Honu, Pele et Poke Bowl - Hawaii 2017
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Re: Honu, Pele et Poke Bowl - Hawaii 2017
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Cessie
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Re: Honu, Pele et Poke Bowl - Hawaii 2017
Dac merciFloran a écrit : ↑21 juil. 2019, 23:26
Les deux volcans sont très différents. Au niveau des couleurs, la palette est plus variée coté Haleakala, c'est certain. Et le pseudo cratère fait qu'on a vraiment un volcan tel qu'on l'imagine.
Sur le Mauna Kea, on est au sommet d'une montagne et seuls les cones donnent le coté volcan. La couleur rouge est par contre assez irréel et les téléscopes bien blancs donnent vraiment un aspect science fiction au site. C'est super photogénique. La montée en voiture est en plus bien sympa, avec plus de panoramas que sur Maui. Je ne ferai pas l'impasse, c'est sur.
Cessie

Carnets de voyages :
2007 Ouest
2011 à 2017 : NYC
2013 : Floride
2014 : Floride
2014 : Chicago
2015 : Boston / Canada
2016 : Ouest
2017 : SF / Hawaii
2018 : Floride / Texas /Louisiane
2019 : Arizona / Nouveau Mexique
2020 : Italie
2021 : Canaries 4 iles en 15 jours
2022 : Floride
2022 : Le Vieux Sud USA

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Re: Honu, Pele et Poke Bowl - Hawaii 2017
Salut Floran !
Un grand merci à toi d’avoir repris ton carnet !
Il fait un splendide complément aux guides “... Revealed” dans lequel je passe des heures. J’ai hâte de voir la suite, mais ce que tu nous montres de la Saddle Road (et de la montée jusqu’au sommet du volcan) est déjà très séduisant !
Indirectement, tu réponds à la question que je me posais plus tôt : faut-il un vrai 4x4 ? Ton arrivée sur l’ile apporte un début de réponse.
Photos (et légendes) au top !
A bientôt, et merci encore.

