Mardi 7 août : de Swakopmund au Damaraland…
Aujourd’hui nous quittons la côte pour le Damaraland… Le Damaraland est aujourd'hui une appellation touristique correspondant à une région très sauvage regroupant parmi les sites géologiques les plus extraordinaires de Namibie : le Spitzkoppe, le Brandberg, la chaîne du Grootberg, et ses plateaux, Twyfelfontein, la montagne brûlée, la vallée des tuyaux d'orgue…
Kristall Galerie
Mais avant nous avons promis à la miss de visiter la Kristall Galerie, le musée des cristaux. En effet, il renferme le plus gros quartz au monde jamais trouvé, et une belle collection de tourmalines, quartz en tous genres et pierres semi-précieuses et précieuses. La Namibie et son sous-sol très riche est en effet un paradis pour les amateurs de minéralogie (ce qui fût mon cas dans ma jeunesse et la miss s’y intéresse un peu aussi). La miss appréciera particulièrement le "Gem Garden" où contre 20N$ elle pourra remplir un petit sachet de pierres...
Au choix !!!
La visite est rapide mais intéressante… 1 heure et demi plus tard nous prenons la route…
4h30 de route pour 325km…
Sur la route entre Swakopmund et le Damaraland
On quitte Swakopmund après avoir fait le plein d’essence et fait vérifier la pression des pneus… Tout est ok, on rejoint la C34, qui longe la côte Atlantique. Cette route est en fait une croûte de sel et de gypse… Il faut faire attention à ne pas déraper, cela ressemble à du bitume mais n’en est pas, et c’est glissant quand humide.
On passe à côté de Wlotzkasbaken, sorte de village posé là au milieu de nulle part, qui semble fait de containers colorés… Photogénique !
Puis arrêt pour voir une épave de bateau… nous sommes en effet sur la Côte de Squelettes…
Cette côte est originellement nommée ainsi car elle est associée à l'imagerie populaire effrayante des naufrages de navires ou d'échouages de bateaux dans le brouillard. En réalité, les plages étaient jonchées de carcasses de baleines tuées par les chasseurs ainsi que de squelettes de phoques. Il y a tout de même quelques épaves de navires échoués et partiellement recouvertes par le sable.
Le Zeila s'est échoué le 25 août 2008 près de « Die Walle », un spot de pêche célèbre à environ 14 km au sud de Henties Bay.
On bifurque vers les terres sur la C35, toujours de la piste, assez roulante et déserte… On aperçoit le Spitzkoppe sur notre droite, puis le massif du Brandberg sur notre gauche. Petit arrêt photo et pique-nique…
Nous entrons dans le secteur des éléphants du désert...
Après Khorixas, capitale du Damaraland, nous quittons la piste principale pour des pistes secondaires… On ralentit bien et ça secoue pas mal…
Nous avons de la nourriture en stock et nous serons pendant les jours suivant en pension complète… On voit des petits stands sur le bord de la route, certains semblent abandonnés mais nous en voyons un plus grand avec des femmes Himbas et une Herero… Nous nous arrêtons, achetons quelques bricoles, donnons des ballons et des petits jouets aux enfants (nous avions emmené un stock de ballons et de jouets Kinder, nous ne distribuerons pas tout sur le voyage car nous croiserons finalement peu d’enfants… et peu de monde tout court !)… Nous leur laissons également la nourriture que nous avons (à leur demande mais nous éviterons ainsi tout gaspillage, chose impensable dans ce pays). Après avoir leur autorisation je prends quelques photos… Rencontre assez spéciale… on se rend compte des conditions de vie difficiles ici, de la pauvreté des gens… mais de leur sourire également…
Minute ethnique...
Les Himbas sont apparentés aux Héréros et seraient arrivés du Botswana voisin au XVè siècle. Cueilleurs et chasseurs nomades, ils vivent dans le nord de la Namibie, près du fleuve Kunene. La scission se fait avec les Héréros du fait de l'influence de la colonisation et des missionnaires. Les Héréros se convertissent au christianisme, les femmes apprennent la couture et commencent à porter de longues robes victoriennes, pour apparemment cacher leur poitrine alors que les Himbas restent animistes.
