Les publications se font longuement attendre en ce moment, je m'en excuse. Pas forcément l'envie de rédiger le carnet, et peut-être aussi le fait que le forum soit moins actifs et qu'il y ait donc moins d'échanges... En espérant tout de même que cette première partie de journée plaira à celles et ceux encore présent.e.s.
Jour 42 – Lundi 27 mai 2019
Ce matin, réveil assez matinal puisque 2h30 de route me séparent de l’entrée sud de
Yellowstone et que j’ai envie de pouvoir profiter de cette journée de découverte à fond. Je me fabrique rapidement un petit DIY pour me faire du café, car la chambre d’
hôtel ne dispose pas de cafetière. Gobelet percé + filtre à café, sous lequel je place un récipient pour collecter le café qui s'écoule. Quelques minutes de patience, et me voilà avec une thermos de café, parée pour la journée !
A 6h30, je suis prête à quitter Driggs. La
voiture m’indique 32°…. Fahrenheit, autant dire que je ne vais pas me servir de la climatisation.

J’ai pour but de visiter le secteur de West Thumb, Mud Volcano area et
Grand Canyon of the
Yellowstone. Tout cela avant de rejoindre mon point de chute pour les 2 prochaines nuits au nord du parc, à Emigrant. Une journée bien chargée donc ! Je décide ainsi de tracer jusqu’au premier arrêt prévu et de ne plus m’arrêter dans le parc des Tetons, que j’ai déjà bien visité.
Ce programme théorique était sans compter sur un premier contre temps de taille, quelques miles après l’entrée de Moran Entrance Station. En effet, alors qu’il n’est même pas encore 8h30, il y a déjà un gros ralentissement sur la route

. Je peste un peu intérieurement, avant de reprendre mes esprits : ralentissement +
Grand Teton = !!!!! Oui !

C’est la maman grizzly et ses deux petits de la veille qui sont revenus nous dire bonjour !

Cette fois-ci, d’ailleurs, ils décident de sortir de la forêt environnante pour profiter d’un large espace vert, pour le plus grand bonheur de nos rétines qui peuvent les observer en toute tranquillité. En plus, quelle chance, ils sont au plus proches de ce que les rangers nous autorisent !

D’ailleurs, ils nous signifient bien que s’ils avancent encore vers nous, nous devrons tous nous éloigner fissa.