Un grand merci à toi d’avoir repris ton carnet !
Indirectement, tu réponds à la question que je me posais plus tôt : faut-il un vrai 4x4 ? Ton arrivée sur l’ile apporte un début de réponse.
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L'Amérique comme si vous y étiez grâce à la magie de la vidéo !
USA Canada 2014 : Québec, Ontario, Nouveau-Brunswick, Nord-Est des USA (Acadia NP, Boston, New York, Ithaca). 30 épisodes de 5 à 24 minutes chacun. Durée totale : 6h51
USA 2016 : Colorado, Arizona, Nevada, Utah. 37 épisodes d'environ 20 minutes chacun. Durée totale : 12h30
USA 2017 : Floride. 15 épisodes d'environ 20 minutes chacun. Durée totale : 5h13
USA 2018 : Californie, Oregon, Idaho, Wyoming, Utah, Nevada. 54 épisodes d'environ 20 minutes chacun. Durée totale : 19h10
Séminaire en pays arverne : rencontre entre les membres de la communauté RoadTrippin en août 2017. Durée : 6mn
Séminaire œnotouristique : rencontre entre les membres de la communauté RoadTrippin en mars 2018. Durée : 16mn
USA Canada 2014 : Québec, Ontario, Nouveau-Brunswick, Nord-Est des USA (Acadia NP, Boston, New York, Ithaca). 30 épisodes de 5 à 24 minutes chacun. Durée totale : 6h51
USA 2016 : Colorado, Arizona, Nevada, Utah. 37 épisodes d'environ 20 minutes chacun. Durée totale : 12h30
USA 2017 : Floride. 15 épisodes d'environ 20 minutes chacun. Durée totale : 5h13
USA 2018 : Californie, Oregon, Idaho, Wyoming, Utah, Nevada. 54 épisodes d'environ 20 minutes chacun. Durée totale : 19h10
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- HeleneD
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Re: Honu, Pele et Poke Bowl - Hawaii 2017
Très belles photos Floran
Avec 10 voyages à Hawaii, j'ai eu l'occasion d'aller sur le Mauna Kea à 6 reprises, dont 2 visites à l'intérieur des deux observatoires du Keck Observatory.
J'avais un cousin qui travaillait pour ces observatoires, ce qui facilitait les démarches, les bureaux étant à Waimea.
L'Haléakala sur Maui, pour moi, surpasse de loin et le Mauna Kea sur Big Island pour la beauté du paysage et les trails pour descendre dans le cratère vers les cônes volcaniques. Ce qui n'empêche pas les beaux décors sur le chemin du sommet du Mauna Kea
Sur le Mauna Kea, j'ai des difficultés avec l'altitude (malgré 2 arrêts de 30 minutes à 2000 m et 3000 m) sur l'Haléakala je ne ressens pas les problèmes liés à l'altitude. En plus, il faut une veste parce qu'il y a du vent( les panneaux de signalisation sont troués pour éviter que le vent les renverse) et il y fait froid là haut. Le coucher de soleil attire du monde, des minibus avec des touristes envahissent le périmètre.
Lors de mes visites, un 4 X 4 était obligatoire, souvent un policier/ranger vérifiait le véhicule. Il y avait interdiction de monter sur le sommet du Mauna Kea qui est un lieu sacré pour les hawaiiens, preuve encore actuellement avec la mobilisation pour interdire la construction du nouvel observatoire.
Vous pouvez visiter aussi le Mauna Loa, prendre la route sur la droite( si vous venez de l'ouest). Sur la gauche vous allez vers la Mauna Kea. Les deux routes sont distantes de 200 m.
La route du Mauna Loa est une one lane road, mais il y a des aménagements pour se croiser. On n'a pas accès aux observatoires, un parking pour 5 voitures est aménagé. Au départ du parking un trail de 6 miles one-way pour grimper au sommet, on peut passer la nuit dans une cabin à 5.9 miles. Du parking, on peut également apercevoir le dôme où était confiné les astronautes pour une future mission sur mars.
Bonne continuation à ton carnet qui apporte du rêve aux futurs visiteurs d'Hawaii.
Baron12
Avec 10 voyages à Hawaii, j'ai eu l'occasion d'aller sur le Mauna Kea à 6 reprises, dont 2 visites à l'intérieur des deux observatoires du Keck Observatory.
J'avais un cousin qui travaillait pour ces observatoires, ce qui facilitait les démarches, les bureaux étant à Waimea.
L'Haléakala sur Maui, pour moi, surpasse de loin et le Mauna Kea sur Big Island pour la beauté du paysage et les trails pour descendre dans le cratère vers les cônes volcaniques. Ce qui n'empêche pas les beaux décors sur le chemin du sommet du Mauna Kea
Sur le Mauna Kea, j'ai des difficultés avec l'altitude (malgré 2 arrêts de 30 minutes à 2000 m et 3000 m) sur l'Haléakala je ne ressens pas les problèmes liés à l'altitude. En plus, il faut une veste parce qu'il y a du vent( les panneaux de signalisation sont troués pour éviter que le vent les renverse) et il y fait froid là haut. Le coucher de soleil attire du monde, des minibus avec des touristes envahissent le périmètre.
Lors de mes visites, un 4 X 4 était obligatoire, souvent un policier/ranger vérifiait le véhicule. Il y avait interdiction de monter sur le sommet du Mauna Kea qui est un lieu sacré pour les hawaiiens, preuve encore actuellement avec la mobilisation pour interdire la construction du nouvel observatoire.
Vous pouvez visiter aussi le Mauna Loa, prendre la route sur la droite( si vous venez de l'ouest). Sur la gauche vous allez vers la Mauna Kea. Les deux routes sont distantes de 200 m.
La route du Mauna Loa est une one lane road, mais il y a des aménagements pour se croiser. On n'a pas accès aux observatoires, un parking pour 5 voitures est aménagé. Au départ du parking un trail de 6 miles one-way pour grimper au sommet, on peut passer la nuit dans une cabin à 5.9 miles. Du parking, on peut également apercevoir le dôme où était confiné les astronautes pour une future mission sur mars.
Bonne continuation à ton carnet qui apporte du rêve aux futurs visiteurs d'Hawaii.
Baron12
Re: Honu, Pele et Poke Bowl - Hawaii 2017
Salut la compagnie,
comme le solstice, je reviens une fois tous les 6 mois pour avancer mon carnet.
Ce coup-ci, j'ai une excuse valable, le déménagement du Colorado vers l'Islande avec un tout petit ce n'est pas de tout repos. Je vais essayer de profiter de ma période sans boulot pour finir ce récit (et faire les suivants). Mais je ne promets rien ! J'ai une nouvelle langue qui ne ressemble à rien à apprendre après tout ! D'une île volcanique à l'autre, je clôture cet aparté et retourne vers Hawaii pour vous relater une expérience hors du commun sur les flancs de volcan Kilauea.
Comme d'habitude, quelques photos en plus et une meilleurs mise en Page sur notre blog (mais l'essentiel du récit est recopié ici) : http://www.mabouls2boulder.fr/2019/11/0 ... is-perdus/
Honu, Pele et Poke bowl : Paradis Perdus

