Cela faisait un bon moment que j'avais en tête d'écrire ce carnet, et je me disais que cela n'intéresserait personne. Et puis le quotidien prend le dessus et ça tombe dans les oubliettes. Et avec l'ouverture prochaine des frontières, elle revient cette petite idée. Après tout, pourquoi pas ? et sachant combien vous en êtes friands, je prends mon stylo, enfin je me mets au clavier, c'est ma façon de vous remercier.
Celui-ci ne sera pas aussi bien rédigé que les vôtres, nous ne sommes pas des pros de la photo, mais nous ferons de notre mieux pour partager avec vous notre expérience.
Commençons par les présentations :
- Lui, Phil, Montpellierain, agent de sécurité incendie, passionné de culture américaine - western, country music et ribs
- Moi, Jo, néo-calédonienne, employée de bureau, fan de voyage, amatrice de country music, aimant se retrouver en pleine nature ;
la cinquantaine tous les 2, habitant en Nouvelle-Calédonie.
Phil ne jure que par les USA, c'est son rêve, et moi j'adore voyager. Malheureusement, nos destinations se cantonnent principalement à... la France. Pour Phil, revoir sa famille, ses amis, son pays, c'est une nécessité. Je l'ai accompagné 2 fois ; mettre les fesses dans un avion me rend heureuse, mais ces voyages sont un gros budget et il est vrai que d'autres destinations me manquent.
On en parlait souvent de partir aux USA, mais ça restait un rêve. Et, je ne sais plus comment, en 2015, l'idée d'une virée réelle aux US a commencé à faire son chemin. Le budget suivrait-il ? On fait les comptes, on réfléchit, on hésite encore. Mais la tentation est la plus forte, c'est décidé on se lance. Et tant pis pour le coût (enfin pas vraiment), mais pour une fois on se permettra quand même des plaisirs.
L'éventualité d'un tour organisé a été évoquée, mais immédiatement rejetée. Non, ce voyage, nous le préparerons nous-mêmes. Et c'est sans regret !
J'ai de suite commencé à fouiner un maximum de données sur internet et je suis tombée sur ce forum qui, on ne le redira jamais assez, est une mine de renseignements, de bons plans, d'astuces et j'en passe. MERCI à Dommm pour ce forum et à vous tous, les roadtrippers ; je ne nommerai personne, j'en oublierai. Je ne participe pas à vos discussions, mais j'en ai passé des heures à vous lire pour trouver LE lieu à visiter absolument, LE petit indice qui ferait le petit plus....
N'étant vraiment pas certains de pouvoir y retourner un jour, nous avons hésité entre 2 ou 3 régions en y restant suffisamment longtemps pour bien les visiter, ou plusieurs mais sur un laps de temps très court. Nous avons opté pour la 2ème solution en privilégiant les villes.
Mais je ne pourrais pas écrire tous les jours, merci d'avance de votre patience.
Oh la là, je sens que ça trépigne d'impatience ! On y arrive.
Sommaire
J1 - Départ - Vol Tontouta / Miami via Auckland et Houston
J2 & J3 - Miami
J4 à J6 - Nashville
J7 & J8 - Memphis
J9 à J11 - Dallas - Fort Worth
J12 - Waco - Georgetown
J13 à J15 - San Antonio
J16 - Fort Stockton
J17 & J18 - El Paso
J19 - Albuquerque
J20 & J21 - Santa Fe
J22 - Gallup
J23 - Monument Valley
J24 - Page
J25 & J26 - Las Vegas
J27 - Barstow
J28 à J31 - Los Angeles
J32 & J33 - Retour (1ère partie) Vol Los Angeles/Auckland
J34 & J35 - Auckland
J36 - Retour Auckland/Nouméa
Itinéraire prévu
Trajet avion aller / retour
Aller : Nouméa—Auckland—Houston—Miami
Retour : Los Angeles—Auckland—Nouméa
Trajet USA
En avion : Miami / Nashville
En bus Greyhound : Nashville / Memphis
En avion : Memphis / Dallas-Fort Worth
En voiture : Dallas-Fort Worth / Waco - Georgetown / San Antonio / Langtry - Fort Stockton / El Paso / Albuquerque / Santa Fe / Gallup / Monument Valley / Page / Las Vegas / Barstow / Los Angeles
Notre itinéraire prévu avec les distances et temps (vous reconnaissez le tableau de Roadtrippin
https://www.flickr.com/photos/189479815 ... 030886704/
Le départ :
Nouméa, Nouvelle-Calédonie, Vendredi 31 Mars 2017, 3 heures du matin.
Dans notre petit appartement, le réveil sonne. Le jour J est arrivé, on se lève sans traîner.
Phil passe à la salle de bains, opération rasage, et puisqu’il y est, la douche. Ensuite le petit déjeuner, enfin un thé suffira, à cette heure-là difficile d’avaler quelque chose. De toute façon, un plateau sera servi dans l’avion. Pendant ce temps, Jo avale son café et termine quelques petites choses : faire la vaisselle du petit déjeuner et la ranger, vider le frigo des 2-3 dernières choses qu'il contient, mettre les étiquettes sur les bagages... avant à son tour de passer à la douche.