Heureusement, la petite famille ne semble pas bien pressée et garde le nez dans les herbes. Ça en devient même rigolo, car au moindre mouvement où l’un d’entre eux relève la tête, on entend les déclencheurs des appareils photo qui s’échauffent.
Je fais pâle figure à côté des téléobjectifs avec mon zoom s’arrêtant à 200mm, et en plus, dans la précipitation, je n’ai pas pris mon trépied donc les photos ne seront pas des plus incroyables, mais l’essentiel est de vivre le moment.
Je me sens particulièrement chanceuse et humble de pouvoir observer ces bêtes en toute tranquillité. Quel bonheur aussi de les savoir dans leur environnement, sur leur territoire, libres, et non derrière des barreaux pour amuser des gens qui ne veulent que pouvoir se rincer l’œil sans respect pour la vie.
Et un,
Et deux
Et trois z-ours-ons
Ils font la K'ours à la nourriture
Eh, qu'est-ce qu'il fait Grizz' ?
Il lit !
Ben moi avec vos blagues à deux balles, je me mets à l'écart
Qu'est-ce qui lui prend. C'est ce qui nous différencie des ours bruns, nous on (a une) bosse !
Je resterai environ 45 minutes sur place. J’aurais pu y rester des heures, je ne me lasse pas de les voir chercher de la nourriture dans les moindres recoins, mais j’ai d’autres explorations qui m’attendent !
C’est donc avec un peu de retard sur mes prévisions que j’arrive au panneau d’entrée de celui qu’on ne présente plus :
Yellowstone.
En fait si, je vous le présente quand même :
A cheval sur les états du Wyoming, de l’Idaho et du Montana, le parc national de Yellowstone est le plus ancien du monde, créé en 1872 par le président Ulysses S. Grant. Il s’étend sur quasiment 9000 km², soit 898 000 hectares (une surface plus importante que la Corse). Il est également inscrit au patrimoine mondial de L’UNESCO. Ce parc est le second plus grand des Etats-Unis (hormis ceux localisés en Alaska).
Ce parc est célèbre pour ses phénomènes géothermiques : il contient en effet deux tiers des geysers de la planète ainsi que de nombreuses sources chaudes, tout ceci dû à l’activité volcanique située à 3 350 mètres sous terre. De plus, le parc abrite de nombreux mammifères tels que des ours noirs, des grizzlys, des bisons, des wapitis, etc…
Adjacente aux montagnes rocheuses, la région de Yellowstone a connu de gigantesques éruptions dont la plus violente remonte à 2.1 millions d’années, qui a projeté plus de 2 000km cubes de matières volcaniques à la surface. La dernière remonte à environ 642 000 ans, d’une force équivalente à 3000 fois l’éruption du Vésuve et 79 ou 1000 fois celle du mont Saint Helens en 1980. La lave accumulée dans la chambre magmatique située entre 8 et 16 km sous l’écorce terrestre a crevé la surface, envoyant des kilomètres cube de roches dans les airs. Le toit de la chambre magmatique s’est alors écroulé, formant la caldeira qui compose la partie centrale du parc, mesurant 70km de diamètre. Une éruption mineure plus récente, il y a 70 000 ans a rebouché une grande partie de la caldeira avec des coulées de lave. Ce cycle d’éruption permet de vidanger une partie de la chambre magmatique en créant la caldeira, un cratère dont la lave peut s’échapper grâce aux fissures qui l’entourent.
Bien que l’activité magmatique se soit – heureusement – calmée, le parc recense encore entre 1000 et 3000 séismes par an, plus de 300 geysers et une dizaine de milliers de sources chaudes. Au cours des 50 dernières années, l’altitude de l’actuel caisson d’effondrement a augmenté de 70cm. Depuis 2004 des parties de la caldeira se sont soulevées à raison de 7cm/an, ce qui est le rythme le plus rapide mesuré depuis que des mesures précises sont effectuées dans les années 1970. C’est le plus grand système volcanique d’Amérique du Nord et appartient à la catégorie des super volcans. A quand une prochaine explosion ?
Le nom de Yellowstone provient de la couleur des roches du Grand Canyon du parc, formé lors des dernières glaciations. Cette couleur provient de l’altération du fer contenu dans les roches. Ce nom est sans doute issu de la traduction de Mi tsi a-da-zi « rivière de la roche jaune » en langue Minnetaree (langue des Mandans, peuple amérindien).
Des traces de présence humaine datant d’au moins 11 000 ans ont été retrouvées dans le parc, avec notamment un projectile de la culture Clovis (apparue il y a 13 500 ans en moyenne) et un atlatl (propulseur de lance) vieux de 10 000 ans. Les Amérindiens utilisaient les gisements d’obsidienne du Yellowstone, une pierre très dure permettant de fabriquer des outils ou des armes redoutablement tranchantes. Ces armes ont été retrouvées jusque dans la vallée du Mississipi, indiquant la présence d’échanges commerciaux.
En 1806, John Colter fut sans doute le premier Européen à visiter la région. A son retour, il décrivit le parc comme étant une région de feu et de soufre, ce qui fut pris pour des hallucinations et des délires. Toutefois, de nombreux trappeurs confirmèrent ses dires par la suite, dont Jim Bridger. Ce n’était toujours pas suffisant pour être cru, mais cela éveilla tout de même la curiosité d’un certain Ferdinand Vandeveer Hayden qui retourna sur les lieux avec Bridger ainsi qu’un géomètre de l’armée américaine. L’exploration fut interrompue par la neige et le début de la guerre de Sécession… une pause qui dura tout de même 11 ans.
Il faudra attendre 1869 pour avoir une description détaillée de la région, grâce à l’expédition Folsom. En 1870, c’est au tour de Henry Washburn d’étudier la région avec un détachement de l’armée. En 1871, Hayden retourna sur les lieux pour rédiger un rapport complet sur ce parc, illustré par des photographies et des peintures de Moran.
Enfin, en 2019, c’est à mon tour de poser les pieds dans ce parc.
Mon premier contact avec celui-ci se passe plutôt très bien, puisque je suis accueillie par un Very Good Boy qui prend la pose.
