Nous y voilà. Il y a 4 mois, Je n’aurais pas imaginé que ce 23 juillet je m’attaquerais au
Mount Whitney. Pour moi qui aime faire les sommets de montagnes en randonnée, je m’imagine que cette randonnée est un peu ce qu’il y a de plus difficile à faire en une journée.
Le sommet est à 4421m. C’est rare des randos dont le chemin n’est pas technique et qui vous emmènent tellement haut. Le Mont blanc est à 4809m pour comparer.
Je suis levé à l’aube.
J’ai tout préparé la veille afin d’optimiser le temps. Après un passage aux restrooms, (je ne suis pas chaud à l’idée d’utiliser les « wag bag » reçu lors de la remise du permis) c’est parti. Je déjeune durant le trajet dans la
voiture. Frappuccino, eau, tartine.
De belles couleurs s’offrent déjà à moi durant les 45 minutes de trajet pour atteindre le trailhead.
Cette randonnée du Mount Whitney fait 34km et il faut généralement 12 à 14h pour des personnes en bonne santé et condition physique. Personnellement je pense mettre 10h pour ça. Mais je n’ai pas de pression. Certes, je démarre la rando très tard, il est 6h38 quand je débute le trail mais même si je mets 12h il serait 18h quand j’en termine.
La plupart des gens débutent cette randonnée entre 3h et 5h du matin. La raison principale en est que les orages sont fréquents l’après midi.
Il vaut mieux être au sommet à midi, ou avant. C’est de cette façon qu’il faut planifier sa rando : A quelle heure dois-je démarrer la rando pour être au sommet au plus tard à midi.
Comme j’estime pouvoir être au sommet en maximum 6 heures, mon départ à 6h38 reste dans la bonne fourchette. J’emporte 4,5L de boissons, 4 powergels, des tartines et mon rainjacket. Je me suis habillé en manches longues aussi à cause de l’exposition au soleil. A cette altitude durant 10h, ce serait coup de soleil garanti malgré la crème solaire. J’ai lu assez de retours sur le site alltrails de personnes qui ont subi de dangereux coups de soleil qui les ont en plus affaibli pour la fin de la rando.
Assez de blabla, c’est parti mon kiki
La pente est relativement constante sur les 10 premiers kilomètres. Rapidement les vues s’ouvrent. Le ciel est bleu, difficile de s’imagine que dans quelques heures les orages pourraient arriver.
Je suis vraiment parti tard car je ne rattrape pas encore beaucoup de monde. Après c’est chouette de profiter du trail seul pendant un moment.
Ca y est je commence à rattraper les early birds
Après 10 kilomètres environ, j‘arrive aux fameux
99 switchbacks. 99 lacets pour la partie souvent considérée comme la plus difficile de cette ascension. Et effectivement je dépasse pas mal de randonneurs qui sont dans un moment difficile. On est pas loin des 4000m dans les lacets.
Encore un Pika. J‘arrive facilement à les repérer maintenant.
Et je poursuit les switchbacks
Je suis bien content d’arriver au bout de ses switchbacks. Ici nous entrons dans le parc de Sequoia & Kings Canyon NP. D’ailleurs
la photo sur le pass America the Beautiful de 2023 a été prise ici.
En tout cas le ciel se couvre rapidement. Au loin il semble y avoir l’une ou l’autre averse très localisée. Je croise pas mal de randonneurs qui ont entamé le retour. Il me reste 3km pour arriver au sommet. J’ai entendu un coup de tonnerre très éloigné. Je décide de poursuivre tant que cela reste loin. Je n’ai pas vu d’éclair, juste entendu un seul coup de tonnerre. Par contre je marche à vitesse maximale car j’en ai encore pour 45 minutes environ.
Derrière moi il fait vraiment très sombre d’un coup. Un deuxième coup de tonnerre me fait hésiter. Mais il ne m’en reste que pour 15 minutes pour arrive au but. Les personnes que je croise me souhaitent bonne chance pour y arriver avant l’orage.
Si je pouvais je serais en train de courrir. Mais a 4400 cela est impossible.
Et 5h17 après le début de la randonnée j’arrive au sommet du MOUNT WHITNEY à 11h55.
Juste un jour ou l’orage semble être en avance. Le ciel est super menaçant. J’en profite pour faire 2-3 photos. Ensuite la photo avec le panneau en main. Je fais la photo pour un couple qui est au sommet en même temps. Et ensuite ils en font une de moi.
J’aurais aimé rester plus longtemps au sommet, mais j’ai déjà bien tendu la corde. J’ai presque l’impression de pouvoir toucher les nuages.
Je décide de foncer jusqu’aux switchbacks. Car ces 3km le long de la crête sont affichés comme particulièrement dangereux en cas d’orage. Le couple que j’ai croisé au sommet m’a dit qu’ils ont vu l’éclair taper 6 fois dans le mont whitney hier lors de l’orage lorsqu’ils étaient à
Lone Pine. Mais pour le moment il n’y a rien. Je n’ai plus entendu de coup de tonnerre depuis 30 minutes.
Au final l’orage n‘aura pas éclaté sur le mount Whitney aujourd’hui.
Je redescends en mode powerwalk et ce coup ci je dépasse pas mal de monde. Les « backpackers » eux établissent leur camp au niveau des lacs. La descente est facile mais très longue. Faut un peu d’habitude pour pas se tuer les genoux. Mine de rien 2000m de dénivelé négatif c’est mortel pour les jambes quand on à pas l’habitude de la montagne. J’ai bien fait de passer 10 jours en montagne avant. Car au dessus de 4000m cela devenait momentanément difficile. Mais dès que je suis repassé sous cette altitude l’énergie revenait.
J’arrive à la voiture après 9h17 de randonnée.
Altitude maximale:
4421m
Température :
13°c au départ et 25°c au terme de la randonnée
Estimation Garmin de la transpiration :
6966ml
Fréquence cardiaque moyenne :
119bpm
C’était une sacrée randonnée.
Pas la plus belle de toutes mais une très belle randonnée.
Ce qui est cool c’est qu’au trailhead il y a un petit store avec cuisine qui fait des burgers pas mauvais. J’en profite pour manger un burger sur place, cela m’évitera de cuisiner. De plus un stand d’arrivée se met en place. Du 22/7 au 24/7 a lieu le badwater ultramarathon (217km) qui part de
Death Valley pour finir ici au Mt whitney trailhead. C’est des malades. Le vainqueur de cette édition a terminer l’ultra en 23h29.
Vers 17h je prends la route de
Lone Pine pour une douche bien méritée au Whitney portal hostel. 10$ la douche avec essui. Ensuite retour au
camping pour relaxer jusqu’à l’heure du dodo.
Il me reste encore deux "balades" loin de la Eastern Sierra
Nevada que je vise depuis longtemps. Et puis ce sera déjà fini.