Jeudi 14 Septembre 2017
Au moment de relater cette journée, de drôles de sensation m’étreignent. Tout ce que nous avons vécu, ressenti, vu, n’existe pratiquement plus. A Hawaii, les habitants ont l’habitude de dire qu’ils ne sont que les locataires de l’île, que la véritable propriétaire est Pelé, personnification divinisée des volcans (et par ailleurs joueuse de foot remarquable). On perçoit la force de ce proverbe lorsque l’on sait que tous les paradis aquatiques que nous avons découverts, ces refuges de la faune et de la flore marine sont aujourd’hui recouverts par quelques mètres de lave issus de la spectaculaire coulée de mai-juin 2018. Aujourd’hui la pierre en fusion a séché, sa source s’est tarie et il n’est plus possible d’observer à l’air libre cette luminescence issue des tréfonds du globe. Pelé est endormie et rêve sûrement avec nostalgie à tous les trésors qu’elle a ensevelis. Du moins jusqu’à son prochain réveil!

Notre journée commence par un bon petit déjeuner dans notre beau logement. Nous en profitons pour faire un petit tour du jardin que la tombée du jour ne nous a pas permis de faire la veille. La végétation est luxuriante, des fleurs un peu partout, probablement un énorme travail des propriétaires mais qui vaut le coup.




Pas d’alcool au petit dej’ pour éviter d’être L’ivre de la jungle.
Nous prenons la voiture pour aller au coin nord-est de l’île, tout au bout de la péninsule de Pahoa. Le cap Kumukahi est un désert de lave torturée, vestige de la coulée de 1960. Une piste (plutôt mauvaise) a été tracée sur la lave aplanie. Un premier parking se dresse devant nous. Des passagers d’une voiture de location sont en train de ramasser quelques débris de verre, apparemment ils ont eu de la visite par la fenêtre arrière pendant leur balade ! Cela n’incite pas trop à se garer ici ! Nous prenons alors un autre chemin, encore plus cassant sur notre droite. Je laisse le volant à Hélène plus casse coup que moi sur ce genre de terrain. La jeep et la pilote s’en sortent à merveille. Cela me permet d’observer ces paysages décharnés. La roche noire se termine abruptement dans la mer par une falaise contre lesquels des flots, déchaînés malgré le temps clément, viennent s’écraser inexorablement. Ici, l’océan cherche visiblement à reprendre les territoires que Pelé a conquis.

Cap Kumukahi.

Encore un qui a craché son pépin de coco n’importe où !
Un motif ésotérique en forme de vortex vient marquer la fin de la route et l’entrée des Champagne Ponds. A l’absence de végétation du cap s’opposent quelques palmiers suivis par une étroite mangrove. Enfin, un canal serpente entre un enchevêtrement de villas disposant pour la plupart d’un accès privatif à la lagune. Luxe, calme et volupté.

La nature est quand même bien faite.

Charmant pied à terre.
Heureusement pour nous, le bras d’eau de mer principale est ouvert à tous. En prime, il est chauffé naturellement par quelques sources géothermiques sous-jacentes. Pas de soucis pour y plonger ! Vu les conditions idylliques, le lieu est propice à une confusion de vie marine. Le corail est en bonne santé et de multiples poissons se laissent observer par les apprentis snorkeleurs que nous sommes. J’essaie de m’aventurer un peu plus loin du bord à la recherche de tortues que je sais habiter en nombre ici avant de renoncer rapidement, un peu effrayé par la force des courants.

On se contentera de ce genre de paysage pour aller plonger.

Poisson à rayures jaune et bleu.

Un peu trop de vagues pour aller au large.
Seuls au monde dans notre petit éden (la piste fait son effet pour préserver les lieux), nous profitons d’un déjeuner à l’ombre des jeunes palmiers et parfaisons notre bronzage. Il faut dire que lors de nos sessions plongée nous sommes équipés de T-shirt anti UV, accessoire indispensable pour éviter de se transformer en écrevisse ! Au final, une bien belle excursion, au calme. Je vous la recommanderais bien si elle n’avait été ensevelie l’an dernier, se trouvant malheureusement à l’extrémité de la coulée de lave. Bien sûr, des villas, il ne reste rien non plus. Heureusement les habitants prévenus à l’avance auront pu évacuer dans le calme et la sécurité.
Ma pilote de choc reprend le volant. Sur quelques passages un peu escarpés, je dois descendre la guider pour lui indiquer ce qui me semble le chemin optimal. On en profite également pour faire quelques photos des lieux. Le soleil éclatant et la réverbération des roches noirs fait que le thermomètre monte rapidement. Heureusement une belle brise marine rend l’atmosphère un peu plus respirable.