Espèce sauvage de Yellowstone : le Very Good Boy, je suis décidément chanceuse en rencontres animales !
Il me reste une vingtaine de minutes de route à faire pour arriver à mon premier arrêt dans le parc : Lewis Fall. J’y arrive peu après 10 heures, et bien que l’arrêt n’était pas planifié, c’est surtout la vue de la neige et de la glace sur la rivière qui m’ont fait de l’œil. Il faut savoir qu’à la fin mai, les routes les plus enneigées du parc viennent à peine de rouvrir il y a quelques jours et les monticules de neige déblayés par les chasses neige sont encore bien présents en bord de route. Les lieux les plus éloignés des sources chaudes sont encore enneigés. Bien que je ne sois pas très fan de la poudreuse, j’apprécie tout de même le joli paysage qu’elle m’offre ce matin.
Ce point de vue n’est de loin pas le plus spectaculaire du parc, mais je prendrais quand même plaisir à m’y arrêter.
Lewis fall, le cousin d'Ophélie (Winter)
En français : Louis Tombe
Quelques kilomètres plus loin, je m’arrête encore une fois en bord de route, sur un point de vue plus ou moins dégagé sur Lake
Yellowstone qui est encore pris dans la glace. Cela offre un paysage absolument sublime, je suis sous le charme. On croirait que les nuages sont venus embrasser la surface du lac et s’y sont déposés, figeant ainsi l’étreinte de l’eau et de l’air le temps d’une saison.
D’une superficie de 360 km², le lac est entouré des montagnes de la caldeira. A une altitude de plus de 2000 m, sa température n’est pas très élevée (15.6 °C en été) et il est gelé une grande partie de l’hiver. Il est traversé du sud au nord par la rivière
Yellowstone et il se déverse dans l’océan Atlantique en passant par le Missouri, le Mississippi et le golfe du Mexique.
Je m’arrête ensuite au Grant Visitor Center, situé dans la région de West Thumb. Il est encore tôt, il fait tout gris, le bâtiment brun se dresse au milieu des monticules de neige déblayés par les immenses chasses neige pour révéler les places de parking qui étaient encore ensevelies il y a quelques jours.
Un sentiment d’hibernation plane dans l’atmosphère, comme si tout fonctionnait au ralenti et que le printemps n'approchait pas encore dans cet espace-temps. D’ailleurs, le parking est quasiment désert et il n’y a presque pas de bruit. Le visitor center doit être le plus petit du parc, un ranger fait une activité avec un groupe d’enfants dans un coin, le reste du lieu est vide. Je m’approche d’une ranger à l’accueil et lui demande le livret de Junior Ranger. Ici, il est payant ($2 ou $3, je ne sais plus), mais la récompense ensuite est chouette (à suivre dans un prochain épisode). Elle me souhaite une bonne visite du parc et je reprends la route.
Mon premier ‘’vrai’’ arrêt est pour la région de West Thumb.
Alors que de nombreuses caractéristiques du parc avaient été décrits par des montagnards et d'autres explorateurs, la zone de West Thumb a été la première de Yellowstone à faire l'objet d'une publication. Daniel T. Potts, un trappeur de la région de Yellowstone dans les années 1820, a écrit une lettre à son frère à Philadelphie, en Pennsylvanie, concernant ses expériences dans cette région. La lettre a ensuite été corrigée pour la ponctuation et l'orthographe et imprimée dans la Philadelphia Gazette le 27 septembre 1827. Voici une partie de la lettre décrivant la partie nord du West Thumb Geyser Basin, qui est actuellement connu sous le nom de "Potts Basin" :
...sur les bords sud de ce lac se trouve un certain nombre de sources chaudes et bouillonnantes, certaines d'eau et d'autres de très belle argile fine qui ressemble à celle d'un pot de bouillie et jette ses particules à l'immense hauteur de 6 à 9 mètres [...] L'argile est blanche et rose, et l’eau semble insondable car elle apparaît totalement vide sous la surface. Il y a aussi un certain nombre d'endroits où le soufre pur est envoyé en abondance[.] Un de nos hommes en a visité un[.] Là, à un moment donné, la terre s'est mise à trembler énormément et il a eu du mal à s'échapper lorsqu'une explosion a eu lieu ressemblant à celle du tonnerre. Pendant notre séjour dans ce quartier, je l'ai entendu tous les jours[.]
En 1869, la première expédition scientifique à explorer la région de Yellowstone, l'expédition Folsom-Cook-Peterson, a visité le bassin du West Thumb Geyser. David Folsom a décrit la région comme suit :
Parmi celles-ci se trouvaient des sources différentes de celles que nous avions vues auparavant. Elles étaient situées le long de la rive sur une distance de 3 kilomètres, s'étendant sur environ cinq cents mètres et s'enfonçant dans le lac sur une distance de peut-être autant de mètres. Il y avait ici plusieurs centaines de sources, dont la taille variait de fontaines miniatures à des bassins ou des puits de plus de 20 mètres de diamètre et de grande profondeur. L'eau était d'une teinte violet pâle et très claire, ce qui nous permettait de discerner de petits objets à 15 ou 20 mètres sous la surface. Un petit groupe de sources de boue à proximité a attiré notre attention. Elles étaient remplies de boue, ressemblant à une peinture épaisse de la plus haute qualité, dont la couleur variait du blanc pur aux diverses nuances de jaune, de rose, de rouge et de violet. Au cours de l'après-midi, ils ont jeté de la boue jusqu'à une hauteur de 5 mètres…
Historiquement, les visiteurs qui se rendaient à Yellowstone arrivaient à West Thumb par une diligence depuis la région d'Old Faithful. À West Thumb, ils avaient le choix de continuer dans la diligence sur une route poussiéreuse et bosselée ou de monter à bord du bateau à vapeur "Zillah" pour continuer le voyage jusqu'au Lake hotel. Le quai des bateaux était situé à l'extrémité sud du bassin, près de Lakeside Spring.