Au milieu du xixe siècle, attaqués et dépourvus de troupeaux, ils se trouvent dans l’obligation de se replier en Angola. Pour survivre, ils pratiquent la chasse et la cueillette, occupation humiliante pour un peuple de pasteurs. De cette époque ils tirent leur nom : « Himba » signifie « Les mendiants ».
Dans les années 1920, avec la colonisation sud-africaine, les Himbas traversent à nouveau le fleuve Kunene, dans l’espoir de regagner leurs terres. Peu à peu, ils se reconstruisent et deviennent, dans les années 1970, les pasteurs les plus riches d’Afrique. Mais à nouveau, cela ne dure guère puisqu’en 1980, une terrible sécheresse et la guerre opposant l’armée sud-africaine aux indépendantistes de la « SWAPO », font que leur cheptel est à nouveau décimé.
Patients, les Himbas survivent grâce à l’aide alimentaire, ils reconstituent leurs troupeaux et reprennent leur vie nomade.
Beaucoup aujourd’hui sont sédentarisés et vivent dans la région d’Opuwo, dans des villages traditionnels.
Les femmes Himbas se recouvrent la peau de graisse animale et de poudre d’hématite rouge. Cela les protège de la chaleur et des insectes.
Nous ferons ensuite quelques arrêts pour admirer le paysage et ces chaos granitiques… Impressionnant ! J’adore ce type de paysages et j’étais déjà sous le charme aux
Alabama Hills (et oui encore un paysage commun aux USA !!!).
Y'a pas foule... nous ne croiserons personne sur plusieurs dizaines de km !
Mowani Mountain Camp
Nous arrivons au lodge vers 16h… Très bel endroit encore une fois… Accueil personnalisé, visite du site, explications sur nos activités du lendemain…
La piste d'accès au lodge...
Situé à proximité des rivières Ugab et Huab près de Twyfelfontein, cerné par d’imposants rochers aux couleurs ocre le Mowani Mountain Camp ne semble faire qu’un avec le décor qui l’entoure.
Nous allons à notre « mini-suite »… Superbe ! Nous avons une des 2 chambres du complexe à avoir des vitres et pas de la toile de tente… Nous avons également une climatisation, dont nous aurons extrêmement besoin (mais version chauffage !), car nous passerons ici 2 nuits bien fraîches ! Les autres voyageurs auront bien froid ! Et petit détail, nous n’avons pas de salle de bain dans la chambre, mais dehors ! Heureusement les peignoirs - polaires sont fournis !!! Parce que la douche dehors quand il fait 3 degrés, il faut être motivé !!!
Après avoir pris un goûter – apéro à notre suite, nous irons nous installer pour le coucher de soleil sur les hauteurs du lodge. Des coussins – canapés ont été installés et le bar est ouvert… Petit cocktail avec une vue bien sympa ! Et encore un très beau coucher de soleil !
Nous aurons la compagnie des damans des rochers... ils n'ont pas l'air très sympas ceux-là !
Par contre quelle chute des températures après !!!
Très bon dîner (mais salle non chauffée) encore une fois…
Nous allons nous emmitoufler pour la nuit assez tôt car demain réveil très matinal pour partir faire une traque aux éléphants du désert (traque photographique of course !).
Minute "surprenante" animale : Les Damans...
Ce petit mammifère n'est pas un rongeur comme sa ressemblance avec la marmotte pourrait le laisser croire. Au niveau phylogénique (parenté entre espèces), il s'agit d'un ongulé primitif qui se révèle en fait proche de l'éléphant. Il possède des pattes avant de 4 doigts et des pattes arrière de 3 doigts (chacune dotée de petits coussinets sous les pattes produisant une substance augmentant l'adhérence), une paire d'incisives proéminentes (défenses), une membrane faisant office de « 3ème paupière », et pas de queue. Ces attributs particuliers lui permettent de survivre dans les environnements rocheux en faisant preuve d'une agilité remarquable pour se déplacer sur les arbres et les rochers, même lisses et pentus.
Et oui...
A suivre !
Emmanuelle