Depuis notre arrivée, il a fait trèèèèès beau ; aujourd’hui qu’on s’en va, le temps est pluvieux, venteux, et il fait froid, mais froid ! Après avoir rempli le livre d’or de Richard, on descend le saluer, on n’aura peut-être pas l’occasion de le faire plus tard. Mais Richard nous détrompe, il sera présent. Il nous conseille le « J. Christopher’s » pour le petit déjeuner – tiens, ça nous rappelle quelque chose… - mais on n’a pas faim, on ne prendra rien ce matin. Richard nous confirme qu’un véhicule Uber a été réservé pour 9h35. On remonte boucler les bagages, un petit nettoyage de l’appartement, histoire de le laisser propre, et à 9h25 on descend les valises qu’on met en évidence sur le perron, un repère pour le chauffeur, mais on ne s’y éternise pas, il fait un froid de canard, brrrrrr…. On surveille l’arrivée de la
voiture par la petite vitre de la porte. On appelle Richard mais pas de réponse. Il doit être occupé, bizarre, il aurait dû être là. La
voiture arrive, on sort, le chauffeur s’avance vers nous… c’est Richard ! Ça pour une surprise, c’en est une ! Il nous conduit lui-même à la gare des bus. Le moment des adieux est arrivé avec les remerciements, une accolade à l’américaine et Richard s’en retourne.
Précision : on a regretté de ne pas avoir loué de voiture à Nashville, cela nous aurait permis d’être plus indépendant mais surtout de faire et de visiter plus de choses que l’on n’a pu faire, car trop éloigné du centre ville. De même pas très pratique pour rentrer tard le soir. Mais maintenant, on le sait pour la prochaine fois !!!
Retour à la gare de bus de Nashville : on commence par aller récupérer nos tickets à l’accueil puis on s’installe pour attendre l’heure de l’embarquement. De nos places, nous voyons les bus arriver, partir. On en remarque un en particulier qui se rend à Dallas, notre prochaine étape après Memphis. On observe les autres passagers, il y a même des Amish ! On tend aussi l’oreille lorsque des annonces sont faites au micro, on ne comprend pas grand-chose mais apparemment, on n’est pas les seuls, ce qui nous console quelque peu. Cette fois, il semble que c’est pour nous. Dans le doute, je m’adresse à une autre passagère ; la dame me confirme que c’est bien le bus pour Memphis. Je le demande ensuite à un agent, puis au contrôleur, pour être sûre que c’est bien notre bus, il ne faudrait pas qu’on se retrouve à l’opposé de notre destination ! En fait, le bus qui nous mènera à Memphis est celui qui va jusqu’à Dallas. Les bagages sont mis en soute pendant l’embarquement. Nous n’avons pas de sièges côte à côte, le couloir nous sépare et Phil est sur une rangée avant la mienne. Ce n’est pas grave, on peut quand même se parler. Le bus démarre à l’heure, il y a un arrêt prévu dans 1h30 à
Jackson. Il roule tranquillement, si tranquillement qu’il arrive à
Jackson avec un léger retard. Du coup, l’arrêt n’est que de 5 mn au lieu de 15, le temps de débarquer et d’embarquer certains passagers, de se dégourdir un peu les jambes pour ceux qui continuent. Ce laps de temps très court nous permet d’engager la conversation avec la voisine de bus de Phil. Celle-ci est une touriste anglaise qui voyage seule. Mais déjà, il est l’heure de repartir. Cette deuxième étape est plus longue, les passagers s’occupent comme ils peuvent ; pour notre part, on admire le paysage, on somnole, on surfe sur internet (bien pratique le wifi dans le bus !), on discute à bâtons rompus. L’un des passagers cherche désespérément une prise qui fonctionne pour recharger son téléphone, pas de chance du côté des nôtres. Le bus a accéléré son allure, ce qui nous fait arriver à Memphis avec un peu d’avance. On s’avance vers le premier taxi qui nous accueille avec un large sourire. Il nous fait patienter 2 mn, le temps d’aller acheter à boire à ses « little passengers », ses 2 petits garçons installés à l’avant de la
voiture. Tout dans ce taxi est folklorique, et le chauffeur est vraiment sympathique, rien à redire sur le service. Il nous dépose à l’
hôtel, le
Best Western Plus Gen X Inn, on a une chambre au dernier étage. La chambre et la vue sont agréables. C’est la fin de l’après-midi, nous n’avons ni petit déjeuné, ni déjeuné, les estomacs réclament à grands cris. On redescend demander à la réception où se diriger pour dîner.