La zone de West Thumb abritait autrefois un grand camping, des cabines, un magasin de photos, une cafétéria et une station-service. Ce développement était situé juste à côté du bassin de geyser, la route du parc passant entre les deux. Dans un effort pour protéger davantage la qualité du paysage et la ressource même que les visiteurs venaient voir, le Service des parcs nationaux a supprimé ce développement dans les années 1980.
Je commence ma découverte de la zone aux alentours de 11 heures. Le ciel très couvert ne permet malheureusement pas au soleil d’illuminer les différentes pools et d’en révéler toutes les couleurs. Il n’empêche que le lieu est quand même très beau et dégage une atmosphère laiteuse très apaisante. Un petit sentier aménagé permet aux visiteurs de déambuler entre les différentes curiosités géologiques. On traverse des zones boisées et herbacées pour se retrouver d’un seul coup face à des flaques et un paysage ravagé par l’acidité. Déjà, la diversité de
Yellowstone se fait ressentir.
Pool party
Celle-ci est toute seule: c'est la pool partie
J’arrive devant une première célébrité du parc : Abyss pool.
En 1935, le naturaliste en chef du parc C.M. Bauer a nommé Abyss Pool, une source d'eau chaude du bassin du West Thumb Geyser, pour sa profondeur impressionnante. Bauer a peut-être tiré ce nom de la description que le lieutenant G.C. Doane a faite en 1870 d'une source située dans cette région : "la distance à laquelle les objets sont visibles dans les abîmes profonds est vraiment merveilleuse". Abyss Pool est peut-être aussi la source que les visiteurs ont appelée dans les années 1880 "Tapering Spring" en raison de ses parois en pente.
Les observateurs du XIXe siècle ont été impressionnés par la beauté de la piscine. En 1871, F.V. Hayden a rapporté que la "teinte outremer de la profondeur transparente de cette source en plein soleil était la plus belle vue éblouissante que j'ai jamais vue". Et W.W. Wylie (voir Wylie Hill) a observé en 1882 que les parois de la source, "de formation corallienne et de forme singulière, teintées par la couleur de l'eau, sont sûrement de bonnes représentations des palais de fées".
Malheureusement, avec l’absence de soleil, tous ces détails sont difficilement perceptibles.
La bise
J’aurai toutefois tout le loisir d’observer les couleurs bactériennes quelques mètres plus loin, où le sol est teinté d’ocre.
Le passage ruisselant de l’eau laisse des traces aux courbes artistiques. La rétine se perd dans les méandres de couleurs explosives.
J’arrive à Fishing Cone, une source d'eau chaude située dans le bassin du West Thumb Geyser.
Le groupe Folsom l'a probablement vue en 1869, mais la première description enregistrée de Fishing Cone provient de l'expédition Washburn de 1870. Le membre du parti Walter Trumball a écrit sur l'expérience de pêche de Cornelius Hedges :
Un homme pêchait dans l'un des isthmes étroits, ou plateaux rocheux, qui séparaient l'une de ces sources chaudes du lac Yellowstone, lorsque, en balançant une truite sur le rivage, celle-ci est accidentellement tombée de l'hameçon et est tombée dans la source. Pendant un instant, elle s'est élancée avec une rapidité incroyable, comme si elle cherchait un exutoire. Puis elle est arrivée au sommet, morte, et a littéralement bouilli.
À partir de ce moment, et peut-être même avant, les visiteurs se sont succédé pour réaliser cet exploit, attrapant des poissons du lac froid et les faisant cuire à l'hameçon. Les membres de la Hayden Survey le firent en 1871, et l'année suivante, ils baptisèrent la source "Fish Pot" ou "Hot Spring Cone". Les noms suivants furent ensuite "Fisherman's Kettle", "Fish Cone", "Fishpot Spring", "Crater Island" et "Chowder Pot". Le nom "Cône de pêche" est apparu progressivement grâce à l'utilisation générique du terme dans les guides.
L'exploit de la cuisson sur l'hameçon à Fishing Cone est rapidement devenu célèbre. Pendant des années, le directeur du parc, P.W. Norris (1877-1882), en a fait la démonstration aux touristes incrédules. Un magazine national a rapporté en 1903 qu'aucune visite du parc n'était complète sans cette expérience, et les touristes s'habillaient souvent d'une toque et d'un tablier de cuisinier pour se faire photographier à Fishing Cone. La pratique de la pêche et de la cuisine, considérée aujourd'hui comme malsaine, est désormais interdite.
La pêche au cône peut être dangereuse. Le Fishing Cone est entré en éruption fréquemment jusqu'à une hauteur de 12 mètres en 1919 et à des hauteurs moindres en 1939. Un pêcheur a été gravement brûlé à Fishing Cone en 1921.
Vu comme ça, il a pourtant l’air assez inoffensif, presque perdu dans l’immensité du lac
Yellowstone.
L'icône du poisson, ou Fish icône
D’autres petites flaques colorées se trouvent non loin de là, et on peut apercevoir le mélange subtil des eaux provenant des différentes pools tentant de colorer le lac. A quelques mètres du bord, l’immensité des eaux du lac reprend toutefois le dessus et les couleurs disparaissent pour laisser place aux eaux bleues.
A cette période de l’année, une rivière de glace serpente à la surface jusqu’à l’horizon où elle rejoint les pics montagneux.
On se sent comme emportés dans un autre monde, ne sachant plus où donner de la tête tant les nouveautés visuelles s’enchaînent. Le moindre centimètre de terre non rongée par les bactéries ou le pH invivable est pris d’assaut par la végétation, nous offrant une explosion de vie au milieu d’un magnifique chaos. Comment décrire ce parc ? Les mots me manquent…
Quelques mètres plus loin, les piscines colorées laissent place à des bains laiteux dans lesquels on aimerait se plonger.
J’arrive au prochain virage, me demandant ce que je vais y découvrir. Surprise, un moose s’est perdu dans un recoin