La route nous fait faire un long détour pour au final une distance assez petite à vol de néné. Un parking de fortune à l’entrée d’un lotissement privé dont les routes sont réservées au riverain nous sert de débarcadère. A pied, nous longeons les villas cossues avant qu’une ouverture ne nous fasse découvrir les Kapoho Tidepools. Des dizaines de petites piscines creusées dans la lave sont reliées entre elles par autant de petits chenaux. La marée se charge chaque jour de nettoyer et réapprovisionner les bassins d’eau nouvelle.

Les Kapoho Tidepools.
Là encore, nous nous empressons d’enfiler notre matériel de snorkeling pour découvrir les merveilles aquatiques. L’eau chauffée par quelques affleurements géothermiques est à température parfaite. Coraux et poissons de toutes les couleurs s’épanouissent dans toutes ces petites piscines de deux-trois mètres de profondeur tout au plus. C’est un vrai bonheur de passer de bassins en bassins, attention quand même de ne pas toucher la roche volcanique particulièrement coupante. Hélène se met à traquer les zancles cornus ou idoles des Maures fascinée par leur nage aérienne.

Poissons jaunes à bande blanche.

Poissons jaunes à bandes noires.

Poissons longs.

Poissons difficilement descriptible.

Poisson des années 50 (en noir et blanc)

Pois sont bleus.

Au nord, c’était les coraux.

Poisson croissant.

Poisson du lac (d’Annecy)

Les plus beaux croissants qu’on trouve aux USA.
Kapoho tidepools était un spot de snorkeling d’exception dans un paysage exceptionnel. Là aussi, tout a été réduit à néant en quelques secondes par la coulée de lave. Si le corail à tout bonnement brûlé, espérons que les poissons et notamment les tortues ont senti le drame approcher et se sont réfugiés en pleine mer.

RIP.
Nous longeons ensuite la côte en direction du Sud. Peu de vision de l’océan mais plutôt une dense forêt tropicale qui nous entoure, nous rappelant que la région de Hilo est sujette à des nombreuses averses, espérons que pour ces deux prochains jours, nous passeront au travers des gouttes.
Nous arrivons sur d’immenses parkings dans la petite bourgade de Kalapana, la route est fermée aux véhicules à moteur. Néanmoins, les locaux flairant le business facile ont créé plusieurs stands de location de vtt. Pour une quarantaine de dollars, nous voici équipés de montures qui bien que pas franchement flambant neuves, feront bien l’affaire. Les premiers hectomètres sont assez surprenants. Au milieu d’un champ de lave noir, les habitants ont reconstruits des maisons de bric et de broc sur pilotis. Dans cet univers vierge, ces habitations aux couleurs chamarrées sont surprenantes. Au bout d’un petit quart d’heure, les constructions s’amenuisent et un petit panneau nous informe que nous entrons dans notre 19ème parc national, Hawaii Volcanoes NP.

L’humain a horreur du vide.

Habemus volcanum !

De bric et de broc.

19ème parc national.
Après trois quart d’heures d’effort, la route est barrée. Nous avons longé la côte sur sa droite, au loin une volute de fumée indique l’endroit où la mer et la lave descendant du volcan se rencontrent. C’est en effet le but de cette expédition, essayer d’apercevoir le flot de magma qui s’écoule depuis 1992 du Pu’u O’o, un cratère du volcan Kilauea. C’est ici que nous laissons nos fiers destriers pour continuer à pied. Problème, dans le champ de lave nouvellement créé à notre droite, aucun sentier ne donne d’indice sur la route à emprunter. Un ranger est heureusement en poste pour nous indiquer une direction et un temps de marche théorique afin de trouver les coulées de lave. C’est assez simple, il suffit de faire suivre les fumées et une tache verte de forêt, épargnée par miracle par les feux des entrailles de la terre. C’est partit.

Un peu d’exercice.

Direction le truc rouge qui brille.
Nous progressons assez difficilement sur la lave. Philosophiquement, c’est assez étrange d’avancer sur une terre plus jeune que nous. Il y a 25 ans, il n’y avait rien ici ! Le toucher est aussi très spécial, la lave semble légère, onctueuse, comme gonflée d’air. On appelle ce type de coulée, très pauvre en silice en et forme de boudin parallèle, la lave pāhoehoe. Elle craque sous les pas, crépitante, craquante et acérée. Quelques fissures laissent des fougères s’installer en leur sein. Elles permettent également d’observer quelques stries colorées, traces des minéraux qui en fondant irisent un peu les roches sombres. Fascinant.



