Jour 14 : vendredi 12/08
4h00 du matin. Branlebas de combat !
Un tour rapide aux toilettes car on ignore s’il y en a à Moraine Lake, on s’habille, et on quitte notre chambre au milieu de l’
hôtel endormi.
On monte dans la
voiture à 4h10 environ.
Il y a à peine 2 min en
voiture pour atteindre l’intersection pour monter à Moraine Lake.
On est sereins…
Mais quand on arrive à l’intersection, il y a toujours les panneaux Parking full en travers de la route.
On se dit qu’ils ont oublié de les enlever, mais il y a derrière les barrières un pick-up avec un gyrophare jaune allumé et quelqu’un à l’intérieur.
On se gare sur le bas-côté et on ose à peine y croire. Arriverait-on déjà trop tard ?
Pendant qu’on commence à débattre sur ce qu’on doit faire (perso, je militais pour passer en force sur le bas-côté, à côte de la barrière

), une autre
voiture arrive derrière nous et se gare également sur le bas-côté.
Un homme sort de la
voiture et va voir le pick-up.
Je l’imite et va également vers le pick-up.
Je vois alors le type qui revient lâchant alors en français « oh lala c’est pas possible !».
Je lui demande ce qu’on lui a dit…
Le ranger lui a répondu que le parking était plein depuis 3h30 du matin !!!
On est sidérés, anéantis…
On n’était pas passé loin d’un vendredi 13, mais niveau poisse, c’était tout comme…
On se demande alors ce qu’on fait.
Déjà, on retourne à l’
hôtel, ce qui nous oblige à descendre dans la vallée pour remonter ensuite car des plots sur la ligne continue nous empêchent de faire demi-tour.
En revenant à l’
hôtel, on décide, puisqu’on est levé, d’aller faire le lever de soleil au Lake Louise.
Mais pas immédiatement. Il est à peine 4h30 et on n’a pas envie d’aller se cailler au bord du lac pendant des heures, le sunrise n’étant pas avant 6h30.
On s’est installés dans le séjour de l’
hôtel dans des fauteuils très confortables. Ça doit être sympa l’hiver avec la cheminée allumée.
Mais on n’y est pas resté longtemps, car on voyait de plus en plus de phares de voitures défiler devant la fenêtre, et on a eu tout d’un coup peur de l’affluence et qu’on ait plus de bonne place pour les photos.
On est donc allé à pied dans le noir jusqu’au lac à 5h00.
Arrivés sur place, surprise, il y a juste 3 personnes.
En fait, les voitures qu’on voyait défiler avaient le même objectif initial que nous…
Sauf qu’ils étaient obligés de remonter jusqu’au parking du Lake Louise pour redescendre ensuite afin d’accéder (théoriquement) à la route.
On est arrivé sur une fin de coucher de lune derrière le glacier.

Le lac est d’un calme impressionnant, et on peut même distinguer la couleur bleu clair de l’eau.
On s’est assis au bord du ponton.

On a entendu à 2 moments ce qu’on a pris pour du tonnerre. On se dit que c’est pas possible, le beau temps était annoncé, d’où pouvait sortir un orage ?
Mais on a appris plus tard dans la journée que ce qu’on avait pris pour du tonnerre était en réalité des pans de glace qui chutaient de la falaise dans un fracas parfaitement audible à cette heure de la matinée.
Plusieurs personnes venant de l’énorme
hôtel Fairmont à côté, et du parking, commençaient à arriver.
Mais le moment restait quand même calme.
Deux choses sont venues alors perturber notre quiétude.
La première était que la bicoque de location de canoés a ouvert ses portes à 6h00 tapante et que des clients étaient dans les starting-blocks, nous privant d’un lac calme. Et qu’en 20 minutes, il y avait une dizaine de canoés qui gâchaient un peu la vue… Heureusement qu’ils partaient au large.

Et la deuxième chose est que vers 6h15, la première navette venant de Banff et/ou des parkings relais a déversé ses premiers visiteurs. Et une autre 10 minutes plus tard. Et encore une autre…
On est passé en moins de 15 minutes d’une trentaine de personnes à près d’une centaine.
Faut réussir à faire abstraction, et c’est tout sauf évident…
Que de bruit !!

Finalement, on a bien fait d'arriver tôt . Quand je mettais le sunrise au Lake Louise dans mon programme, j'avais marqué réveil 6h00. On n'aurait jamais eu une place bien placée le temps d'arriver...
On a bavardé avec des new-yorkais qui entamaient leur 4ème et dernier jour dans le parc. Ils n’avaient également pas réussi à accéder au lac Moraine et étaient effarés quand on leur a raconté notre mésaventure.
D’autres personnes écoutaient et se sont mêlées à la conversation, et on s’est alors rendu compte qu’énormément de monde n’ont pas pu, comme nous, accéder à ce lac…
On était tous d’accord en disant que dans quelques années, il faudra carrément monter le soir et passer la nuit dans sa
voiture pour accéder librement au site le lendemain…
On n’avait pas trop froid depuis notre arrivée, mais au bout d’1h30 assis sur ce ponton, on commençait un peu à grelotter…
Puis, vers 6h40, le soleil a commencé à taper les montagnes devant nous, et descendait, lentement mais surement et avec une lumière de plus en plus forte.