La navette doit passer nous prendre à 5h35 pour un décollage à 8h. On reçoit un texto nous prévenant qu'elle aura 10 mn de retard, donc 5h45. A l'heure dite on descend, le véhicule est là. L’autre passagère a les cheveux ébouriffés, comme si elle venait de se lever, le retard de la navette lui est sûrement dû.
Arrivés à l'aéroport, l'enregistrement. L'agent nous demande les ESTA, on ne pensait pas avoir à les présenter, heureusement j'ai tout imprimé, et même en double, un exemplaire avec moi et le deuxième avec monsieur, on ne sait jamais...
Dès l'appel, on passe en salle d'embarquement, histoire de se balader dans les boutiques en attendant l'heure d'embarquer. Nous avons imaginé, rêvé, préparé ce voyage depuis plus d'un an, et cette fois, ça y est, on y est ! Le décollage était prévu pour 8h, il a lieu réellement vers 8h10 – 8h15. Comme toujours, on a choisi des places sur le côté de l'avion, côté couloir, où on est 2 pour 3 sièges, chouette, plus de place et j'en profite pour m’installer sur le siège côté hublot.
Notre avion (compagnie locale)
https://www.flickr.com/photos/189479815 ... 030886704/
Après le décollage, le petit déjeuner est servi ; depuis 3h du matin qu'on est debout, on avait l'estomac dans les talons : omelette avec une tranche de bacon, pain, beurre, confiture de fraise, croissant, jus d'orange et thé ou café.
Ensuite digestion en attendant l'arrivée. Eh oui, dans les petits courriers Aircalin, il n’y a pas d'écran et nous n'avons pas de tablette, mais pour 3h de vol, on peut s'en passer.
Atterrissage à Auckland à l'heure prévue, 12h35 heure locale, après 3h de vol, le passage à la sécurité se passe sans problème. Nous passons le temps en faisant le tour des boutiques, mais n'achetons rien. De toute façon, au retour on s'y arrêtera 2 jours, donc on ne va pas commencer à s'encombrer. Quelques photos souvenirs quand même. Le décollage pour Houston est prévu pour 17h, l'ouverture de la porte d'embarquement pour 16h. A l'heure dite, on s'en rapproche. Après 10-15 mn d'attente, on est appelé au micro : panique ! Qu'est-ce qui se passe ? A priori c'est juste une vérification pour éviter qu'on ne soit refoulé à l'arrivée : contrôle des passeports, ESTA, adresse à l'arrivée, temps du séjour... l'occasion de se remettre à l'anglais, car même si on s'était mis à Duolingo, avec une personne anglophone en face, ce n'est pas tout à fait pareil ! Tout est bon, on peut souffler ! D'autres personnes sont ensuite appelées, cela doit être tout ce qu'il y a de plus banal pour les agents de la compagnie.
L’embarquement se fait un peu avant 17h, heure prévue du décollage. Allez, on va attaquer le gros trajet, plus de 13h de vol. Cette fois, je ne peux être au hublot, une passagère y est déjà, bien calée dans son siège.
Notre deuxième avion
https://www.flickr.com/photos/189479815 ... 030886704/
Vers 17h10, l'avion quitte le satellite, recule, avance puis s'arrête...