Depuis le début de la randonnée, nous progressions à distance d’un groupe organisé. Assez soudainement, nous nous retrouvons isolé. Au même moment, le sol autour de nous produit de lui-même des crépitements inquiétant. Le sol est assez malléable, des fumerolles s’en échappent, et indubitablement, de la chaleur irradie sous nos pieds. Ça commence à devenir légèrement flippant cette aventure.

On garde les pieds au chaud.
Nous optons pour une retraite stratégique et nous rapprochons du tour organisé, histoire de ne pas être trop isolé dans cet univers hostile. Soudain, à une dizaine de mètre de nous, un petit bourrelet de lave se met à onduler, comme animé par une respiration souterraine, la roche est vivante ! Apercevant également cela, le guide du groupe maintenant tout proche fait s’écarter toutes les personnes présentes. A peine quelques secondes plus tard, la roche se fissure et un torrent de lave en jaillit. Exceptionnel.

On ne voit pas ça tous les jours !
Je n’ai pas vraiment de mot pour décrire la sensation d’être si proche de la roche en fusion. La substance visqueuse et luminescence progresse comme animée de sa propre vie. On comprend pourquoi elle revêt un caractère sacré pour les hawaiiens. La chaleur nous maintient à distance respectable pendant que devant nous, la terre se crée. Rapidement, le flot couvre plusieurs mètres carrés qui noircissent, se grisent et se figent presqu’instantanément. Nous restons plusieurs minutes à regarder le phénomène pendant que le soleil se couche.







Alors que l’obscurité s’installe, nous observons les rougeoiements des coulées tout autour de nous, depuis le haut de la montagne jusqu’à nos pieds. Le groupe s’éloigne et nous restons devant le sol nouvellement crée et le filet de lave maintenant tari. Un nouveau bourrelet éclate et la source reprend de plus belle.






La partie argentée représente Notre coulée.
Il fait nuit noir lorsque nous décidons de regagner la route à la lumière de nos frontales. Nous ne reprenons cependant pas les vélos tout de suite. A la place, nous rejoignons le belvédère installé par les rangers pour observer la lave s’engouffrer dans l’océan. Entre les volutes de fumée, la rivière rouge est bien visible, fâcheusement, sans trépied, les photos nocturnes sont un peu floues.

Là où le magma rencontre l’océan.
Le retour à la lumière artificielle se passe bien, nous croisons pas mal de monde dans le sens inverse qui vont profiter de l’obscurité totale pour repérer la lave plus facilement. Cette journée extraordinaire se termine ainsi. C’est probablement le jour le plus fou d’un voyage pourtant riche en émerveillement. Aujourd’hui, il n’en reste que de beaux souvenirs et ce petit récit en forme d’hommage à ces paradis ensevelis.
comme le solstice, je reviens une fois tous les 6 mois pour avancer mon carnet.
Comme d'habitude, quelques photos en plus et une meilleurs mise en Page sur notre blog (mais l'essentiel du récit est recopié ici) : http://www.mabouls2boulder.fr/2019/11/0 ... is-perdus/
Honu, Pele et Poke bowl : Paradis Perdus

Jeudi 14 Septembre 2017
Au moment de relater cette journée, de drôles de sensation m’étreignent. Tout ce que nous avons vécu, ressenti, vu, n’existe pratiquement plus. A Hawaii, les habitants ont l’habitude de dire qu’ils ne sont que les locataires de l’île, que la véritable propriétaire est Pelé, personnification divinisée des volcans (et par ailleurs joueuse de foot remarquable). On perçoit la force de ce proverbe lorsque l’on sait que tous les paradis aquatiques que nous avons découverts, ces refuges de la faune et de la flore marine sont aujourd’hui recouverts par quelques mètres de lave issus de la spectaculaire coulée de mai-juin 2018. Aujourd’hui la pierre en fusion a séché, sa source s’est tarie et il n’est plus possible d’observer à l’air libre cette luminescence issue des tréfonds du globe. Pelé est endormie et rêve sûrement avec nostalgie à tous les trésors qu’elle a ensevelis. Du moins jusqu’à son prochain réveil!

Notre journée commence par un bon petit déjeuner dans notre beau logement. Nous en profitons pour faire un petit tour du jardin que la tombée du jour ne nous a pas permis de faire la veille. La végétation est luxuriante, des fleurs un peu partout, probablement un énorme travail des propriétaires mais qui vaut le coup.