. Nous sommes deux à essayer de le prendre en photo, mais depuis le ponton nous ne parvenons pas à trouver un angle de vue permettant d’immortaliser ce moment, car nous sommes coincés entre deux virages et une partie du chemin barrée. Ici, pas question de gruger, on ne sait pas sur quoi on peut mettre les pieds en s’écartant des endroits bien balisés.
Le petit garçon de l’homme avec l’appareil photo se tourne vers lui et lui lance une petite blague ‘’Dad, careful there is a bear behind you’’. On se regarde avec le papa et on sourit. On comprend qu’on n’arrivera pas à prendre notre photo et on se décide à continuer notre chemin. En espérant que le moose réussisse à retrouver son chemin entre les pontons et les zones submergées.
En fait, le petit garçon ne blaguait pas. Caché derrière les arbustes, on se retrouve à quelques mètres à peine d’un ours brun !

J’ai le réflexe d’appuyer sur le déclencheur de mon appareil photo à l’aveuglette… la photo ne donne rien elle est toute noire puisque la luminosité est bien plus basse dans cette partie boisée.

Je recule tout doucement, en en profitant pour modifier vite fait deux trois réglages et retenter d’immortaliser cette rencontre. M. Ours me fait même l’honneur de prendre la pose… à moins qu’il ne soit en train de décider lequel de nous ferait le meilleur déjeuner.
Eh bonhomme ?!
- Ouais, quoi ?
- Qu'est-ce que tu fais quand on te raconte une blague ?
- ...
- Tu Black Bear Rit !
Heureusement, on ne semble pas l’intéresser autant que la réciproque, et il s’éloigne rapidement
(à moins que mon humour ne l'ait fait s'enfuir). L’adrénaline retombe et j’en tremble d’excitation. Si on m’avait dit que je me retrouverai quasiment nez à nez avec ours ! Il faut savoir que le zoom n’est qu’à 80 mm, je suis donc toute proche. Bien trop proche d’ailleurs, je ne me serais pas autant approché de mon plein gré, et cela n’aurait absolument pas été autorisé

