage se transforme. Nous entrons dans le Lewis & Clark county qui se compose de paysages de montagne et la route serpente au milieu d’une sorte de canyon au fond duquel s’étendent les méandres du Missouri. C’est comme si le Grand Esprit avait remplacé notre pare-brise perclus de cadavres de moustiques (malgré un nettoyage ce matin) par une carte postale du Montana: le soleil déclinant miroite dans les eaux du Missouri au milieu d’une nature aux pentes douces mais bien présentes. C’est indescriptible si on veut faire justice à la beauté des lieux et cela me laisse subjugué.

Le Montana était un des mes objectifs pour ce voyage et je réalise que je me trouve en son cœur. Nous voyons encore des biches dans les champs alentour, voire sur la route mais à l’état de carcasse… Nous arrivons à Helena dans une atmosphère légèrement voilée. Depuis plusieurs miles déjà, nous observons une sorte de brouillard comme de la fumée et l’odeur achève de nous convaincre: quelque chose brûle quelque part. Renseignements pris, il y a deux feux à l’ouest d’Helena. On verra ce que ça donne demain, car nous devons voyager dans cette direction. Courses au Walmart pour soulager le porte-monnaie et les intestins. Nous ouvrons la première bouteille de vin du voyage pour célébrer notre pré-anniversaire de mariage.

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