Pas d’alcool au petit dej’ pour éviter d’être L’ivre de la jungle.
Nous prenons la voiture pour aller au coin nord-est de l’île, tout au bout de la péninsule de Pahoa. Le cap Kumukahi est un désert de lave torturée, vestige de la coulée de 1960. Une piste (plutôt mauvaise) a été tracée sur la lave aplanie. Un premier parking se dresse devant nous. Des passagers d’une voiture de location sont en train de ramasser quelques débris de verre, apparemment ils ont eu de la visite par la fenêtre arrière pendant leur balade ! Cela n’incite pas trop à se garer ici ! Nous prenons alors un autre chemin, encore plus cassant sur notre droite. Je laisse le volant à Hélène plus casse coup que moi sur ce genre de terrain. La jeep et la pilote s’en sortent à merveille. Cela me permet d’observer ces paysages décharnés. La roche noire se termine abruptement dans la mer par une falaise contre lesquels des flots, déchaînés malgré le temps clément, viennent s’écraser inexorablement. Ici, l’océan cherche visiblement à reprendre les territoires que Pelé a conquis.

Cap Kumukahi.

Encore un qui a craché son pépin de coco n’importe où !
Un motif ésotérique en forme de vortex vient marquer la fin de la route et l’entrée des Champagne Ponds. A l’absence de végétation du cap s’opposent quelques palmiers suivis par une étroite mangrove. Enfin, un canal serpente entre un enchevêtrement de villas disposant pour la plupart d’un accès privatif à la lagune. Luxe, calme et volupté.

La nature est quand même bien faite.

Charmant pied à terre.
Heureusement pour nous, le bras d’eau de mer principale est ouvert à tous. En prime, il est chauffé naturellement par quelques sources géothermiques sous-jacentes. Pas de soucis pour y plonger ! Vu les conditions idylliques, le lieu est propice à une confusion de vie marine. Le corail est en bonne santé et de multiples poissons se laissent observer par les apprentis snorkeleurs que nous sommes. J’essaie de m’aventurer un peu plus loin du bord à la recherche de tortues que je sais habiter en nombre ici avant de renoncer rapidement, un peu effrayé par la force des courants.

On se contentera de ce genre de paysage pour aller plonger.

Poisson à rayures jaune et bleu.

Un peu trop de vagues pour aller au large.
Seuls au monde dans notre petit éden (la piste fait son effet pour préserver les lieux), nous profitons d’un déjeuner à l’ombre des jeunes palmiers et parfaisons notre bronzage. Il faut dire que lors de nos sessions plongée nous sommes équipés de T-shirt anti UV, accessoire indispensable pour éviter de se transformer en écrevisse ! Au final, une bien belle excursion, au calme. Je vous la recommanderais bien si elle n’avait été ensevelie l’an dernier, se trouvant malheureusement à l’extrémité de la coulée de lave. Bien sûr, des villas, il ne reste rien non plus. Heureusement les habitants prévenus à l’avance auront pu évacuer dans le calme et la sécurité.
Ma pilote de choc reprend le volant. Sur quelques passages un peu escarpés, je dois descendre la guider pour lui indiquer ce qui me semble le chemin optimal. On en profite également pour faire quelques photos des lieux. Le soleil éclatant et la réverbération des roches noirs fait que le thermomètre monte rapidement. Heureusement une belle brise marine rend l’atmosphère un peu plus respirable.



La route nous fait faire un long détour pour au final une distance assez petite à vol de néné. Un parking de fortune à l’entrée d’un lotissement privé dont les routes sont réservées au riverain nous sert de débarcadère. A pied, nous longeons les villas cossues avant qu’une ouverture ne nous fasse découvrir les Kapoho Tidepools. Des dizaines de petites piscines creusées dans la lave sont reliées entre elles par autant de petits chenaux. La marée se charge chaque jour de nettoyer et réapprovisionner les bassins d’eau nouvelle.

Les Kapoho Tidepools.
Là encore, nous nous empressons d’enfiler notre matériel de snorkeling pour découvrir les merveilles aquatiques. L’eau chauffée par quelques affleurements géothermiques est à température parfaite. Coraux et poissons de toutes les couleurs s’épanouissent dans toutes ces petites piscines de deux-trois mètres de profondeur tout au plus. C’est un vrai bonheur de passer de bassins en bassins, attention quand même de ne pas toucher la roche volcanique particulièrement coupante. Hélène se met à traquer les zancles cornus ou idoles des Maures fascinée par leur nage aérienne.

Poissons jaunes à bande blanche.

Poissons jaunes à bandes noires.

Poissons longs.

Poissons difficilement descriptible.

Poisson des années 50 (en noir et blanc)

Pois sont bleus.

Au nord, c’était les coraux.

Poisson croissant.