Avec Phil on suppose qu'il attend le feu vert de la tour de contrôle, mais le temps d'attente s'allonge et on commence à se poser des questions, d'autant que les autres avions continuent d'atterrir, de décoller, et le nôtre ne bouge toujours pas. Une annonce est faite par le commandant, mais en anglais, on a déjà du mal quand on a la personne en face, alors via un micro... mais bon, autour de nous, les gens ne réagissent pas, donc pourquoi s'inquiéter ? L'attente se prolonge, une agitation particulière du côté du personnel navigant, quelqu'un serait-il malade ? On interpelle une hôtesse pour savoir ce qui se passe, celle-ci prend le temps de nous expliquer, mais encore une fois en anglais. Un peu plus tard, une deuxième annonce est faite : on en comprend des bribes mais nous adressons quand même à notre voisine, une anglophone, pour qu’elle nous explique ce qui se passe, ce qu'elle fait très gentiment : on comprend qu'il y a un problème de roue semble-t-il, le train d'atterrissage ? le commandant ne sait pas encore si la réparation se fera sur place, ou si nous devrons changer d'avion. Différentes annonces suivent, puis celle, près de 2h après l'embarquement, eh oui ! la réparation est possible mais cela nous vaudra encore 3h d'attente. Notre aimable voisine nous le confirme et précise que le dîner sera servi durant cette attente. Mal-être de Phil, lui qui appréhendait déjà ce long trajet, rester encore 3h enfermé dans cet avion immobile, sa claustrophobie se rappelle à son bon souvenir ! Il se lève, histoire de respirer, et suite à l'avis d'une hôtesse, visionne un film. Quant à moi, je vois notre correspondance à Houston s'envoler sans nous ! Finalement Phil réussit à se calmer. Quant à notre correspondance pour Miami, prévue après 4h d'escale à Houston, moi qui suis pourtant de nature hyper anxieuse, je le prends très calmement, en me disant que de toute façon la compagnie nous prendra en charge et qu’il ne sert à rien de s'angoisser, qu'il sera temps de s'en inquiéter le moment venu ! Je pense que cette attitude est aussi due au fait que Phil est suffisamment angoissé et que je ne veux pas lui en rajouter. Par chance, on avait décidé de prendre un billet jusqu'à Miami ; sinon la situation aurait été plus compliquée à gérer. Le dîner est finalement servi vers 19h30-19h45 (17h30-17h45 à Nouméa) : petite salade (blé ?), poulet en sauce légèrement épicée/riz, fromage, pain, petit biscuit salé, glace hokey pokey. La boisson arrive bien après, mais le personnel a dû être lui aussi quelque peu pris au dépourvu, on ne leur en veut pas. Et un dîner dans l'avion, sur le tarmac, c'est assez original non ? La nuit est tombée, les avions continuent de rouler autour du nôtre toujours immobilisé... Différentes annonces ont lieu, mais on ne comprend toujours pas grand-chose, pour ne pas dire rien, elles doivent concerner l'évolution des réparations. Finalement à 21h15, décollage imminent. Cette fois c'est la bonne, la Nouvelle-Zélande est une destination qu'on apprécie, mais on est bien content de s'envoler enfin.
Le vol en lui-même se déroule sans autre incident. Un plateau nous est servi plus tard, mais avec cet imprévu je ne pense pas à noter ce qu’il contient, les émotions sans doute, peut-être aussi la fatigue, il ne faut pas oublier qu'on s’était levé à 3h du matin, et on ne fait pas partie de ceux qui dorment très bien en avion.
Arrivée à Houston vers 16h30, quelle heure est-il à Nouméa ? Impossible de le dire, à part le fait que là-bas c’est déjà le samedi 1er Avril, alors qu'à Houston, c’est toujours le 31 Mars !
Nous débarquons dans l'inconnu : le passage aux automates, c'est déjà la queue : scanner les passeports, l'ESTA, prendre la photo, puis de nouveau la queue pour le passage à la douane, où on vérifie encore les papiers, séance photo... C'est dans la file qu'on croise un groupe de calédoniens qui partent sur New Orleans. Ce sont d'ailleurs eux qui nous informent que pour la correspondance, il faut s'adresser au personnel habillé de vert, qu'on recherche dès les formalités terminées et les bagages récupérés. On trouve assez rapidement une hôtesse : la compagnie nous a enregistré sur une correspondance qui décolle à 18h, mais il est déjà 17h30 et l'enregistrement pour ce vol est terminé. Le suivant est pour le lendemain à 13h52. Pas le choix, tant pis. Air New Zealand nous envoie à l'hôtel Marriott North avec prise en charge de la nuit, du dîner, breakfast et navette A/R. On a du mal à trouver où prendre cette dernière ; on attend un moment là où bus, shuttles... passent mais le nôtre n’arrive pas. Je décide d’aller me renseigner à l’accueil : l'hôtesse est très aimable, elle est au courant du retard de l'avion, et appelle même l'hôtel pour être sûre qu'on y est attendu, puis indique où attendre, ce n'était pas du tout là où on s'était posté ! Je retourne donc chercher Phil, et on attend patiemment la prochaine navette ; dans l'intervalle j'ai acheté une petite bouteille d'eau, notre 1ère dépense, mais on l'a sentie passer : $ 3,29 !!! ayayaïe. La navette finit par arriver, et nous conduit à l'hôtel.
https://www.flickr.com/photos/189479815 ... 030886704/
ANZ ne s'est pas moqué de nous, classe l'hôtel, une belle grande chambre, le luxe après ce long voyage. Et on est sûr d'être aux USA, et plus précisément au Texas !
Phil téléphone à ses connaissances à Miami pour l'informer de notre retard. De mon côté je téléphone à l'hôtel de Miami pour les prévenir également de notre arrivée retardée. Puis une bonne douche s’impose avant de descendre dîner.
Apéro oblige, ce sera une Bud pour monsieur ! Je commande un Coca. Suivi d'un repas bien américain, des ribs avec des frites et une coleslaw. Pas de dessert. Le serveur est vraiment sympa, il a droit à un bon TIP.
https://www.flickr.com/photos/189479815 ... 030886704/
Après toutes ces émotions, une bonne nuit de repos s'impose, mais tout d'abord Phil va faire un tour sur sa Page FB pour informer famille et amis qu'on a fini par arriver aux USA après quelques péripéties !









