Tes questions sont vraiment très intéressantes...
Pour savoir si Erwin et moi sommes tombés éperdument amoureux l'un de l'autre et si nous avons fait un remake d'un film à l'eau de rose à l'aéroport (mon mari appelle ça un film "lolottesque" d'ailleurs, rapport à mon prénom
Concernant les anecdotes qui t'ont choquée :
- à cette époque, le phénomène de "teenage pregnancy" était très fréquent aux Etats-Unis et posait un réel souci sociétal, notamment dans toutes les zones en difficulté économique : ghettos noirs dans les villes, blancs pauvres du Vieux Sud (on les appelait les "white trash"), etc.
Lors de mon année en Virginie Occidentale, alors qu'il devait y avoir moins de 300 élèves dans mon lycée, j'ai connu pas moins de 5 ou 6 filles-mères, et au moins autant d'élèves sont tombées enceintes cette année-là... ! Inimaginable en France à l'époque (et même encore maintenant). Et dire qu'ils croyaient dur comme fer être le pays le plus évolué du monde et que leurs ados ne connaissaient pas les moyens contraceptifs les plus basiques !!! Hallucinant...
- certaines femmes savent lire des cartes bien sûr (ma fille est excellente à cela, c'est la liseuse de cartes de la famille, comme tu l'étais dans la tienne)... mais pas toutes ! Concernant le dialogue dans la voiture, c'est du vécu ! Et je sais par mes amis que chez eux, ça se passe comme ça, des fois...
Et pour répondre à tes questions :
- le seul moyen pour moi de passer un an "pas trop cher" aux Etats-Unis tout en étant scolarisée était de partir avec cette formule "d'échanges" scolaires. Cela permettait d'avoir un visa d'études d'un an, et coûtait bien moins cher qu'une année dans une université américaine. Au final, même si je "perdais" un an par rapport à mes études, ça n'étais pas très grave : je n'avais jamais redoublé, et étant de la fin de l'année, j'avais même quasiment un an d'avance par rapport à ceux de début d'année. Cela me permettait d'avoir le "bac" américain, qui ne m'a jamais servi à autre chose qu'à avoir une ligne sympa sur mon CV, soit, mais ça le fait quand même
Et je trouvais ça sympa et intéressant de vivre pendant un an pendant une lycéenne américaine. Je ne regrette pas ce choix. Avec le recul, étant donné mon jeune âge quand je suis partie (17 ans), je pense même que c'était un bon choix que de passer un an au sein d'une famille plutôt que toute seule sur un campus universitaire... et c'était probablement plus rassurant pour mes parents.
- si, bien sûr, le fondamentalisme religieux de ma famille d'accueil m'a souvent pesée (j'étais pourtant moi-même issue d'une famille croyante et avais reçu une éducation catholique), et nous avons fréquemment eu des arguments à ce sujet lors de l'année que j'ai passée chez eux, car ils étaient relativement intolérants, mélangeant racisme et intolérance religieuse sans même sans apercevoir, et avaient du mal à accepter que tout le monde ne partage pas leurs croyances...
Les trips du style "jesus saved me", "Il ne faut pas mélanger les races, c'est écrit dans la Bible, si si", etc... à la fin de mon année chez eux, je peux te dire que j'en avais eu ma claque !
Mais je n'avais pas eu le choix de la famille d'accueil, ce sont eux qui m'avaient choisi sur mon dossier, et au final, même si leur fondamentalisme religieux m'a beaucoup gênée chez eux, ils avaient aussi beaucoup de bons côtés, étaient des parents très aimants, de supers hôtes d'accueil et des gens "bons".
Finalement, donc, j'ai réussi à faire abstraction et à passer outre les aspects qui me gênaient chez eux (personne n'est parfait) et tu as pu constater que toutes ces années après, nous sommes toujours très liés !!! Et maintenant, ils connaissent mon mari et mes enfants, qui les adorent à leur tour...