Poisson du lac (d’Annecy)

Les plus beaux croissants qu’on trouve aux USA.
Kapoho tidepools était un spot de snorkeling d’exception dans un paysage exceptionnel. Là aussi, tout a été réduit à néant en quelques secondes par la coulée de lave. Si le corail à tout bonnement brûlé, espérons que les poissons et notamment les tortues ont senti le drame approcher et se sont réfugiés en pleine mer.

RIP.
Nous longeons ensuite la côte en direction du Sud. Peu de vision de l’océan mais plutôt une dense forêt tropicale qui nous entoure, nous rappelant que la région de Hilo est sujette à des nombreuses averses, espérons que pour ces deux prochains jours, nous passeront au travers des gouttes.
Nous arrivons sur d’immenses parkings dans la petite bourgade de Kalapana, la route est fermée aux véhicules à moteur. Néanmoins, les locaux flairant le business facile ont créé plusieurs stands de location de vtt. Pour une quarantaine de dollars, nous voici équipés de montures qui bien que pas franchement flambant neuves, feront bien l’affaire. Les premiers hectomètres sont assez surprenants. Au milieu d’un champ de lave noir, les habitants ont reconstruits des maisons de bric et de broc sur pilotis. Dans cet univers vierge, ces habitations aux couleurs chamarrées sont surprenantes. Au bout d’un petit quart d’heure, les constructions s’amenuisent et un petit panneau nous informe que nous entrons dans notre 19ème parc national, Hawaii Volcanoes NP.

L’humain a horreur du vide.

Habemus volcanum !

De bric et de broc.

19ème parc national.
Après trois quart d’heures d’effort, la route est barrée. Nous avons longé la côte sur sa droite, au loin une volute de fumée indique l’endroit où la mer et la lave descendant du volcan se rencontrent. C’est en effet le but de cette expédition, essayer d’apercevoir le flot de magma qui s’écoule depuis 1992 du Pu’u O’o, un cratère du volcan Kilauea. C’est ici que nous laissons nos fiers destriers pour continuer à pied. Problème, dans le champ de lave nouvellement créé à notre droite, aucun sentier ne donne d’indice sur la route à emprunter. Un ranger est heureusement en poste pour nous indiquer une direction et un temps de marche théorique afin de trouver les coulées de lave. C’est assez simple, il suffit de faire suivre les fumées et une tache verte de forêt, épargnée par miracle par les feux des entrailles de la terre. C’est partit.

Un peu d’exercice.

Direction le truc rouge qui brille.
Nous progressons assez difficilement sur la lave. Philosophiquement, c’est assez étrange d’avancer sur une terre plus jeune que nous. Il y a 25 ans, il n’y avait rien ici ! Le toucher est aussi très spécial, la lave semble légère, onctueuse, comme gonflée d’air. On appelle ce type de coulée, très pauvre en silice en et forme de boudin parallèle, la lave pāhoehoe. Elle craque sous les pas, crépitante, craquante et acérée. Quelques fissures laissent des fougères s’installer en leur sein. Elles permettent également d’observer quelques stries colorées, traces des minéraux qui en fondant irisent un peu les roches sombres. Fascinant.



Depuis le début de la randonnée, nous progressions à distance d’un groupe organisé. Assez soudainement, nous nous retrouvons isolé. Au même moment, le sol autour de nous produit de lui-même des crépitements inquiétant. Le sol est assez malléable, des fumerolles s’en échappent, et indubitablement, de la chaleur irradie sous nos pieds. Ça commence à devenir légèrement flippant cette aventure.

On garde les pieds au chaud.
Nous optons pour une retraite stratégique et nous rapprochons du tour organisé, histoire de ne pas être trop isolé dans cet univers hostile. Soudain, à une dizaine de mètre de nous, un petit bourrelet de lave se met à onduler, comme animé par une respiration souterraine, la roche est vivante ! Apercevant également cela, le guide du groupe maintenant tout proche fait s’écarter toutes les personnes présentes. A peine quelques secondes plus tard, la roche se fissure et un torrent de lave en jaillit. Exceptionnel.

On ne voit pas ça tous les jours !
Je n’ai pas vraiment de mot pour décrire la sensation d’être si proche de la roche en fusion. La substance visqueuse et luminescence progresse comme animée de sa propre vie. On comprend pourquoi elle revêt un caractère sacré pour les hawaiiens. La chaleur nous maintient à distance respectable pendant que devant nous, la terre se crée. Rapidement, le flot couvre plusieurs mètres carrés qui noircissent, se grisent et se figent presqu’instantanément. Nous restons plusieurs minutes à regarder le phénomène pendant que le soleil se couche.