Merci aux personnes sur ce canoé qui m'ont permit de faire la photo cliché du lac
J'allais pas le rater quand il allait passer pile au milieu !
Sublime.

Ça a bien compensé notre frustration/déception/dégoût/énervement… (les mots me manquent encore aujourd’hui pour qualifier notre sentiment) rencontrés 3h plus tôt.
On a levé le camp à 7h00.
Les plus belles lumières étaient passées. Et le lieu s’était transformé en cirque comme hier après-midi avec selfies et poses ridicules.
Voilà un peu l’envers du décors…

Inutile de préciser que le parking du lac était déjà plein quand est retourné à l’
hôtel…
On retourne à la chambre, toujours bien transis de froid.
J’ai gardé la veste jusqu’à après le petit-déjeuner.
En attendant l'ouverture, on tombe sur des photos anciennes du lac accrochées aux murs, dont celle-là, en hiver dans les années 30. La différence de taille du glacier en 90 ans fait de la peine...

Parlons-en du petit déjeuner, compris dans le prix de la chambre.
Gros point négatif, une ouverture du restaurant un peu tardive, à 8h00. Et pas une minute avant.
Mais c’était bien le seul point négatif.
Les prix affichés sur la carte étaient chers, mais on s’en fichait car on ne payait rien.
Sans exagérer, on a mangé sur ces 3 matins les meilleurs breakfast de tous nos voyages en Amérique du Nord.
Un délice !
Qualité des produits, cuissons parfaites…
Leurs « Lodge potatoes », pommes de terre sautées accompagnants les plats, étaient à tomber.

On a dit au serveur de passer les félicitations au chef.

On a testé chaque matin quelque chose de différent.
Je me suis lancé le premier matin sur le Mixed Grill, bien costaud, car on va bien crapahuter aujourd’hui.
Désolé, pas de photo des plats, le téléphone chargeait dans la chambre…
J'ai faim rien qu'en écrivant la description de ces petits-déjeuners
On retourne vers le lac à 9h30, qui est encore plus rempli que tout à l’heure.

Il ne faut vraiment pas croire les photos retouchées qu’on trouve sur internet, faisant croire qu’on est seul au monde sur ce lac…

Car c'est tout sauf vrai...
Mais en revanche, avec la bonne lumière, la couleur du lac est magnifique.
La randonnée du jour sera une grande boucle en passant par Lake Agnes et Big Beehive dans un premier temps, 5km et 500m de dénivelé, et la plaine des six glaciers dans un second temps.
Un panneau nous a quand même bien fait rire. Ils marquent noir sur blanc à l’entrée des trails que les parcs ne sont responsables de rien, que les gens s’aventurent dans les parcs à leurs risques et périls et qu’ils conseillent fortement de ne pas sortir des sentiers balisés et de ne pas aller au-delà des garde-fous.
Instagrameurs, ce panneau est pour vous…
La première partie de la randonnée est plutôt cool. Montée pas trop raide et à l’ombre des arbres.

Un premier arrêt à Mirror Lake, qui n’a pas beaucoup d’intérêt. On croise des tours guidés à cheval. Ils disposent de sentiers dédiés qui se croisent de temps en temps.
Le court chemin pour rejoindre Lake Agnes est court assez raide, et se fait en partie via un escalier.
Et quand on arrive à Lake Agnes, c’est la claque !

Autant que le lac, c’est surtout les falaises abruptes qui se dressent juste au bord du lac qui font la beauté du lieu.
On longe le lac pour aller de l’autre côté, où le lac change de couleur en fonction des endroits à l’ombre ou éclairés.

Et la vue, bien dégagée de ce côté-ci est tout aussi belle.

Même si la cabane gâche bien la vue...
L’ascension entre Lake Agnes et Big Beehive est en revanche bien raide, et casse bien les jambes et le souffle.
Et mieux vaut ne pas avoir le vertige car le sentier est étroit. Heureusement on sera à l’ombre durant cette ascension grâce à la falaise.
Les 400 derniers mètres sont plus tranquilles, sur du faux plat. Le Lake Louise se dessine de temps en temps entre 2 sapins.
On aperçoit une espèce de cabanon au bout du chemin, une sorte d’observatoire.
Sauf qu’on ne voit…. rien du tout. Les sapins ont poussé devant et bouchent la vue.

On aperçoit des gens 20 mètres plus loin, en contre-bas.
On patiente un peu que des personnes s’en aillent, car l’endroit est vraiment en bord de falaise et plutôt dangereux.
Mais la vue en vaut la peine !

