Mais retournons donc au lendemain, vendredi 31 janvier. Il est 5h50 du matin, le départ de l’Airbus est prévu à 6h15. Je suis exténué par les problèmes de la veille, mais tellement soulagé de pouvoir enfin partir et de revoir les Etats-Unis. Les derniers passagers prennent place à bord, l’ambiance est très détendue. L’agent de trafic (à ne pas confondre avec les contrôleurs du trafic aérien) donne au Commandant de bord la Loadsheet qu’il doit valider et signer. Ce précieux document est un devis de masse et plan de chargement de l’
avion avec indication : du centre de gravité prévisionnel de l’appareil une fois chargé, du calcul prévisionnel du « taxi fuel » (carburant consommé au roulage jusqu’à la piste d’envol), du « take-off Mass » (masse au décollage), du
take-off fuel (carburant consommé au décollage), du
trip fuel (carburant consommé durant l’altitude de croisière), ou encore de sa masse à l’atterrissage. Il y a en outre le nombre de passagers par Genre (pour calculer une masse moyenne en fonction du sexe) et leur répartition régulière dans la cabine si le vol n’est pas plein, primordiale pour avoir un centre de gravité cohérant ! L’agent valide également le nombre de bagages en soute qu’il aura lui-même comptabilisé, et s’il est le même que
nous, agents d’escale, lui avons transmis. S’il y a un bagage en trop, l’
avion ne part pas et un nouveau comptage s’impose, et au pire une reconnaissance de bagages de la part tous les passagers ! Il est bientôt 6h15, les papiers sont signés, le ravitaillement en carburant terminé, les soutes à bagages se ferment, tout est en règle.

Dans l'A320 à 5H50...
Le push-back de l’
avion s’effectue une minute en avance, les pilotes commencent à allumer les deux réacteurs CFM 56 de l’A320. L’
avion s’élance lentement sur le taxiway, en direction de la piste d’envol qu’il gagne au bout de cinq minutes de roulage, tandis que les hôtesses nous informent des traditionnelles consignes de sécurité en cas d’urgence. Rapidement, on a l’autorisation de décollage. Réacteurs à quasiment pleine puissance, rugissant dans la nuit, l’
avion accélère rapidement pour atteindre la vitesse de rotation, et se cabre sans difficulté pour décoller en douceur vers le ciel… Dans seulement vingt-cinq minutes, l’
avion amorcera sa descente vers la région Parisienne. Durant ce court vol, je ne peux m’empêcher de penser au voyage de mes rêves que je suis en train de réaliser. Quinze jours à Tucson, plus quinze jours à voyager en cow-boy solitaire dans ma
voiture de location, à travers les différents déserts et sites touristiques de l’Ouest Américain.
Déjà que l’année dernière j’avais accompli mon premier rêve pour mon premier « Tucson mineral shows », et voyage aux Etats-Unis également, en y restant quinze jours… Mais là c’est durant un mois dans le pays que j’affectionne le plus, notamment pour ses paysages uniques et grandioses, ainsi que ses routes fascinantes. Il fait toujours nuit quand l’appareil atterri à Charles-De Gaulle. Il mettra vingt minutes pour gagner sa passerelle de stationnement au Terminal 2F.
Après environ trois heures d’attente au Terminal 2E, je peux enfin embarquer dans le plus gros bi-réacteur du monde, le Boeing 777-300ER. Quelques passagers portent un masque, le spectre du Cov-19 se faisant de
plus en plus ressentir depuis la mi-janvier !
Boeing 777 vu depuis... un 777 !
En Economy, plus de place pour les jambes qu'en Business...
A 11h locale, il s’élance avec lourdeur sur l’une des nombreuses grandes pistes de l’aéroport. Après un décollage parfait, l’
avion prend la direction des îles britanniques, qu’il atteint rapidement, survole la côte Sud de l’Irlande, où de très fortes turbulences se font ressentir, alors que l’on a commencé notre déjeuner. Dans l’annonce de prévention de l’hôtesse, on peut entendre facilement dans le micro les objets valser, ce qui me fait rigoler, on se croirait dans un film ! Ce qui me fait moins rigoler, c’est mon verre de Champagne qui s’agite dans tous les sens… Viens maintenant la longue traversée de l’Atlantique Nord, face au vent à 780 km/h en moyenne, et à 11 km d’altitude. Au bout de cinq heures, nous commençons à survoler les premières terres de l’Amérique, en particulier le Labrador, complètement gelé et enneigé. Puis, le Boeing longe le fleuve du Saint-Laurent au Québec, et se dirige plein sud pour survoler la banlieue Ouest de
New-York, qui se trouve malheureusement sous les nuages (comme l’année dernière !), puis
Washington D.C., la capitale fédérale. Nous amorçons notre descente vers Atlanta au bout de 9h de vol. Quarante minutes plus tard, c’est enfin l’atterrissage à 14h30 heure locale avec cinq minutes d’avance, dans l’aéroport le plus fréquenté du monde et son « hub » géant des avions de la compagnie Delta. Lors de l’atterrissage, je ne peux que m’émerveiller de voir les autoroutes typiques Nord-Américaines, si particulières et géantes ! Après un atterrissage assez brutal, l’
avion se dirige vers le terminal des compagnies internationales.
Les terres gelées de Terre-Neuve et du Labrador
Atlanta Hartsfield-Jackson international airport !!
Il est temps maintenant de passer l’Immigration ! Une fois sorti de l’
avion, je m’empresse de rejoindre le hall où sont situés les différents bureaux des agents des US Customs and Border Protection. J’ai la chance d’arriver parmi les premiers (l'avantage d'Atlanta, bien que ça soit l'aéroport le plus fréquenté du monde, il n'est que le septième aéroport américain pour les vols internationaux, donc beaucoup moins d'attente à l'immigration qu'à L.A. sauf si vous êtes malchanceux en ayant eu un vol international avant le vôtre