. Des deux côtés du ponton, tout le monde s’éloigne, respectant bien les recommandations

. Finalement, c’est l’ours lui-même qui va s’éloigner en voyant que d’autres personnes arrivent au loin.
Il restera encore 2 minutes dans la zone, jusqu’à ce que la foule ne se précipite aux alentours en criant… eh oui, un bus vient d’arriver et ça s'agite dans tous les sens, avec des gens qui commencent à s'avancer dans la forêt

. L’ours s’éloigne rapidement, et ayant terminé le tour de la zone j’en fait de même, voulant rester baignée dans cette atmosphère de tranquillité et de découverte sans devoir me coltiner la masse touristique étant là uniquement pour faire trois clics et repartir sans apprécier l’environnement

.
Alors que je m’apprête à sortir du parking au volant de ma
voiture, je vois une biche de
Yellowstone (est-ce une biche ??). Je baisse la vitre pour la photographier lorsqu’un couple un peu plus loin m’interpelle discrètement pour me dire de regarder en direction des branchages.
Surprise, Bamby s’y repose tranquillement ! C’est sans doute pour ça que la biche ne s’est pas éloignée à mon arrivée. Ne voulant pas les perturber je me contente de cette photo de loin et repars tout doucement au volant de ma
voiture, direction la zone de Mud Volcano.