Alors que l’obscurité s’installe, nous observons les rougeoiements des coulées tout autour de nous, depuis le haut de la montagne jusqu’à nos pieds. Le groupe s’éloigne et nous restons devant le sol nouvellement crée et le filet de lave maintenant tari. Un nouveau bourrelet éclate et la source reprend de plus belle.






La partie argentée représente Notre coulée.
Il fait nuit noir lorsque nous décidons de regagner la route à la lumière de nos frontales. Nous ne reprenons cependant pas les vélos tout de suite. A la place, nous rejoignons le belvédère installé par les rangers pour observer la lave s’engouffrer dans l’océan. Entre les volutes de fumée, la rivière rouge est bien visible, fâcheusement, sans trépied, les photos nocturnes sont un peu floues.

Là où le magma rencontre l’océan.
Le retour à la lumière artificielle se passe bien, nous croisons pas mal de monde dans le sens inverse qui vont profiter de l’obscurité totale pour repérer la lave plus facilement. Cette journée extraordinaire se termine ainsi. C’est probablement le jour le plus fou d’un voyage pourtant riche en émerveillement. Aujourd’hui, il n’en reste que de beaux souvenirs et ce petit récit en forme d’hommage à ces paradis ensevelis.
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Cessie
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Re: Honu, Pele et Poke Bowl - Hawaii 2017
Coucou
Ah ben quand tu reviens tu fais pas semblant toi
ça va chez les vikings ?
Alors cet épisode est ... Saisissant, impressionnant , j'ai pas de mots plus fort !
Bon je passe sur la description des poissons , rassures toi on voit bien les couleurs sur les photos
Mais cette rando sur la lave , c'est incroyable , puissant ça laisse sans voix
Quelle chance d'avoir pu assister à ça
Merci beaucoup de partager ce moment exceptionnel avec nous vraiment

Ah ben quand tu reviens tu fais pas semblant toi
Alors cet épisode est ... Saisissant, impressionnant , j'ai pas de mots plus fort !
Bon je passe sur la description des poissons , rassures toi on voit bien les couleurs sur les photos
Mais cette rando sur la lave , c'est incroyable , puissant ça laisse sans voix
Quelle chance d'avoir pu assister à ça
Merci beaucoup de partager ce moment exceptionnel avec nous vraiment
Cessie

Carnets de voyages :
2007 Ouest
2011 à 2017 : NYC
2013 : Floride
2014 : Floride
2014 : Chicago
2015 : Boston / Canada
2016 : Ouest
2017 : SF / Hawaii
2018 : Floride / Texas /Louisiane
2019 : Arizona / Nouveau Mexique
2020 : Italie
2021 : Canaries 4 iles en 15 jours
2022 : Floride
2022 : Le Vieux Sud USA

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Re: Honu, Pele et Poke Bowl - Hawaii 2017
God morgon 
Pas mal finalement l'alternative pour voir la lave
C'est vrai que c'est fou cette sensation qu'on a en etant si proche
Tout a fait d'accord avec ta conclusion 
C'est vraiment chouette ce demenagement en Islande, vous allez en prendre plein les yeux
profitez bien 
Pas mal finalement l'alternative pour voir la lave
C'est vraiment chouette ce demenagement en Islande, vous allez en prendre plein les yeux
Floride 3 semaines en novembre 2016
Thaïlande moitié Nord 2 semaines en décembre 2016
Islande: partie Sud 5 jours en mars 2017 et partie Highlands 7 jours en aout 2021
Hawaii 3 semaines en novembre 2017
Namibie 4 semaines en mai 2018 (carnet un jour peut-être..!!)
Ecosse - Été & automne 2018
Andalousie triangle d'or 1 semaine en janvier 2020(carnet un jour peut-être..!!)
Australie cote ouest automne 2022 et 2024 (en cours...)
Argentine, Bolivie et Chili en mai 2023 puis Pérou en juillet 2024
Japon 3 semaines en decembre 2025 (en cours...)
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Re: Honu, Pele et Poke Bowl - Hawaii 2017
Coucou Floran
Je suis presque sans voix devant tes photos et crois moi certain dirait que c’est pas souvent
Cette rando est juste exceptionnelle vous avez eu vraiment de la chance de vivre ça ...
Je suis presque sans voix devant tes photos et crois moi certain dirait que c’est pas souvent
Valérie

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Re: Honu, Pele et Poke Bowl - Hawaii 2017
Fabuleuses, ces photos !
Quelle chance de tomber sur cette éruption de lave... et quel risque aussi avez-vous du penser rétrospectivement...
Quelle chance de tomber sur cette éruption de lave... et quel risque aussi avez-vous du penser rétrospectivement...
Alain + Charlotte
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