). Je suis rapidement reçu par un agent, qui est lui-même supervisé derrière lui par un collègue qui lui donne des conseils. Il devait débuter dans le métier ! Après un interrogatoire plus poussé que l’année dernière, à cause de la durée assez longue de mon séjour pour un « touriste », et après s’être assuré que j’avais les moyens financiers suffisants pour subvenir à mes besoins durant mon séjour, il se met à tamponner mon
passeport avec la mention « accepted, until 29th April 2020 ». Ouf ! J’étais admis sur leur territoire, je me fichais pas mal maintenant si mon dernier vol serait en retard ou pas… J’étais aux « States » et c’est tout ce qui comptait pour moi ! Je récupère ma valise en soute, pour la laisser ensuite sur le carrousel à bagages des vols intérieurs (les « connexion flights »). En effet, si jamais un passager était refusé par l’Immigration, cela aurait été dommage pour lui que sa valise voyage jusqu’à sa destination finale où il ne se serait malheureusement jamais rendu… J’ai cinq heures d’attente à Atlanta. Je repasse sans encombre la sûreté contrôlée par les agents du Transport Security Administration, puis me dirige vers ma porte d’embarquement pour le dernier vol, en prenant un métro souterrain.
l'A321 que je prendrai dans peu de temps...
.Ayant beaucoup de temps, je m’amuse à déambuler dans le terminal, à observer les destinations du moment sur les portes d’embarquement : des cités classiques ou méconnues de l’Ouest, du Midwest, du Golfe du Mexique, ou encore du Tennessee et de la Côte Est. Le ballet des passagers et des avions est incessant ! J’ai une belle vue sur l’extérieur : un atterrissage et décollage toutes les moins d’une minute ! Le taxiway est embouteillé. La nuit commence à tomber, et je me dirige vers ma porte d’embarquement après avoir mangé des nuggets. J’y fais la rencontre de François Escuillié, paléontologue réputé dans sa profession, accompagné d’une journaliste. Ils ont pris le vol du début d’après-midi à Paris. Ils doivent tourner un reportage pour Arte, sur les fossiles et l’évènement de Tucson. Nous embarquons donc dans le même
avion ! L’Airbus A321 bondé s’arrache de la piste à 20h30, pour un vol de trois heures et demie en direction de l’
Arizona. L’appareil survole le sud du pays d’Est en Ouest, en passant par l’
Alabama, le Mississippi, le sud de l’Oklahoma, l'ouest du Texas, le Nouveau-Mexique… L’
Arizona est enfin en vue sur notre
GPS ! Malheureusement, il fait nuit et je n’ai rien pu voir. Nous atterrissons à 22h10 heure locale, sachant qu’il y a deux fuseaux horaires en moins par rapport à la Géorgie, et moins huit heures par rapport à la France. Je reprends ma valise, puis me dirige vers la société de
location de voiture. Une jolie Toyota Corolla compact noire en boîte automatique m’attend dans la pénombre du parking ! Il est temps de se diriger vers le
motel, de payer ma chambre pour quinze jours (et 600 dollars/500 euros de plus que prévu), de profiter d’une nuit bien méritée et de tomber dans les bras de Morphée après un voyage de plus de 24h !
(la suite se week-end si vous êtes sages !

)