On marche dans la direction indiquée par la réceptionniste, mais on n’a pas pensé à demander combien de temps de marche pour arriver à l’endroit conseillé. L’
hôtel se trouve dans un quartier populaire. On marche depuis un petit moment quand des gouttes de pluie se font sentir, et Phil qui inaugure tout juste son beau blouson ! Un policier vient de se garer devant un magasin, Phil va toquer à sa vitre et lui demande le chemin. L’accueil est tout juste aimable, il répond mais sa réponse n’est pas très compréhensible pour nous. On n’insiste pas et on continue notre chemin, mais ne voyant toujours rien se profiler à l’horizon, on décide de faire demi-tour et de s’arrêter dans l’un des snacks croisés sur le chemin. Ce sera donc le « Tops Bar-B-Q ». On commande un peu au hasard, et l’une des commandes se retrouve être du pain et du poulet à part, à nous de faire notre sandwich avec les sauces et condiments à disposition, pas mal finalement, et pas mauvais du tout. De retour à l’
hôtel, je vais voir sur Google map où se trouvait le lieu qu’on cherchait pour dîner, en fait, il se trouvait à presque ¾ de marche de l’
hôtel. La soirée se passe tranquillement, puis il est temps d’aller dormir, demain on a rendez-vous avec Elvis !
Vue de l’
hôtel
On a décidé qu’aujourd’hui on se déplacerait en bus. J’ai repéré un arrêt bus proche de l’
hôtel, la ligne à prendre et les horaires. On n’est pas en avance et je presse un peu Phil, il ne faudrait pas le louper, le suivant n’est pas avant plus d’1/2 heure. Le bus arrive en même temps que nous, ouf ! On lui fait signe et on y monte. Phil demande à la conductrice si c’est bien le bus pour Graceland. Non, il faut prendre celui qui part dans l’autre sens ! Le voilà qui arrive tout juste, la conductrice lui fait signe de s’arrêter, il s’arrête, un peu avant son arrêt même, pour nous, on traverse la route en hâte et on y est, re-ouf ! Et là, que des afro-américains. On n’est pas raciste, il nous est arrivé et il nous arrive encore de prendre le bus chez nous, mais ce qui nous surprend, c’est le fait qu’il n’y ait aucune autre ethnie, alors que chez nous c’est pluriethnique ! Phil indique à la conductrice qu’on va à Graceland, histoire qu’elle nous signale notre arrêt. Phil reste debout dans le bus, certainement pour apercevoir Graceland au plus tôt. Puis sans crier gare, un passager se lève et se met à parler avec de grands gestes. On a l’impression qu’il nous explique Graceland, cela part d’un bon sentiment, malheureusement notre anglais est trop rudimentaire pour comprendre quoi que ce soit. Nous voilà arrivés ; un signe de remerciement au passager en descendant et on se retrouve sur le « Elvis Presley Boulevard ». La propriété est en face, on traverse la rue. On longe le mur sur lequel de nombreux fans ont écrit. Phil rêvait de se faire prendre en photo devant le portail aux notes de musique, son rêve est enfin exaucé !
Puis on retraverse la rue pour se retrouver dans le parking de Graceland, déjà bien rempli. On se dirige vers l’entrée et nous apercevons au passage les avions du King. De loin, on peut voir les grands panneaux de bienvenue. Le hall d’entrée est déjà bondé de monde. Là encore, l’organisation américaine fait ses preuves. Une employée s’approche de nous et on lui montre nos tickets. Celle-ci nous conseille de commencer par visiter les musées. C’est une manière d’endiguer le flot des visiteurs, et ça marche. On part donc voir les musées. De costumes, de voitures, de motos… Impressionnant, tant dans la présentation que dans les objets eux-mêmes et leur nombre.
Quelques costumes et une des voitures du King
Un petit stop à la boutique de souvenirs, évidemment, puis retour au hall d’entrée. Les employés nous dirigent dans une salle où est présenté un film sur Elvis (une autre façon d’endiguer le flot des visiteurs). Ensuite on sort par une autre porte qui donne sur l’extérieur. Une petite file s’est formée, attendant la navette pour aller visiter Graceland. Pendant ce temps, chaque couple, famille, groupe, est pris en photo devant une reproduction du portail. On n’y échappe pas, mais je suis mal à l’aise, je déteste les photos, devant tant de monde, sans compter que je ne m’y attendais pas. La file avance relativement vite. Quand notre tour approche, des tablettes et écouteurs nous sont distribués, on vérifie de suite que la visite guidée y est en français. Avec la navette, on traverse la rue, celle qu’on a déjà traversée par deux fois à pied ! le feu rouge à la sortie, quelques mètres à parcourir et la navette nous dépose devant l’entrée de la maison. Une attente assez courte, le temps que le groupe précédent avance, qu’un autre prenne la navette de retour, et c’est à nous.