Cette couleur !
Le local de l'étape réclame son dû
J’avais quand même un coup de gueule concernant leurs parcs. C’est bien gentil de mettre des panneaux à l’entrée des trails en demandant aux gens de ne pas sortir des sentiers balisés, mais à ce moment-là, qu’ils entretiennent le parc pour qu’on n’ait pas à en sortir.
Comme à
Glacier NP le long de Going to The Sun Road, ça ne va pas tuer Mère Nature de couper les 5 ou 6 sapins qui bloquent la vue aux endroits où est censé être en sécurité.
Ici si tu dérapes ou si tu trébuches sur une racine et que tu tombes, tu es mort…
Et plusieurs personnes nous font encore plus peur en continuant à descendre au bord du bord de la falaise pour une photo fun…
On repart ensuite dans l’autre sens, pour descendre ensuite dans la direction de la Plaine des Six Glaciers, située 4 kilomètres plus loin.

La première partie se fait en descente, assez raide, au milieu des sapins.
Puis au fur et à mesure, les sapins se font de plus en plus rares et dispersés, on marche alors au milieu des fleurs, toujours en légère descente. C’est très sympa.
Sauf qu’on se doutait bien, en regardant au loin, que ce qu’on descendait maintenant, on aurait à le remonter…
Et en effet, on ne tarde pas à le vérifier.

Sauf que pour cette ascension, on n’était plus à l’ombre pour la première fois de la journée, mais sur les cailloux et les roches.
Cet effet poêle à frire avec le soleil nous a bien fait suer....
Je ne sais pas ce qui gâche le plus le paysage. L'hôtel ou les pistes de ski en arrière plan...
On croit être arrivé… mais comme à Grinnell Glacier, fausse joie. Il s’agit d’un chalet buvette.
Le panneau affiche encore 2km jusqu’au bout du trail.
Sauf que l’effet chaleur + soif + fatigue nous dissuade d’aller au bout.
Surtout qu’on commence à arriver au bout de nos bouteilles d’eau, et qu’on s’attendait à quelque chose de moins rocailleux en paysage… Je n'imaginais pas que les glaciers avaient autant perdu en taille

On est resté 30 minutes à récupérer devant un verre (hors de prix comme tous les restos d’altitude) au chalet, ce qui nous a fait un bien fou, avant de redescendre.
On est redescendus tranquillement jusqu’au lac, où on a retrouvé la foule et l’agitation de ce matin.

On aperçois le monde au bout du lac, et on n'a pas envie d'arriver là-bas...

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Il y a quand même de la vie dans ce lac !
Quand on arrive au bout, c'est le bordel
Des gens sont carrément dans l'eau pour se faire prendre en photo...
Une fois rentrés à l'
hôtel, on est furax en rentrant dans la chambre en constatant qu’elle n’est pas faite. Les serviettes étaient toujours en tas au milieu de la salle de bain.
Enfin, c'est surtout mon frère qui est furax.
Au prix qu’on payait, ça nous a bien énervé, et c’était un peu la goutte d’eau. Mon frère est descendu afin de demander pourquoi ce n’était pas fait.
Écologie lui a-t-on répondu. Et que le règlement serait affiché dans les chambres, ce qui était faux. Rien n'était affiché
Sur le principe écologique, on est d’accord. Mais déjà qu’ils préviennent les clients, et surtout que les autres nuits coûtent moins cher.
Mais si ce n’est pas le cas, prix égal payé, donc prestations égales attendues.
Ils ont fini par nous donner de nouvelles serviettes.
Le bilan de cette journée était assez positif dans l’ensemble.
J’avais prévu le sunrise au Lake Louise pour le dernier matin sur place, mais le mur rencontré pour le lac Moraine avait avancé ce plan et avait compensé cette matinée.
La rando était géniale. On a adoré.
Mais la frustration rencontrée au réveil restait quand même très forte.
Et mon ampoule au talon, malgré les protections, m’a bien gêné lors des descentes et a encore empiré quand j’y ai jeté un œil le soir…
On a encore checké le site des navettes pour le lac Moraine en rentrant. Un créneau était apparu, en début d’après-midi le lendemain, mais qui aura fichu en l’air tout le planning de la journée si on voulait y être…
On a débattu durant une bonne partie de la journée pour savoir si on tentait une nouvelle fois notre chance 2 jours plus tard pour un lever de soleil au lac Moraine, mais en se levant autour de 3h… Mais on a fini par laisser tomber. Avec la veine qu’on avait, on se serait retrouvé derrière la dernière
voiture à pouvoir accéder au lac, et on avait de la route à faire plus tard ce jour-là...
On n’a pas fait de vieux os le soir, fatigués par le réveil matinal et la marche du jour.
On fera le sunset demain soir.