La visite est assez rapide, pas trop le temps de s’arrêter sur ceci ou cela, mais elle en vaut la peine : la maison en elle-même, avec entre autres la pièce de musique, la jungle room, la salle de squash, les bureaux, puis les écuries, le parc avec les chevaux qui y paissent tranquillement, la piscine et enfin le Jardin de la Méditation, où reposent Elvis, ses parents, et sa grand-mère ; s’y trouve également une plaque en souvenir de son frère jumeau.
Visite de Graceland
En descendant de la navette, tablettes et écouteurs sont rendus, puis le passage à la boutique des photos, où chacun peut – ou non – récupérer la sienne. On demande la nôtre et l’addition est salée, tant pis, ce n’est pas tous les jours qu’on y viendra, cela fera un souvenir de plus. Il se fait tard, il est temps d’aller se restaurer. Retour du côté des musées où deux restaurants se font face, le Vernon’s et le Glady’s Diner (pour ceux qui ne le sauraient pas, ce sont les prénoms des parents d'Elvis).
On choisit le Glady’s. La déco est sympa. C’est un fast food, donc repas assez vite avalé même si on prend notre temps. On a fait le tour, ne restent plus que les avions.
Ces visites sont rapides, quelques photos, il faut maintenant songer à la suite du programme : Sun Studio.
On avait décidé de prendre le bus, mais il est déjà environ 14h ; va pour le taxi, il y en a plusieurs qui sont stationnés. On prend le premier, pas très sympa le chauffeur, tout juste un bonjour et pas de sourire… Le Sun Studio lui-même est à l’étage, en bas c’est une boutique souvenir-snack, pas très grand mais bien achalandé, notamment en disques vinyles. C’est là aussi qu’il faut prendre le ticket pour la visite. Un petit tour dans la boutique, Phil prend une casquette, un tee-shirt pour lui et fidèle à sa promesse, un autre pour son copain Gilles, son collègue de l’émission de rock de la radio. Sur le ticket, l’employée note l’heure de leur visite, dans une bonne heure. La fameuse « Beale Street » n’est qu’à quelques pas de là, on choisit donc d’y aller en attendant. Arrivés sur place, on se pose des questions, qu’est devenue la rue animée à laquelle on s’attendait ? la rue est longue, large, mais déserte, aucun commerce, rien. Une
voiture s’approche et s’arrête à notre hauteur ; le conducteur nous demande ce qu’on cherche, car on a l’air perdu. A notre réponse, il nous précise que la Beale Street animée est en fait à l’autre bout de la rue… On le remercie, on hésite ; aurons-nous le temps d’y aller, de s’y promener, de revenir, à pied, et d’être à l’heure pour la visite ? Peu de chance. Un petit parc à côté les accueille en attendant, une pause sur un banc dans une journée bien remplie est agréable. L’heure de la visite approche, retour à Sun Studio. Phil se poste devant les escaliers où débute la visite. Ce n’est pas encore notre tour, mais le groupe ne doit pas être complet, car on nous invite à le suivre. L’escalier est très étroit, le studio pas très grand non plus, mais rempli d’objets d’époque, l’ancien studio de radio… Phil est émerveillé. Leur guide, une femme, est jeune, très dynamique et a l’air d’en connaître un rayon sur son sujet. Une fois de plus, on a du mal à suivre les explications, mais on en prend plein les yeux. La visite se termine avec le micro d’Elvis, avec lequel chacun peut se prendre en photo, mais il faut faire vite, le groupe suivant arrive. Phil ne veut bien sûr pas louper cette occasion unique, attrape le micro et là… la batterie de l’appareil photo est morte
Après cette visite, retour à Beale Street où nous avons terminé la journée en flânant, mais vous n'aurez pas de photo et nous non plus ! Ca nous apprendra à prévoir une batterie de rechange !
Graceland est une usine à touristes (TCB : Take Care of Business), mais étant à Nashville, ça aurait été dommage de ne pas y aller, à voir au moins une fois.